Les 150 députés de la Chambre mènent ce vendredi au parlement européen pour un très long débat animé au sujet de la déclaration de politique générale de la coalition Vivaldi. Jeudi, le nouveau Premier ministre avait défendu son programme lors d'un discours d'une demi-heure en insistant sur la crise "historique" traversée par la Belgique et en reconnaissant qu'une stratégie devrait être mise en place pour rétablir la confiance avec les citoyens, en plus d'un plan de relance socio-économique.

La Vivaldi entame ses premiers pas sur fond de contradictions internes, au sujet du relèvement de la pension minimale, et de polémiques dans certains partis sur le casting, au MR et chez Groen essentiellement.

Le nouveau Premier ministre devra convaincre, même si l'issue du vote, qui aura lieu samedi après-midi, ne fait aucun doute: la confiance lui sera octroyée par les septs partis qui forment sa majorité (PS, SP.A, MR, Open VLD, Ecolo, Groen, CD&V).

La longue critique de la N-VA: "Trop flou"

Peter De Roover, chef de groupe N-VA, ouvre le bal. "Permettez-moi tout d'abord de souhaiter bonne chance au gouvernement: il était temps. Je ne sais pas si l'on trouvera d'accords sur d'autres points." Il commence par comparer de façon ironique le parti du Premier ministre, l'Open VLD, à Genk et au septième du Tour de France: le septième parti en terme du nombre de voix a fait de mauvaises élections, mais il a gagné le sprint final. "Il n'y aura de stabilité que grâce au PS", souligne-t-il.

Le chef de file nationaliste souligne qu'il n'a pas eu le sentiment, jeudi, qu'il y avait de l'enthousiasme au sein de la Vivaldi. "La déclaration semble inspirée par une volonté de positivisme, oui, mais elle n'est pas concrète. L'arc-en-ciel (nom donné par la N-VA à la coalition, qui exclut le CD&V - Ndlr) se distingue plutôt par une nuance de gris. Avec de trop nombreux flous artistiques." Peter De Roover multiplie les exemples en ce sens.

"Je constate que l'on trouve dix fois l'expression 'le cas échéant', cinquante fois le mot 'étudier': j'ai l'impression que vous dirigez un services d'études plutôt qu'un gouvernement." Derrière ce flou, dit le chef de file N-VA, se cache une absence d'accords. "Mais le mot réformer n'apparaît qu'une seule fois, soixante fois le mot 'évaluer"."

'Vous semblez jouer la carte du renouveau politique, ce qui donne d'excellents résultats au niveau baromètre de la positivité, prolonge-t-il. Mais ce gouvernement compte sept vice-Premiers ministres, un record." Le PTB attaque la N-VA sur ses actes et promesses à elle au niveau du nombre de ministres. "Au contraire, avec le confédéralisme, on diminuerait ce nombre, rejoignez-nous", rétorque Peter De Roover.

La N-VA demande encore: "Qui va payer la facture?" Son chef de groupe cite les extraits du programme où la majorité évoque le fait qu'il n'y aura pas de nouveaux impôts, "sauf si"... et dénonce la proportion des recettes.

Alexander De Croo intervient: "Le précédent ministre des Finances, qui était très bon - il venait de votre parti (Johan Overtveldt - Ndlr), participait aux discussions gouvernementales. Vous avez soutenu la Suédoise et tout le Belgique se demande encore pourquoi vous l'avez torpillé. Mais votre ministre des Finances se souvient encore de la proportion des recettes, non?"

Peter De Roover tacle sur la crise suscitée par la N-VA au sein de la Suédoise: "C'est vous qui n'avez pas tenu compte des remarques de notre parti." Et sur le budget: "C'est la gauche qui parle!"

