Depuis le décret du 22 octobre 2015, seuls les élèves de WBE et ceux de l'enseignement officiel subventionné bénéficient d'une heure commune du cours de Philosophie et citoyenneté (CPC), et -- en cas de dispense du cours de morale non confessionnelle ou de religion -- d'une seconde heure disposant de ses propres acquis d'apprentissage.

Il est temps pour la Commission de l'Éducation, les Pouvoirs organisateurs, les directions, les départements de Philosophie, les enseignant·es et instituteurs.trices, les associations de parents et les organisations syndicales de faire preuve de courage politique et de cohérence pédagogique.

En effet, l'école, en Fédération Wallonie-Bruxelles, est "un lieu de socialisation et d'apprentissage de la citoyenneté[1]" et c'est ce constat qui motiva la création du CPC. La classe de Philosophie et citoyenneté est cet espace commun d'apprentissage de la citoyenneté où la Philosophie est mobilisée pour penser le monde et panser l'humanité.

Plus que jamais, les actualités doivent avoir pour corollaire scolaire un temps suffisamment conséquent pour préparer les élèves à devenir des citoyens critiques, inventifs et conscients des choix qu'ils posent. En effet, c'est pendant les heures de Philosophie et citoyenneté que nos jeunes concitoyens pensent, notamment, l'état d'exception (sanitaire) et les conséquences de celui-ci sur notre État, notre société et nos familles. C'est aussi pendant ces moments que la logique et l'argumentation sont cultivées pour déconstruire les discours. Est-il cohérent que de prétendre lutter collectivement contre la Covid-19 tout en privant nos jeunes concitoyens des moyens pour penser cette lutte ?

Il est temps, pour notre communauté politique, de faire acte de citoyenneté, car l'actuelle organisation du CPC génère des discriminations entre les élèves, entraîne des problèmes pratiques et déontologiques pour ceux-ci et les équipes pédagogiques. Elle est aussi contraire aux enseignements que nous devons tirer de l'arrêt de la Cour constitutionnelle[2] quant à l'identification des convictions "philosophiques" (privées) des élèves.

Certaines perspectives pédagogiques et pratiques offertes par un CPC à deux heures communes pour l'ensemble des élèves sont déjà connues depuis juin 2018[3]. La diminution du nombre d'écoles dans lesquelles enseignant·es et instituteur.rices travaillent et le renforcement des liens avec leurs élèves, leurs collègues et les responsables légaux en font partie.

N'oublions pas que le passage à deux heures, sans toucher aux référentiels et aux programmes du CPC, permettra de travailler le fait religieux avec tous les élèves par une approche rationnelle. Cette approche, inclusive et distanciée, pourrait s'avérer une véritable aide dans la lutte contre l'intolérance et les diverses radicalisations.

De plus, comme la Philosophie est une discipline à part entière, le CPC doit se penser comme une unité indivisible de deux heures, et non comme deux unités d'une heure. De cette façon, il ne sera plus possible d'entretenir la confusion entre la Philosophie et les cours dits "philosophiques" d'une part, et cela permettra de développer les acquis d'apprentissage au sein d'un groupe homogène d'autre part.

La Fédération Wallonie-Bruxelles doit saisir cette occasion historique pour rejoindre les pays européens qui inscrivent deux heures de Philosophie (ou plus) au troisième degré de l'enseignement secondaire, si pas avant.

Osons ce choix, osons parier sur l'intelligence et l'esprit critique, sur la jeunesse, sur l'avenir.

L'Association des Philosophes issus de Liège

[1] Fédérer pour réussir 2014-2019, point 1.3, p. 10

[2] Arrêt no 34/2015 du 12 mars 2015.

[3] Rapport sur les travaux du Groupe de travail relatif à la mise en oeuvre du cours (d'éducation à la) de Philosophie et à la citoyenneté.

Depuis le décret du 22 octobre 2015, seuls les élèves de WBE et ceux de l'enseignement officiel subventionné bénéficient d'une heure commune du cours de Philosophie et citoyenneté (CPC), et -- en cas de dispense du cours de morale non confessionnelle ou de religion -- d'une seconde heure disposant de ses propres acquis d'apprentissage.Il est temps pour la Commission de l'Éducation, les Pouvoirs organisateurs, les directions, les départements de Philosophie, les enseignant·es et instituteurs.trices, les associations de parents et les organisations syndicales de faire preuve de courage politique et de cohérence pédagogique.En effet, l'école, en Fédération Wallonie-Bruxelles, est "un lieu de socialisation et d'apprentissage de la citoyenneté[1]" et c'est ce constat qui motiva la création du CPC. La classe de Philosophie et citoyenneté est cet espace commun d'apprentissage de la citoyenneté où la Philosophie est mobilisée pour penser le monde et panser l'humanité.Plus que jamais, les actualités doivent avoir pour corollaire scolaire un temps suffisamment conséquent pour préparer les élèves à devenir des citoyens critiques, inventifs et conscients des choix qu'ils posent. En effet, c'est pendant les heures de Philosophie et citoyenneté que nos jeunes concitoyens pensent, notamment, l'état d'exception (sanitaire) et les conséquences de celui-ci sur notre État, notre société et nos familles. C'est aussi pendant ces moments que la logique et l'argumentation sont cultivées pour déconstruire les discours. Est-il cohérent que de prétendre lutter collectivement contre la Covid-19 tout en privant nos jeunes concitoyens des moyens pour penser cette lutte ? Il est temps, pour notre communauté politique, de faire acte de citoyenneté, car l'actuelle organisation du CPC génère des discriminations entre les élèves, entraîne des problèmes pratiques et déontologiques pour ceux-ci et les équipes pédagogiques. Elle est aussi contraire aux enseignements que nous devons tirer de l'arrêt de la Cour constitutionnelle[2] quant à l'identification des convictions "philosophiques" (privées) des élèves.Certaines perspectives pédagogiques et pratiques offertes par un CPC à deux heures communes pour l'ensemble des élèves sont déjà connues depuis juin 2018[3]. La diminution du nombre d'écoles dans lesquelles enseignant·es et instituteur.rices travaillent et le renforcement des liens avec leurs élèves, leurs collègues et les responsables légaux en font partie.N'oublions pas que le passage à deux heures, sans toucher aux référentiels et aux programmes du CPC, permettra de travailler le fait religieux avec tous les élèves par une approche rationnelle. Cette approche, inclusive et distanciée, pourrait s'avérer une véritable aide dans la lutte contre l'intolérance et les diverses radicalisations.De plus, comme la Philosophie est une discipline à part entière, le CPC doit se penser comme une unité indivisible de deux heures, et non comme deux unités d'une heure. De cette façon, il ne sera plus possible d'entretenir la confusion entre la Philosophie et les cours dits "philosophiques" d'une part, et cela permettra de développer les acquis d'apprentissage au sein d'un groupe homogène d'autre part.La Fédération Wallonie-Bruxelles doit saisir cette occasion historique pour rejoindre les pays européens qui inscrivent deux heures de Philosophie (ou plus) au troisième degré de l'enseignement secondaire, si pas avant.Osons ce choix, osons parier sur l'intelligence et l'esprit critique, sur la jeunesse, sur l'avenir.L'Association des Philosophes issus de Liège[1] Fédérer pour réussir 2014-2019, point 1.3, p. 10[2] Arrêt no 34/2015 du 12 mars 2015.[3] Rapport sur les travaux du Groupe de travail relatif à la mise en oeuvre du cours (d'éducation à la) de Philosophie et à la citoyenneté.