Le Commissariat général au tourisme (CGT) dénombrait dix-neuf attractions au sein du Brabant wallon en 2018, contre au minimum une cinquantaine dans les autres provinces wallonnes - et même plus de cent en Hainaut. Elles sont toutes à l'arrêt, évidemment, et pour un bon moment, depuis les mesures gouvernementales imposées par la propagation du coronavirus. Reste qu'il ne s'agit là que des attractions et musées reconnus en tant que tels par le CGT : en réalité, le Brabant wallon compte actuellement une vingtaine de musées et curiosités, ainsi qu'une bonne trentaine d'activités et sites plus axés sur le loisir. Toutes et tous également fermés depuis la mi-mars.
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Le Commissariat général au tourisme (CGT) dénombrait dix-neuf attractions au sein du Brabant wallon en 2018, contre au minimum une cinquantaine dans les autres provinces wallonnes - et même plus de cent en Hainaut. Elles sont toutes à l'arrêt, évidemment, et pour un bon moment, depuis les mesures gouvernementales imposées par la propagation du coronavirus. Reste qu'il ne s'agit là que des attractions et musées reconnus en tant que tels par le CGT : en réalité, le Brabant wallon compte actuellement une vingtaine de musées et curiosités, ainsi qu'une bonne trentaine d'activités et sites plus axés sur le loisir. Toutes et tous également fermés depuis la mi-mars. Avant la crise du Covid-19, le nombre d'hébergements et de nuitées touristiques restait plus faible en Brabant wallon que dans le reste de la Région wallonne mais la province accueillait un volume important de visiteurs. Alors qu'elles sont moins nombreuses qu'ailleurs, ses attractions reconnues ont réuni plus de 2,6 millions de visiteurs en 2018 (derniers chiffres disponibles), ce qui plaçait le BW à la troisième place en matière de fréquentation en Wallonie, derrière le Hainaut (3,6 millions) et Namur (3 millions). Plus de la moitié de ce chiffre (1,4 million) était réalisé par le seul parc d'attractions Walibi (et Aqualibi) à Wavre, mais la province compte aussi des musées, un patrimoine chargé d'histoire, des sites naturels ou récréatifs, etc. Une fois vaincue la crise sanitaire actuelle, et en partant de l'idée que bon nombre de Belges n'iront pas à l'étranger cet été, parce qu'il n'en auront pas les moyens autant que parce que les destinations étrangères seront déconseillées voire toujours interdites, le Brabant wallon aura donc de vrais atouts touristiques à faire valoir. C'est en tout cas ce que révélait le diagnostic de la société Idea Consult dans le cadre de l'élaboration d'un Schéma directeur touristique commandé par la Province en 2018. Celui-ci pointait la position géographique idéale, l'offre variée ou le capital naturel et architectural " exceptionnel ", favorables au tourisme local. A l'inverse, le rapport épinglait un manque de mise en réseau entre les acteurs, des lacunes quant aux facilités d'accueil ou d'accessibilité en transport en commun pour certains sites, ainsi qu'un manque de positionnement stratégique pour le tourisme provincial. Jusqu'il y a peu, l'organisation du secteur touristique en Brabant wallon ne facilitait pas ces synergies. En plus de ses multiples syndicats et offices de tourisme, la province comptait en effet pas moins de cinq Maisons du tourisme reliées à des territoires assez restreints. La volonté des autorités wallonnes de rationaliser et réorganiser ces structures a éclairci le paysage. Plusieurs de ces institutions ont fusionné pour donner naissance à une nouvelle Maison du tourisme du Brabant wallon reconnue depuis le printemps 2019. L'unité n'est cependant pas totale puisque sept communes de l'Est ont décidé de rester au sein de la Maison du tourisme Hesbaye brabançonne, qui continue d'exister en parallèle mais devrait finir par rejoindre son homologue provincial. Si cette rationalisation provinciale des Maisons du tourisme dans l'ensemble de la Wallonie était surtout motivée par une volonté de réduction des coûts, elle a offert au Brabant wallon certaines opportunités. " Nous pouvons à présent développer une vraie stratégie globale pour l'ensemble du territoire, alors qu'avant, les différentes Maisons du tourisme avaient une étendue qui restait assez locale, relève Laurence