Il salue le relèvement de la pension minimale - "tout le monde est d'accord" - mais "est-ce du brut ou du net? Je cite le président du MR qui évoque un coût de 760 millions (pour le brut) ou de 3,6 milliards (pour le net). Vous dites que c'est du net, mais cela mange alors tout le budget..." Raoul Hedebouw(PTB) le coupe encore: "Cela devrait être du net. Mais la N-VA va-t-elle soutenir cela? C'est scandaleux que la N-VA ne le soutienne pas." Réplique de la N-VA, en nuance et en substance: "Vous n'êtes pas le parti du travail, vous êtes le parti de ceux qui veulent arrêtez tôt de travailler."

Le parti nationaliste souligne que l'accord de gouvernement "arc-en-ciel est davantage rouge ou vert" et utilise le mot "dogmatique" sur le plan environnemental: "Il y a davantage soutien à ce sujet à l'étranger qu'au sein de notre pays". Le risque est grand, avance la N-VA, que la "locomotive flamande" soit ralentie par les politiques envisagées.

"Un nouveau confinement doit être évité, nous sommes votre allié à ce sujet", dit encore Peter De Roover. Promettre des moyens pour les soins de santé, c'est défendable, mais "l'exercice est difficile s'il n'y a pas des économies ailleurs." Et aussi: "Cela a-t-il encore un sens de faire des réformes fédérales dans ce domaines" s'il sera bientôt tansféré aux Régions, comme le laisserait entendre, à terme, l'accord de gouverement?

En matière d'asile et de migration, "l'attrait de notre pays risque d'augmenter", souligne-t-il en dénonçant le caractère "activiste" d'Ecolo-Groen dans ce domaine.

La N-VA dénonce encore le manque d'engagements sur le plan communautaire. Peter De Roover termine en dénonçant que ce gouvernement fédéral soit minoritaire dans le groupe linguistique néerlandophone. "Reconnaissez que cette structure belge ne fonctionne plus. Réchauffez un cadavre, cela ne pue, lâche-t-il en défendant le confédéralisme. Vous allez traiter certains symptômes, mais nous ne soignerez pas le mal." Ou encore: "Vous vous laissez emballer dans un néo-belgicisme passéiste. (...) Votre projet de renouveau est une opportunité ratée. C'est le Flamand actif qui va payer la note."

Il conclut: "Vous le savez, nous n'avons pas de parti frère au sud du pays. Quand je parle d'un pays, c'est la Flandre. Nous allons combattre ce gouvernement en utilisant toutes les règles de l'art." La N-VA, forcément, n'accordera pas la confiance au gouvernement.

Ecolo-Groen: "Une rupture concrète"

Kristof Calvo (Groen) entame en soulignant qu'il n'aurait pas nécessairement voulu prendre la parole à cette place - il rêvait d'être ministre et son parti a choisi deux autres candidats - mais défend pourtant l'accord.

'Travaillez au rétablissement de la confiance politique nécessitera du travail, plaide-t-il. La structure de l'Etat n'est pas parfaite? C'est exact, mais les responsables politiques doivent se parler. La confiance, c'est aussi une question de réponses concrètes à apporter au citoyens. Cet accord de gouvernement peut les apporter. Ce qui est présenté ici peut induire une rupture."

Le chef de file Groen cite une série d'exemples comme la coordination de la crise du coronavirus avec un commissaire Covid, la réponse aux défis climatiques ou la nomination d'un ministre chargé d'investir dans les énergies renouvelables. Quand le député écologiste évoque la SNCB et la Mobilité, on lui demande encore: "Comment trouverez-vous les moyens?" "Une discussion budgétaire va suivre, mais nous avons les ambitions", rétorque-t-il, en réitérant sa volonté de "ruptures claires avec le passé".

A une interpellation de Theo Francken sur le volet asile et migration, il répond: "Vous avez écrit beaucoup de livres sur le sujet, mais vous n'avez pas pu écrire un Code de la migration. Nous allons tenter de le faire."

Theo Francken et Kristof Calvo battent le fer sur le caractère "minoritaire" du gouvernement fédéral en Flandre. "Nous allons continuer à le dénoncer", clame Theo Francken, en présentant une carte par circonscriptions des résultats des élections. "Vous avez pu négocier plus longtemps que mon parti, rétorque l'écologiste. Ce n'est que par cette construction était impossible que la Vivaldi est née."

