Dans le monde d'après, il s'agira de s'armer de patience. Les retrouvailles familiales de dimanche et la réouverture des commerces ce lundi témoignent de ce qui nous attend : des files un peu partout, avec distanciation sociale et masques. Nous voilà subitement transformés en hordes de science-fiction, séparés les uns des autres, contraints de méditer pour accepter une nouvelle conception du temps. Nous voilà soudain amenés à réapprendre le prix qu'il en coûte pour acheter des croissants et/ ou un café. Une heure sous la pluie à Bruxelles ... cela donne potentiellement une autre saveur à ces habitudes matinales. Quand il ne s'agit pas d'attendre patiemment pour réalimenter son stock de nourritures spirituelles ou de nouveaux vêtements.

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"Nous allons vers un monde au ralenti, désorganisé et ultra-compétitif", souligne la philosophe Cynthia Fleury dans son 'Journal d'une confinée". Il n'y a qu'un petit pas à franchir pour imaginer une évolution digne de la science-fiction et des guerres tribales d'un Hunger Games. Les collapsologues le franchiront aisément, adeptes d'un monde qui s'écroulerait de lui-même. Chassez le naturel, il revient au galop : l'avidité et le consumérisme entravé pendant le confinement risquent de revenir et d'induire un monde glacial, vu le respect des règles.

Car si le monde de demain sera plus lent, il sera aussi moins humain. Plus de bise, plus de poignée de main : la chaleur humaine propre à nos contrées serait à ranger aux oubliettes de l'histoire. Maggie De Block, ministre de la Santé, n'annonce-t-elle pas que "nous ne vivrons peut-être plus jamais comme avant" ? C'est aussi ce qu'indique de "syndrome de la cabane" mis en lumière en Espagne ou ailleurs : des confinés craignent tout simplement de revenir à la vie sociale par crainte d'être contaminés. Nous voilà contraints de vivre dans la peur de l'autre qui constitue une menace.

Le monde d'après ne sera plus comme celui d'avant, il pourrait aussi être plus écologique. Le télétravail est désormais chaudement recommandé. La pratique du vélo est encouragée partout, singulièrement dans les villes : à Bruxelles, des initiatives politiques, sans précédent et suscitant le débat, ont été prises pour donner davantage de place à la mobilité douce. De nombreuses localités prennent des initiatives pour soutenir le commerce local, tandis que les politiques jurent que le nouveau monde sera celui de la relocalisation d'activités industrielles parties en Asie ou en Afrique.

Le monde d'après se construit sous nos yeux en ce début de déconfinement. Il sera ce que nous en ferons, pour nous faire frissonner, pleurer ou espérer.

Dans le monde d'après, il s'agira de s'armer de patience. Les retrouvailles familiales de dimanche et la réouverture des commerces ce lundi témoignent de ce qui nous attend : des files un peu partout, avec distanciation sociale et masques. Nous voilà subitement transformés en hordes de science-fiction, séparés les uns des autres, contraints de méditer pour accepter une nouvelle conception du temps. Nous voilà soudain amenés à réapprendre le prix qu'il en coûte pour acheter des croissants et/ ou un café. Une heure sous la pluie à Bruxelles ... cela donne potentiellement une autre saveur à ces habitudes matinales. Quand il ne s'agit pas d'attendre patiemment pour réalimenter son stock de nourritures spirituelles ou de nouveaux vêtements.<"Nous allons vers un monde au ralenti, désorganisé et ultra-compétitif", souligne la philosophe Cynthia Fleury dans son 'Journal d'une confinée". Il n'y a qu'un petit pas à franchir pour imaginer une évolution digne de la science-fiction et des guerres tribales d'un Hunger Games. Les collapsologues le franchiront aisément, adeptes d'un monde qui s'écroulerait de lui-même. Chassez le naturel, il revient au galop : l'avidité et le consumérisme entravé pendant le confinement risquent de revenir et d'induire un monde glacial, vu le respect des règles.Car si le monde de demain sera plus lent, il sera aussi moins humain. Plus de bise, plus de poignée de main : la chaleur humaine propre à nos contrées serait à ranger aux oubliettes de l'histoire. Maggie De Block, ministre de la Santé, n'annonce-t-elle pas que "nous ne vivrons peut-être plus jamais comme avant" ? C'est aussi ce qu'indique de "syndrome de la cabane" mis en lumière en Espagne ou ailleurs : des confinés craignent tout simplement de revenir à la vie sociale par crainte d'être contaminés. Nous voilà contraints de vivre dans la peur de l'autre qui constitue une menace.Le monde d'après ne sera plus comme celui d'avant, il pourrait aussi être plus écologique. Le télétravail est désormais chaudement recommandé. La pratique du vélo est encouragée partout, singulièrement dans les villes : à Bruxelles, des initiatives politiques, sans précédent et suscitant le débat, ont été prises pour donner davantage de place à la mobilité douce. De nombreuses localités prennent des initiatives pour soutenir le commerce local, tandis que les politiques jurent que le nouveau monde sera celui de la relocalisation d'activités industrielles parties en Asie ou en Afrique.Le monde d'après se construit sous nos yeux en ce début de déconfinement. Il sera ce que nous en ferons, pour nous faire frissonner, pleurer ou espérer.