Mercredi 23 septembre, 20h30, à Hoboken, une commune à côté d'Anvers. Environ 170 membres de la N-VA Anvers se sont réunis dans la salle Extra Time. Deux invités : Nabilla Ait Daoud, échevine d'Anvers en charge de l'environnement, et Bart De Wever, président du parti nationaliste flamand et bourgmestre d'Anvers.
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Mercredi 23 septembre, 20h30, à Hoboken, une commune à côté d'Anvers. Environ 170 membres de la N-VA Anvers se sont réunis dans la salle Extra Time. Deux invités : Nabilla Ait Daoud, échevine d'Anvers en charge de l'environnement, et Bart De Wever, président du parti nationaliste flamand et bourgmestre d'Anvers.Nabilla Ait Daoud a ouvert le bal en présentant les détails des zones à basse émission dans Anvers intra-muros. Un sujet qui est loin de faire l'unanimité auprès du public. Les commentaires cyniques ont fusé et elle a eu des difficultés à convaincre les militants. Après une session de questions/réponses, c'est au tour de Bart De Wever à prendre la parole."A chaque fois que j'ai une assemblée avec des membres, je suis appelé pour une émission en direct", s'est-il excusé pour ne pas avoir été présent depuis le début. Il a refait son discours à l'université de Gand en "version turbo" en se permettant toutefois des commentaires qu'il n'aurait pas faits devant les caméras. Il s'est notamment exclamé : "Verhofstadt est complètement fou ! Ici, j'ose m'exprimer un peu plus durement. Selon lui et toute la fraction ADLE (NDLR L'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe), on devrait retirer le droit de vote de la Hongrie au sein du conseil des ministres européens. Au moment où le ministre-président de la Bavière déclare, lui, qu'Orban (NDLR le Premier ministre hongrois) applique le plus les règles de l'UE."De Wever, comme à l'accoutumée, n'a pas été tendre non plus avec le CD&V : "La proposition de la N-VA [sur le statut des réfugiés] est un copié-collé de ce qui se passe au Danemark, où le nombre de demandes a diminué de 75 % depuis qu'ils ont introduit cette mesure. Elle est plus souple qu'un système introduit en 1984 par le CVP, le même parti qui nous accuse d'être immoraux, inhumains et qui souhaite presque nous envoyer devant les tribunaux."Pas de répartition obligatoireEn ce qui concerne la répartition des réfugiés, Bart De Wever rassure ses militants anversois : "Je sais que Theo (NDLR Francken, le secrétaire d'Etat à l'Asile) nous soutient pour que cela ne devienne pas à nouveau la devise du "Tout pour Anvers", comme c'était le cas sous le gouvernement précédent." Selon le président de la N-VA, 88 % des demandeurs d'asile ont été transférés en Flandre sous la législature précédente. "Gardez vraiment ça pour vous, mais nous sommes extrêmement prudents et nous ne nous empressons pas d'accepter une répartition des demandeurs d'asile. Nous allons devoir trouver autre chose et ce n'est vraiment pas facile de trouver un terrain d'entente", a-t-il avoué. La raison de ce choix : selon la législation européenne, les répartitions s'effectuent en fonction des capacités financières des communes. Autrement dit, Anvers devrait encore mettre la main à la pâte en cas de répartition obligatoire.Le jour même à midi, Theo Francken était venu à Anvers pour formuler d'autres propositions à son président "mais nous avons décidé de ne pas vous en informer, ce n'est pas que je ne vous fais pas confiance,... mais je ne vais pas le dire", a indiqué De Wever.Hier (dimanche), Théo Francken a confirmé sur le plateau du Zevende Dag, sur la VRT, le peu d'enclin qu'il avait à opter pour un plan obligatoire : "Si, je dis bien, si un plan de répartition voyait le jour", les communes qui ont de plus grandes facilités, comme des casernes, ne devraient pas encore contribué à l'effort."Je préfère une mosquée financée"Bart De Wever a également tenu des propos qui n'auront certainement pas plu à une partie de son électorat. Selon lui, il n'est pas correct que les 18 % de travailleurs allochtones de la ville d'Anvers se retrouvent dans les catégories inférieures. "Dans les équipes de direction, on ne voit que des blancs, ce n'est pas l'avenir. Il doit y avoir plus de policiers d'origine étrangère. Car nous n'avons pas d'autres choix. Autrement, nous courons à la catastrophe."Un membre a ensuite demandé s'il y aurait de nouveaux financements pour des mosquées à Anvers. Réponse : "Je préfère avoir une mosquée reconnue qui soit financée [par les autorités publiques], car j'ai une emprise et je sais où elle est." De la sorte, la commune sait ce qu'elle finance et elle peut poser ses conditions et aussi mettre un terme aux imams importés. "Ce n'est peut-être pas le message le plus facile à faire passer pour le moment, en Europe et surtout pas dans notre ville", a-t-il ajouté. Selon Bart De Wever, il y a une centaine de milliers de musulmans dans cette ville et la manière dont ils vont pratiquer leur religion fait partie de notre culture, "que cela vous plaise ou non et j'ai l'impression que ça ne plait pas à la personne qui a posé la question."Sur les différences entre les profils de migrants, De Wever a lâché : "Elles sont claires comme de l'eau, mais on ne peut pas en parler, je l'ai déjà fait une fois, je ne le ferai plus." Référence à sa sortie, en mars dernier, sur les Berbères : "Je n'ai par exemple jamais vu un migrant d'origine asiatique se plaindre de discrimination au travail ; cette communauté n'est pas non plus fort représentée dans les statistiques de criminalité. En revanche, nous avons énormément de difficultés à organiser la mobilité sociale dans la communauté berbère d'Anvers, qui représente 80 % de la communauté marocaine de la ville. C'est une communauté très fermée, qui éprouve une grande méfiance envers l'autorité, au sein de laquelle l'islam est très peu organisé, et qui est très sensible aux thèses salafistes, à la radicalisation. Il faut que tout le monde fasse un effort, notamment pour chercher du travail. Or, certains utilisent l'argument du racisme pour justifier des échecs personnels et espérer que tout soit pardonné. Cela ne va pas !" Par Dominique Dewael