Le débat se prolonge, avec des interventions du Vlaams Belang et du PTB, sur le caractère flou du programme institutionnel de la Vivaldi. "Vous connaissez ma position en faveur de la Belgique, dit Kristof Calvo. Si vous m'aviez dit il y a quelques mois qu'il fallait refédéraliser toutes les politiques de santé, je vous aurais dit oui. Ma réponse est désormais plus nuancée. Nous voulons un débat sans tabou à ce sujet." Et un débat citoyen, tel que le prévoit l'accord de gouvernement." Il faut être honnête que certains points du programme sont dûs à la présence du CD&V dans la coalition, insiste-t-il. "C'est une coalition Vivaldi, avec l'apport du CD&V et je m'en réjouis."

"En 2024, quand notre pays présidera l'Union européenne, nous devrons être au top de notre forme, en Champions League", dit Kristof Calvo. "Soit cette législature est le début d'une nouvelle ère, soit c'est la dernière d'une ancienne ère. J'espère qu'elle sera le début d'une nouvelle ère."

"Le moment est venu de prendre des risques", conclut Kristof Calvo, longuement applaudi.

Ahmed Laaouej: "Un avenir à ce pays"

"Nous avons un gouvernement de plein exercice", se réjouit après lui Ahmed Laaouej, chef de file PS, qui sefélicite aussi que ce gouvernement puisse "donner un avenir au pays", contre les séparatistes et le nationalisme négatif.

Sander Loones (N-VA) demande si tous les ministres sont à même de s'exprimer dans les deux principales langues du pays. "La première langue, c'est la courtoisie", rétorque Ahmed Laaouej, en dénonçant des propos "sexistes" de la N-VA. Attaqué sur le fait d'avoir à balayer devant sa porte après avoir dénoncé le "bruit des bottes", il revient sur les dérives de la N-VA en début de législature passée: "Nous n'avons pas de leçons à recevoir en matière de valeurs." Peter De Roover: "Vous avez percé la bulle du positivisme." "Je parle au nom du PS et nous n'allons rien laisser passer", balaie Laaouej.

Le chef de file socialiste insiste sur l'importance de la revalorisation de la santé prévue dans le programme. "Cette crise aura permis d'ouvrir les yeux de ceux qui estimaient qu'il n'était pas nécessaire d'investir dans les soins de santé", dit-il. On l'interpelle sur la régionalisation des soins de santé et sur le budget. "La revalorisation des soins de santé coûtera quelque quatre milliards d'ici 2024", dit Catherine Fonck (CDH). "Notre rôle, c'est d'être efficaces car les moyens de la sécurité sociale sont précieux", souligne le chef de file PS, qui n'exclut pas un débat sur l'une ou l'autre modification des structures. Au niveau budgétaire, il évoque les flux budgétaires au niveau de l'Etat: "Il n'est pas nécessaire d'effectuer des économies en soins de santé pour refinancer ensuite, cela n'aurait aucun sens."

Ahmed Laoouej insiste: "La sécurité sociale reste renforcée." "Je vous donne rendez-vous en débat budgétaire", dit Catherine Fonck.

Interpellé encore, le PS reconnnaît avoir fait des compromis mais se félicite de ce qui se trouve sur le plan social dans l'accord. "Le 16 mai 2019, Elio Di Rupo rappelait que le PS ne rentrerait dans un gouvernement que si l'on revoyait l'âge de la pension à 65 ans", rappelle Raoul Hedebouw (PTB) en parlant de "trahison".

