. Le précédent sondage, remontant à début 2018, révélait que 30% des Belges y étaient favorables. Aujourd'hui, 54% des Belges restent cependant opposés à la prolongation du nucléaire au-delà de 2025. Seize pour cent souhaiteraient fermer immédiatement les centrales. Le soutien à l'énergie nucléaire semble toutefois augmenter sous certaines conditions. Ainsi, sur les 54% opposés au nucléaire à long terme, 70% reverraient leur position si les émissions de CO2 en Belgique pouvaient être suffisamment réduites.

Septante-sept pour cent pensent que remplacer les centrales nucléaires par des centrales à gaz n'est pas une bonne idée. "Le scénario selon lequel les centrales nucléaires seraient remplacées par des centrales à gaz émettant davantage de CO2 en cas de sortie du nucléaire en 2025 n'est pas soutenu par la majorité de la population belge", résume le Forum. Trois quarts disent que les centrales nucléaires existantes présentent trop de manquements, mettant ainsi en danger la sécurité du personnel et des riverains. Six Belges sur 10 affirment que des centrales plus récentes et modernes peuvent être construites pour, à terme, remplacer les actuelles.

Energie verte

Lors du précédent sondage, 60% des personnes interrogées pensaient que le choix pour l'énergie nucléaire empêchait d'investir dans les sources d'énergie verte. Elles ne sont plus que 52% aujourd'hui, se réjouit le Forum nucléaire. Plus de six personnes sur 10 estiment que l'énergie nucléaire représente de grands risques pour l'environnement. Le Forum conclut que le climat reste un facteur clé dans le débat et que "l'énergie nucléaire a un avantage majeur à jouer à cet égard, en tant que principale source d'électricité bas carbone".

La part d'inconnu gravitant autour du nucléaire est encore importante, selon le Forum. "Nous avons encore beaucoup de travail à faire dans notre communication. Si j'entends qu'autant de personnes pensent encore que les centrales émettent beaucoup de CO2 - ce qui n'est pas vrai - c'est notre mission d'apporter une information correcte", a commenté mardi Serge Dauby, managing director du Forum nucléaire, au cours d'une conférence de presse. Selon lui, la vision des risques n'est pas non plus correcte. Si une centrale est une nouvelle fois mise à l'arrêt, c'est une mesure préventive en vue d'éviter de réels problèmes.

"Je suis convaincu que plus nous allons nous approcher de 2025, plus grand va être le soutien au nucléaire. On approche de la deadline, et nous voyons bien ce qu'il est en train de se produire et ce qui ne se réalise pas, quelles solutions restent disponibles et lesquelles ne le sont pas. Cela fait des années que nous disons que la durée de vie des centrales nucléaires doit être prolongée. C'est une réalité", conclut M. Dauby.

L'enquête a été menée par Kantar TNS auprès de 756 répondants, contre 1.027 pour le précédent sondage.