"Défendre le droit de porter le foulard ou le droit à l'avortement rejoint un combat commun.'" La déclaration de Rajae Maouane, coprésidente d'Ecolo, en titre de La Libre ce lundi matin ne manque pas de faire réagir ses adversaires politiques.
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"Défendre le droit de porter le foulard ou le droit à l'avortement rejoint un combat commun.'" La déclaration de Rajae Maouane, coprésidente d'Ecolo, en titre de La Libre ce lundi matin ne manque pas de faire réagir ses adversaires politiques.La Molenbeekoise, qui préside Ecolo en duo avec Jean-Marc Nollet, avait déjà provoqué un débat au début du mois de mai, suite à un arrêt de justice concernant la STIB. Le tribunal du travail de Bruxelles avait condamné la Société des transports intercommunaux de Bruxelles suite à la plainte d'une candidate à l'embauche pour un poste administratif, de confession musulmane, qui souhaitait porter le voile sur son lieu de travail."Derrière tous ces sujets, explique Rajae Maouane dans La Libre, je retrouve un point commun: la défense des droits humains. C'est un combat identique quand je défends le droit à l'avortement ou lorsque je milite en faveur des droits LGBTQI+. Ces droits humains sont clairement mon fil conducteur, et ils sont au coeur de l'écologie politique. Après, je n'ai jamais fait que rappeler la position officielle du parti. On adore me poser des questions sur ce genre de thèmes et il suffit que j'y réponde pour que cela soit détourné. Les accusations de communautarisme me parviennent à moi, pas à Jean-Marc Nollet..."Précisément, Ecolo ne bascule-t-il pas vers une forme de communatarisme? "Je ne me sens pas 'communautariste', dit Rajae Maouane. Ces accusations n'engagent que ceux qui les profèrent. L'attaque ad hominem n'est pas ma façon de faire de la politique. J'ai une mission, un mandat et j'essaie de faire progresser au maximum le projet de l'écologie politique." Elle évoque encore un "combat commun en faveur des minorités"."Non, Rajae Maouane, militer pour le port des signes religieux dans la fonction publique n'est pas un combat pour l'émancipation, s'étrangle Georges-Louis Bouchez, président du MR, mais bien une atteinte majeure à la neutralité, pilier fondamental de l'Etat et du vivre ensemble dans nos démocraties. Cette confusion est inquiétante.""Ce matin, quand j'ai lu ce parallèle, j'ai dû avaler un café brûlant pour m'assurer que j'étais réveillé, appuie le député fédéral Denis Ducarme (MR). Comment être ignorant au point de méconnaître que les avancées en faveur du droit à l'avortement ont été obtenues en faisant reculer les dogmes?!!"Depuis l'arrêt de la STIB, pour laquelle la société doit encore décider si elle va en appel ou non, un débat a été relancé au niveau fédéral sur la nécessité d'inscrire les valeurs fondamentales dans la Constitution belge, dont la neutralité des services publics. DeFI y est très favorable, de même que le MR. La chance d'y arriver est mince: au sein de la Vivaldi, les écologistes n'y sont pas favorables et les socialistes sont (très) partagés. Pour les verts, la "liberté de choix" des femmes doit prévaloir.Le sujet fissure également la majorité régionale bruxelloise. François De Smet, président de DeFI qui gouverne la Région avec le PS et Ecolo, insiste sur la nécessité de garantir la neutralité des pouvoirs publics et s'est d'ailleurs fait durement attaqué en retour pour ses propos. "Il n'y a donc vraiment plus personne à gauche pour garder son calme à la simple évocation du mot "laïcité"?", s'était-il demandé.Sensible, le sujet l'est, assurément. Ce week-end, le CDH s'est quant à lui déchiré sur la question. Le député fédéral Georges Dallemagne partageait ses inquiétudes à ce sujet ce samedi dans le Grand Oral RTBF/Le Soir. De fait, selon lui le port du voile représente plus qu'un signe d'appartenance religieuse. " Si le voile n'était que la revendication d'une affirmation ou d'une religion, il ne poserait pas de problème, disait-il. En fait, à travers le voile, il y a aussi une revendication politique, radicale, qui ne veut pas de notre modèle de société, ne veut pas de nos valeurs, et les combat". Dans un tweet, Joëlle Milquet, ancienne présidente du parti, a pris ses distances par rapport à cette déclaration qu'elle juge "excessive". "Cette manière simpliste de généraliser les choix d'un grand nombre de femmes belges comme synonymes d'un refus de nos valeurs et de notre société n'est juste pas acceptable et me fait penser à des propos extrêmes entendus ailleurs. Ce n'est en tous cas pas cela le cdH pour moi !!!".Maxime Prévot, président du CDH, a recadré Georgs Dallemagne dans un message publié ce lundi sur Facebook: "Porter librement un voile n'est pas le signe d'une radicalisation". En précidant: "Au CDH, on veut se prémunir de tout amalgame et favoriser une approche respectueuse des convictions de chacun."Olivier Maingain, ancien président de DeFI, vientquant à lui au secours de Georges Dallemagne. "Peut-être qu'il a manqué de précision mais le livre de l'imame K.Bahloul nous rappelle que le radicalisme islamique a imposé le port du voile comme signe politique alors que ce n'est pas une obligation religieuse. On ne peut ignorer l'influence des Frères musulmans même dans notre pays. Alors oui faisons preuve de courage et lucidité pour défendre les femmes qui osent s'affranchir du fanatisme religieux, ici comme dans les pays où leur vie est menacée parce qu'elles veulent s'émanciper."