"Je vais essayer de m'en tenir aux faits, dit le chef de groupe PS. Cher camarade Hedebouw, quand on essayait de me recruter au PTB, on me donnait les magazine Solidaire et je les gardais. On y parlait de nationalisations quand le PTB serait au pouvoir et qu'il n'y aurait plus de grosses fortunes. Cher Raoul, il faut faire preuve d'humilité quand on doit faire des compromis pour donner un avenir au pays. Voilà la réponse que je voulais t'adresser." "Vous aviez le rapport de forces pour le faire et ce point n'a même pas été évoqué lors des discussions", clame Raoul Hedebouw. "La vérité à ses droits, dit le PS. Mais faire de ce point un élément de rupture alors que nous traversons une crise sanitaire, que les travailleurs demandent un gouvenement, qu'il y a un menace populiste: oui, nous avons pris nos responsabilités."

En matière de relèvement de la pension minimale à 1500 euros, le PS s'en tient à l'accord de gouvernement: "Je vois passer des messages ça et là, mais le texte dit bien qu'il s'agit d'un montant net." Nouvelle risposte du PTB: les évaluations budgétaires montrent que ce ne pourra pas être une augmentation nette. La N-VA, elle aussi, s'interroge à ce sujet et se demande qui aura droit et à partir de quand. "Quelles sont les garanties que vous pouvez donner?", interrogent les nationalistes. Le socialiste dénonce le "manque de crédibilité" de la N-VA en matière financière et précise qu'il s'agit bien d'un "objectif de législature". "Les conclaves budgétaires ne serot pas faciles, mais l'écart entre le brut et le net n'est pas irréconciliable" plaide-t-il.

Catherine Fonck (DCH) dénonce le show des premières quarante-huit heures de la Vivaldi et demande que la majorité soit honnête: "La réalité, c'est que vous ne savez pas vraiment. C'est pathétique!"

"A ce rythme, dit le président de la Chambre, Patrick Dewael, le débat durera jusqu'à trois heures du matin! Monsieur Laaouej est à la tribune depuis plus d'une heure et il a parlé douze minutes, le reste ce sont des interruptions."

Le chef de groupe PS reprend en évoquant d'autres ambitions sociales, souligne à quel point le PS se réjouit d'un engagement clair pour le statut d'artiste. Il reconnaît que le contexte budgétaire est difficile depuis la crise financière de 2088 et la récente crise sanitaire. "Dégager cinq milliards dans ce contexte, dont trois milliards de mesures structurelles, ce n'est pas rien", souligne-t-il. Oui, il y a vraiment un tournant dans la manière dont ce gouvernement adopte la politique économique", prolonge-t-il en évoquant encore la stratégie de relance. Il clame: "Nous sortons d'une politique d'austérité!'

"Le PS est lucide et sait que la tâche sera difficile" conclut Ahmed Laaouej. Mais il salue le courage de ceux qui sont montés au gouvernement.

Tensions intraflamandes

Les débats ont repris à 14h avec l'intervention du Vlaams Belang. Pour l'extrême droite, "c'est le contribuable flamand qui payera la note" de la coalition Vivaldi. Barbara Pas attaque la NVA et dénonce dix années de 'standstill' communautaire. Une passe d'armes entre les deux partis nationalistes montre que l'opposition flamande ne sera pas forcément dénuée de tensions. "Monsieur De Roover, l'appel du pouvoir est trop grand pour vous. C'est grâce à notre victoire que le communautaire est revenu." Babara Pas prolonge: "Nous n'vons absolument aucun garantie qu'une réforme de l'Etat sera réalisée."

Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V,... remercie le Vlaams Belang pour son honnête intellectuelle: il y a davantage d'éléments institutionnels dans cet accord de gouvernement que dans celui de 2014. Mais il insiste sur la nécessité d'avoir une autorité fédérale efficace: "Comment peut-on être contre?, demande-t-il. Nous sommes responsables des pensions, des impôts..."

Le Vlaams Belang attaque ensuite durement le CD&V sur la trahison de sa promesse de privilégier une majorité dans le groupe linguistique néerlandophone ou encore sur la politique qui risque d'être menée par le secrétaire d'Etat à l'Asile et à a Migration: "Je m'attends à une politique médiatique, mais davantage d'arrivées", dit l'extrême droite.

