La nouvelle phase du plan de déconfinement progressif validée mercredi par le Conseil national de sécurité rouvre un peu plus encore notre société. Après les entreprises, les commerces, de petites réunions privées, voici venu le tour des écoles - très partiellement - et de quelques activités certes importantes : coiffeurs, marchés, musées, cérémonies pour les mariages et les enterrements, entraînements sportifs... Mais c'est sans doute durant cette période que le "manque" de vie normale se fera ressentir de la façon la plus criante. Car la prochaine phase n'est pas avancée avant le 8 juin - une éternité - et les perspectives manquent dans plusieurs domaines.

Ce déconfinement pas à pas se justifie bien sûr par la situation sanitaire. Politiquement, le Conseil national de sécurité a déjà pris des risques en anticipant la réouverture des commerces (le 11 mai, au lieu du 18 mai proposé par les experts) ou en permettant de mini-réunions privées. Une période de trois semaines est désormais nécessaire pour évaluer l'impact de ces premières mesures sur un éventuel rebond de l'épidémie - le temps de l'incubation de la maladie et des premiers symptômes cliniques. Il faut désormais prendre son mal en patience.

Le leitmotiv est toujours le même : éviter la saturation de nos hôpitaux. Mais en toile de fond, un autre message est progressivement distillé : c'est le fameux "Il n'y aura pas de retour à la normale cet été " lancé mercredi par la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), ou le récent "Nous ne vivrons peut-être plus jamais comme avant" de Maggie De Block, ministre de la Santé (Open VLD). Il s'agit de préparer les esprits au monde d'après, dans le registre de ce que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait également.

Au-delà du secteur culturel qui crie famine au vu d'un manque perçu de considération, avant un rapport sur son déconfinement annoncé pour fin de semaine, d'autres gros points d'interrogations vont mettre potentiellement le moral des Belges à l'épreuve. Le plus important concerne notre domaine privé. Les rencontres à quatre personnes, de bulle à bulle, ont déjà suscité quelques frictions ; l'absence de perspectives pour des réunions un peu élargies (à dix, comme en France, par exemple), va peser son lot de discussions intimes ces trois prochaines semaines. De même que l'impossibilité de toute rencontre plus "festive". L'horeca, tant pour sa valeur économique que pour sa verte de collégialité, ne rouvrira pas avant le 8 juin - au mieux.

La difficulté de prévoir ces vacances s'inscrit dans le même registre : c'est possible en Belgique, mais ce sera difficile d'aller à la plage en Belgique et les recommandations européennes sont largement suspendues aux situations sanitaires et aux décisions nationales. Mais il y a moins que cela : quand les séjours de courte durée en Belgique seront-ils autorisés ? Ce n'est pas encore précisé. Ou encore : les entraînements sportifs sont à nouveau autorisés, à vingt et dans des conditions strictes, mais aucune perspective n'est offerte pour le retour des compétitions.

Pendant ce temps, la "seconde vague" socio-économique de la pandémie risque de faire souffler un vent de panique avec des menaces de faillite et des pertes d'emploi annoncées. Les "secteurs stratégiques" de la Belgique, comme en témoigne la restructuration de Brussels Airlines, vont être fragilisés, avec à la clé la question de savoir s'il faut les sauver ou pas - et à quel prix. Le risque d'une pauvreté accrue de nombreux citoyens génère un autre débat politique sensible, qui fait resurgir les polarisations d'antan.

Le monde d'après est annoncé, mais il va requérir de la part de tous une patience hors-norme, d'autant plus importante qu'elle a déjà été testée par le confinement. Plus que jamais, la compréhension du plan de route sera indispensable pour maintenir l'adhésion.

La nouvelle phase du plan de déconfinement progressif validée mercredi par le Conseil national de sécurité rouvre un peu plus encore notre société. Après les entreprises, les commerces, de petites réunions privées, voici venu le tour des écoles - très partiellement - et de quelques activités certes importantes : coiffeurs, marchés, musées, cérémonies pour les mariages et les enterrements, entraînements sportifs... Mais c'est sans doute durant cette période que le "manque" de vie normale se fera ressentir de la façon la plus criante. Car la prochaine phase n'est pas avancée avant le 8 juin - une éternité - et les perspectives manquent dans plusieurs domaines.Ce déconfinement pas à pas se justifie bien sûr par la situation sanitaire. Politiquement, le Conseil national de sécurité a déjà pris des risques en anticipant la réouverture des commerces (le 11 mai, au lieu du 18 mai proposé par les experts) ou en permettant de mini-réunions privées. Une période de trois semaines est désormais nécessaire pour évaluer l'impact de ces premières mesures sur un éventuel rebond de l'épidémie - le temps de l'incubation de la maladie et des premiers symptômes cliniques. Il faut désormais prendre son mal en patience. Le leitmotiv est toujours le même : éviter la saturation de nos hôpitaux. Mais en toile de fond, un autre message est progressivement distillé : c'est le fameux "Il n'y aura pas de retour à la normale cet été " lancé mercredi par la Première ministre, Sophie Wilmès (MR), ou le récent "Nous ne vivrons peut-être plus jamais comme avant" de Maggie De Block, ministre de la Santé (Open VLD). Il s'agit de préparer les esprits au monde d'après, dans le registre de ce que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait également.Au-delà du secteur culturel qui crie famine au vu d'un manque perçu de considération, avant un rapport sur son déconfinement annoncé pour fin de semaine, d'autres gros points d'interrogations vont mettre potentiellement le moral des Belges à l'épreuve. Le plus important concerne notre domaine privé. Les rencontres à quatre personnes, de bulle à bulle, ont déjà suscité quelques frictions ; l'absence de perspectives pour des réunions un peu élargies (à dix, comme en France, par exemple), va peser son lot de discussions intimes ces trois prochaines semaines. De même que l'impossibilité de toute rencontre plus "festive". L'horeca, tant pour sa valeur économique que pour sa verte de collégialité, ne rouvrira pas avant le 8 juin - au mieux.La difficulté de prévoir ces vacances s'inscrit dans le même registre : c'est possible en Belgique, mais ce sera difficile d'aller à la plage en Belgique et les recommandations européennes sont largement suspendues aux situations sanitaires et aux décisions nationales. Mais il y a moins que cela : quand les séjours de courte durée en Belgique seront-ils autorisés ? Ce n'est pas encore précisé. Ou encore : les entraînements sportifs sont à nouveau autorisés, à vingt et dans des conditions strictes, mais aucune perspective n'est offerte pour le retour des compétitions.Pendant ce temps, la "seconde vague" socio-économique de la pandémie risque de faire souffler un vent de panique avec des menaces de faillite et des pertes d'emploi annoncées. Les "secteurs stratégiques" de la Belgique, comme en témoigne la restructuration de Brussels Airlines, vont être fragilisés, avec à la clé la question de savoir s'il faut les sauver ou pas - et à quel prix. Le risque d'une pauvreté accrue de nombreux citoyens génère un autre débat politique sensible, qui fait resurgir les polarisations d'antan.Le monde d'après est annoncé, mais il va requérir de la part de tous une patience hors-norme, d'autant plus importante qu'elle a déjà été testée par le confinement. Plus que jamais, la compréhension du plan de route sera indispensable pour maintenir l'adhésion.