En anthropologie prévaut encore trop souvent le stéréotype du chercheur blanc étudiant les " tribus indigènes " et leurs "coutumes exotiques". Pour tenter de changer ce paradigme, la KU Leuven fait venir depuis deux ans des étudiants en master en anthropologie d'Éthiopie, du Mozambique ou encore d'Afrique du Sud et du Zimbabwe.

Cette année, ils vont étudier le phénomène de gentrification de la zone du canal (Cureghem, le Vieux-Molenbeek , le quartier Dansaert et autour de Tours & Taxis ) à Bruxelles où vivent de nombreux jeunes, où le chômage est élevé et les revenus faibles.

"Un beau cas", selon la professeur Ann Cassiman en charge du projet. "La gentrification (quand un quartier devient subitement tendance ce qui finit par chasser les pauvres qui y habitaient NDLR) n'est pas qu'un phénomène européen. Cela arrive aussi au Cap et à Addis-Abeba.

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Ils pourront donc appliquer chez eux ce qu'ils ont appris ici. En compagnie d'étudiants de la KU Leuven, ils se promèneront dans les rues et observeront en petits groupes. Ils s'adresseront aux gens dans les cafés et les magasins, interrogeront les organisations de quartier et écouteront les habitants. La question centrale de leur mission sera de déterminer si la gentrification peut être inclusive ou bien si les résidents sont exclus de toute façon ?"

Pour Ann Cassiman, ces regards neufs sont aussi très riches en enseignement pour les anthropologues belges. "Un autre background entraîne une interaction différente. En venant d'ailleurs, on voit et on entend des choses très différentes des nôtres. Ce qui représente sans conteste une réelle valeur ajoutée" dit-elle dans De Standaard.