Le cheffe de file du Belang rappelle la manifestation de ses troupes de dimanche dernier à Bruxelles et estime que la Vivaldi entraîne la Belgique dans une voie sans issue. Elle évoque la mort de Vivaldi, "malade, sans un sous, enterré dans une tombe sans nom".

MR: "J'aime Vivaldi..."

Benoît Piedboeuf, chef de groupe MR, prend ensuite la parole: "Vous savez, Mozart est aussi mort dans une fosse publique, mais son oeuvre ne disparaître jamais. J'aime Vivaldi comme musicien, je suis sûr que je l'aimerai aussi comme gouvernement."

Le chef de file libéral rappelle que la lutte contre le coronavirus a été au coeur de l'action du gouvernement de Sophie Wilmès. "Ces efforts peuvent et doient être poursuivis, insiste-t-il. Une de nos premières priorités sera de focaliser sur nos soins de santé. La première ligne est notre pierre de touche de notre gestion de la santé. Il nous faut une amélioration structurelle du secteur de la santé." Il se réjouit de la désignation à venir d'un commissaire pour gérer la crise du coronavirus.

Le Fonds pour les blouses blanches est pérénisé dans l'accord de la Vivaldi, à hauteur de 400 millions d'euros. Le PTB rappelle que c'est un fruit de la lutte sociale et d'un amendement déposé par ses soins, alors que le MR était contre. "Nous étions contre les majorités altternatives qui décidaient de dépenses sans budget derrière, rétorque Benoît Piedboeuf.Avec l'accord de gouvernement, il n'y aura plus de majorité alternative. On soutient toujours les bonnes idées, mais il faut avoir les moyens de ses ambitions."

Le libéral se penche ensuite sur le volet "sécurité" de la Vivaldi. Il se félicite du recrutement, sur base annuelle, de 1600 policiers. "L'imunité doit être bannie", lance le chef de groupe MR.

Sur le volet international, alors que Sophie Wilmès héritera des affaires étrangères, le MR insiste sur une approche multilatérale de la gestion.

Le chef de file insiste ensuite sur la relance comme fil conducteur de la politique du gouvernement. "Il faut un électrochoc", dit Benoît Piedboeuf. Le premier élément clé concerne le mantien de la loi de 1996 réformée: "ce sera l'unique moyen de préserver la compétitivité des entreprises". En réponse à une interpellation, il souligne: "Un des premiers facteurs pour rétablir la confiance, c'est d'avoir un gouvernement. Une partie de la méfiance, si pas de la défiance, vient aussi du contexte sanitaire. Si les choses évoluent favorablement, la population va progressivement retrouver confiance et une vie sociale, festive."

"Le maintien de la loi sur la compétitivité, qui empêche toute augmentation salariale importante, est l'autre point pénible, dit Raoul Hedebouw. Vous, les libéraux, privilégiez la loi de l'offre et de la demande sur tout, sauf sur les forces de travail. Pourquoi ne permettez-vous pas aux secteurs de négocier?" Réponse du MR: "La réaction des autres pays conditionne ce qui se passez chez nous. Si on ne s'aligne pas au niveau des prix, des salaires, on ne suivra pas." Lors de la précédente légisalture, le gouvernement a lentement rattrapé son déficit de compétitivité. "Cette loi de 1996, qu'on ne l'aime ou pas, permet de préserver la compétitivité."

Le libéral insiste sur la volonté d'augmenter le taux d'emploi à 80% en 2030 et de défendre l'entrepreunariat par une série de mesures. "L'emploi reste le meilleur rempart contre la pauvreté, c'est ce sur quoi nous travaillons sans relâche depuis des années", dit Benoît Piedboeuf. "Et en 2024?" demande un député. "Je suis incapable de vous dire quel sera le taux d'emploi en 2024. On a un objectif difficile et ambitieux. Savoir quel sera le taux d'emploi en 2024, je vous le dirai en 2024."

