Des travailleurs ukrainiens appelés en Belgique pour travailler sur des festivals, entre autres celui de Tomorrowland et celui de Gent jazz ont été exploités. Le journal De Standaard a fait une enquête sur une société polonaise qui a envoyé des centaines de travailleurs ukrainiens en Belgique. Le quotidien a pu s'entretenir avec cinq ex-travailleurs de cette firme, deux de ses clients et onze Ukrainiens pour tirer ces conclusions.
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Des travailleurs ukrainiens appelés en Belgique pour travailler sur des festivals, entre autres celui de Tomorrowland et celui de Gent jazz ont été exploités. Le journal De Standaard a fait une enquête sur une société polonaise qui a envoyé des centaines de travailleurs ukrainiens en Belgique. Le quotidien a pu s'entretenir avec cinq ex-travailleurs de cette firme, deux de ses clients et onze Ukrainiens pour tirer ces conclusions. Cette enquête illustre la manière dont le dumping social est pratiqué en Belgique. La société peu scrupuleuse a falsifié les documents de la sécurité sociale polonaise pour échapper à la réglementation européenne sur le travail. Les Ukrainiens ont témoigné avoir été attirés en Belgique avec des promesses d'argent facile et rapide, mais qu'au final, ils ont été payés des cacahouètes ou n'ont carrément pas reçu de salaire. Ils parlent de semaines de travail atteignant régulièrement les 65 heures et de rétributions horaires tournant autour des 2 à 7 euros, selon le nombre d'heures supplémentaires prestées. "J'étais un esclave", déclare l'un des travailleurs ukrainiens. "Comment appelez-vous cela, travailler gratuitement dans la construction ?". De Standaard a aussi visité des endroits où ces ouvriers étaient logés, dans des hangars, des appartements ou des maisons de vacances dans la province d'Anvers. "C'était crasseux, nous mangions dans notre lit, le sol était rempli de matelas sans draps", témoigne un homme de 47 ans de retour en Ukraine. L'avocat du gérant de l'entreprise nie les accusations. De Standaard a aussi appris que la société en question était déjà connue de l'auditorat du travail anversois. Aussi bien les festivals Tomorrowland que Gent Jazz ont déclaré qu'ils n'étaient pas au courant de ces situations intolérables dans lesquelles travaillaient ces ouvriers étrangers. Dans les deux cas, deux ou plusieurs sous-traitants étaient impliqués. Les responsables du festival Tomorrowland renvoient aux conditions générales que tous les fournisseurs doivent signer et qui les obligent à protéger leurs employés. Du côté du festival Gent Jazz, les organisateurs se disent en colère : "Nous sommes une organisation qui se bat contre l'injustice sociale. C'est un énorme choc pour nous d'avoir quand même collaboré à ce genre de réseau, nos offres et nos factures ne nous ont rien fait soupçonner."