D'après le comité de monitoring, qui réunit des hauts fonctionnaires, le déficit budgétaire structurel s'élève aujourd'hui à 1,5% du PIB, soit 7,2 milliards d'euros. Cela signifie que depuis la chute du gouvernement Michel, le budget fédéral a dérapé de 3,8 milliards d'euros. "Il n'y a en fait qu'une seule solution: avoir un gouvernement ayant les pleins pouvoirs le plus rapidement possible", a réagi Alexander De Croo à ces chiffres.

"Il y a deux partis qui sont les plus grands: la N-VA en Flandre et le PS en Wallonie et à Bruxelles. Il serait irresponsable que ces deux partis ne considèrent pas ce qui est sorti aujourd'hui comme un 'wake-upcall'", estime-t-il. "Chaque mois que nous laissons derrière nous rend les choses plus difficiles pour un gouvernement, qui devra ensuite payer double." Un gouvernement d'urgence, comme l'avait proposé Paul Magnette (PS) il y a plus d'un mois, ne résoudra rien, selon le ministre. "Un gouvernement d'urgence ne peut faire qu'un budget d'urgence. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un gouvernement à part entière qui agisse de manière durable."

Au cours de l'émission, ce dernier a également été interrogé sur les dissensions au sein du parti libéral flamand. "Nous sommes pour le moment dans une période de négociations importantes et je ne pense pas que nous, en tant que parti, devrions soudainement avoir cette discussion interne dans la presse", a-t-il confié. Alexander De Croo ne partage d'ailleurs pas les critiques de Vincent Van Quickenborne, selon qui le parti aurait trop bougé vers la gauche. "Je ne suis absolument pas d'accord avec cela. Je pense que le gouvernement précédent a été l'un des gouvernements les plus à la droite de notre pays de ces dernières décennies. Et nous en avons fait partie."