Le chef de groupe MR est depuis une heure et quart debout face aux députés...Interrogé su le relèvement de la pension minimale à 1500 euros nets, il revient sur les propos de son président: "C'est un chemin et on doit y arriver. C'est comme pour le taux d'emploi." Il s'agit dans un premier temps d'aller vers la pension en montant brut, puis en fonction de l'évolution de la situation, d'aller vers le montant net." La Vivaldi a beaucoup d'intentions...

Le MR évoque le fait qu'il n'y aura pas de nouvelles taxes pour les classes populaires. "J'entends bien, dit Marco Van Hees (PTB). Mais dans le volet budgétaire, on dit qu'un tiers de l'effort viendra de l'impôt. Sur ce 1,2 milliard, la grande partie viendra sur la taxe à la consommation. Et on sait qu'il faudra compenser les tartes à la crème de l'effet retour et de la lutte contre l'évasion fiscale... En ce qui concerne la taxe sur les épaules larges, on parle de 300 millions d'euros. Vous avez gagné ces négociations alors?"

"Notre volonté est d'obtenir les milliards perdus par l'évasion fiscale, mais toutes les mesures prises ne nous ont pas permis de les trouver, répond le libéral. Quand on dit pas d'impôts nouveaux, c'est sur le travail, les pensions, les petits revenus: c'est ce que la Suédoise a fait. Concernant la taxe annoncée sur le patrimoine, tout d'abord elle existe déjà chez nous sur plein de formes. La taxe des millionnaires à laquelle vous rêvez, on a vu ce que cela rapportait en France. Par contre, l'idée d'une justice fiscale plus en adéquation avec les revenus de certains, il faut y penser. Chacun doit contribuer en fonction de ses moyens."

Le chef de file libéral conclut en se félicitant de la volonté de renouer un dialogue constructif avec le citoyen. "De nombreuses initiatives vont être mises en place, dit Benoît Piedboeuf. Je connais mes collègues: vous allez voir, cela va fusez. Les valeurs de liberté, de solidarité, de justice, de diversité, d'égalité doivent conduire votre et notre raisonnement. Je suis convaincu de cette volonté de rejeter le racisme, le dénigrement, notre parti votera la confiance."

Sander Loones (N-VA) et Maxime Prévot (CDH) interrogent le libéral sur la façon dont la réforme de l'Etat pourrait être préparée à l'horizon 2024. Quel sera le rôle des vice-Premiers qui doivent coordonner la réflexion? Les citoyens et les partis d'opposition seront-ils associés, y compris les partis extrêmes? Pourra-t-il y avoir des régionalisations, mais aussi des refédéralisations? Benoît Piedboeuf: "On s'est rendu compte durant la crise sanitaire que notre Etat ne fonctionne pas toujours idéalement. Il y a en effet deux vice-Premiers, enfin deux ministres chargés d'y travailler. Il faut prendre du recul. Les partis extrémistes seront-ils associés? Il faut en tout cas entendre le message lancé par leurs électeurs." Le chef de file raconte qu'il va régulièrement dans des petites villes flamandes pour les écouter. Il regrette les expressions de haine qui ont parfois lieu contre les francophones, notamment à la côte. "Va-t-on dialoguer avec ces partis en direct? Ben non... Mais écoutez les messages, c'est important."

Cela ne sert à rien de se braquer sur les mots de régionalisations ou de refédéralisations, dit-il: il faut avant tout veiller à être efficace. "Le problème de la sémantique, c'est que l'on parvient à vexer des gens sur un mot.

CD&V: "L'intérêt de tous les Belges"

Le débat se poursuit avec le chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten: "Nous n'avons pas de majorité du côté flamand, c'est vrai, reconnaît-il. Nous n'avons que 49% des voix. Mais nous allons défendre l'intérêt de l'ensemble des Belges." Avant cela, il avait eu une passe d'armes avec la N-VA pur vir dénoncé le "durcissement" du discours politique au nord du pays.