Roland, chargée de projet à la Maison du tourisme du Brabant wallon. On en est aux prémices, il y a encore plein de choses qui doivent se faire mais, à l'heure actuelle, notre travail principal est de créer les synergies entre les acteurs pour que chacun travaille en suivant le même objectif final. " La stratégie mise en place par cette nouvelle Maison du tourisme - et qui repose sur les recommandations du schéma directeur élaboré par Idea Consult - se base notamment sur des clusters ou groupements thématiques. " Le Brabant wallon est en effet connu pour ses diverses attractions mais est rarement considéré comme une destination en soi, observe Laurence Roland. L'idée est d'établir des connexions entre différents sites en créant des ensembles structurés qui ne sont pas liés à un seul endroit mais plutôt à un même thème. Une fois qu'on aura bien développé ces thématiques, on pourra également faire des intersections entre elles. " Cinq clusters ont été plus précisément identifiés pour le Brabant wallon, en fonction de son offre touristique d'avant-crise du coronavirus. Il s'agit du fun et des sensations, du patrimoine, de l'art et la culture, du tourisme de mémoire et de la douceur de vivre (promenades, ressourcement, gastronomie...). Ces ensembles thématiques étant déterminés, leur mise en place concrète pourra débuter dès les mesures de confinement sanitaire levées. La priorité sera donnée à la douceur de vivre, un " thème évident " pour Laurence Roland puisqu'il se raccroche à de nombreux éléments du territoire brabançon wallon mais aussi à la thématique " La Wallonie destination nature " mise en avant par le Commissariat général au tourisme pour les mois à venir. " Nous allons travailler directement avec les attractions et les hébergements pour déterminer l'identité et le positionnement de chaque cluster, mais aussi cibler les besoins et les incitants nécessaires pour développer ou soutenir les initiatives privées, explique Laurence Roland. Il y a une volonté de notre part de faire de la coconstruction avec les acteurs de terrain. Il faut à la fois qu'on s'appuie sur eux et que, sur la base de leurs demandes, on puisse leur donner les moyens - via la Province - de développer une vraie cohérence dans le cluster. " Outre le réseautage et le développement de nouveaux produits ou services, la stratégie de la Maison du tourisme se base aussi sur la promotion, le développement d'infrastructures et la structuration de produits, par exemple pour concevoir des offres adaptées aux groupes ou aux publics scolaires. L'objectif derrière la constitution de ces groupements thématiques est évidemment de développer le tourisme en Brabant wallon, tant en nombre de visiteurs que d'emplois et d'offres. La Maison du tourisme n'a pas d'objectif chiffré mais les intentions des autorités dans ce domaine sont clairement indiquées dans la Déclaration de politique provinciale 2018-2024 de la Province. Il y est notamment question de " faire évoluer le tourisme d'un jour ou de quelques heures en un tourisme de séjour, créateur d'emplois directs et indirects ". Grâce à ses multiples hôtels, gîtes et chambres d'hôtes, le Brabant wallon devrait être en capacité d'accueillir un tel développement. Seuls les emplacements de camping manquent un peu dans son offre d'hébergement. Quant aux visiteurs supplémentaires, la Maison du tourisme du Brabant wallon entend dans un premier temps les recruter au niveau local. " Plusieurs sites comme Walibi (à Wavre) ou le Mémorial Waterloo 1815 (à Braine-l'Alleud) ont clairement un potentiel international, mais il y a encore une manne à développer au niveau belge ", souligne Laurence Roland. L'idée serait notamment de les promouvoir en partenariat avec les communes ou de développer des incitants comme un pass donnant accès à plusieurs sites au sein de la province. A côté de ça et en attendant que ses clusters prennent forme, la Maison du tourisme promeut aussi le Brabant wallon à travers des réseaux sociaux déclinés en plusieurs langues, des brochures plus attractives et prochainement un nouveau site Web. Mais la durée de l'arrêt de tout tourisme, donc de rentrées financières, pour cause de coronavirus, pourrait bien sûr faire changer les plans et les priorités. Par Marie-Eve Rebts.