Le chrétien-démocrate insiste sur la nécessité pour le gouvernement de veiller aux équilibres. Il évoque la gestion de la crise sanitaire et est interpellé sur la diffculté de le faire avec neuf ministres de la Santé: "Cette crise nous a surpris, dit-il. Tout n'a pas été parfait, mais les différentes institutions ont fait de leur mieux. Aurait-on pu faire mieux? Oui. Mais avons-nous gérer cela de façon catastrophique? Non. Nous avons la structure de l'Etat que nous avons, il faudra travailler à partir de cela. Une unité de commandement est possible en respectant les compétences respectives."

Là encore, des tensions intraflamandes se font sentir. Le dossier d'Arco, du nom de ces 80000 coopérateurs du mouvement ouvrier chrétien lésés, arrive sur la table. On accuse le CD&V d'avoir envoyé comme ministre une avocate impliquée dans ce sujet. "Nous respecterons les procédures, dit Servais Verherstrateten. Il n'y a rien dans l'accord, il y a des procédures judiciaires en cours et le gouvernement prendra position."

Le président de la Chambre, Patrick Dewael, s'étonne de voir que l'on interroge les députés comme s'ils étaient membres du gouvernement, sans les laisser exprimer leur point de vue, alors que le chef de file CD&V tente de parler des réforems sociales.

Le débat tourne, entre partis flamands, sur la possibilité pour la Flandre d'être représentée lors des conseils européens. "On ne peut avoir de représentation d'une entité fédérée, ce n'est pas comme cela que cela fonctionne", intervient le Premier ministre, Alexander De Croo, un rien irrité. Sophie Wilmès, elle aussi, intervient: "J'ai eu l'honneur de défendre les positions de la Belgique. Autour la table, il n'y a que les chefs de gouvernement. Il y a de la place pour les délégations. Le Covid est passé par là, tout le monde ne pouvait plus être présente. Mais les contacts étaient permanents, il y avait des briefings et des débriefings." Ls intérêts des entités fédéréessont toujours défendus, insiste-t-elle.

"Nous parlions de réformes, reprend péniblement Servais Verherstraeten. Ce gouvernement veut investir dans la santé ùentale, c'est un point fondamental pour les plus vulnérables." Il prolonge son propos par la nécessité d'augmenter le taux d'emploi et se réjouit de voir le gouvernement se soucier de la compétitivité des entreprises. "Nous plaidons pour une économie humaine", dit-il en soulignant que l'on ne toucherait plus aux pensions. Forcément, un nouvel échange a lieu sur le caractère flou de l'engagement à relever le montant de la pension minimale à 1500 euros - bruts ou nets? "Ce gouvernement ne prétend pas que ce sera demain, ce gouvernement dit qu'il fera tout pour que ces pensions passent à 1500 euros nets", dit le chef de file CD&V.

Les zones d'ombre de l'accord ont longuement plané sur un débat empli d'interruptions et de critiques venues de l'opposition, même si le ton a rarement monté dans l'hémicycle du parlement européen.

Les 150 députés de la Chambre mènent ce vendredi au parlement européen pour un très long débat animé au sujet de la déclaration de politique générale de la coalition Vivaldi. Jeudi, le nouveau Premier ministre avait défendu son programme lors d'un discours d'une demi-heure en insistant sur la crise "historique" traversée par la Belgique et en reconnaissant qu'une stratégie devrait être mise en place pour rétablir la confiance avec les citoyens, en plus d'un plan de relance socio-économique.La Vivaldi entame ses premiers pas sur fond de contradictions internes, au sujet du relèvement de la pension minimale, et de polémiques dans certains partis sur le casting, au MR et chez Groen essentiellement.Le nouveau Premier ministre devra convaincre, même si l'issue du vote, qui aura lieu samedi après-midi, ne fait aucun doute: la confiance lui sera octroyée par les septs partis qui forment sa majorité (PS, SP.A, MR, Open VLD, Ecolo, Groen, CD&V).Peter De Roover, chef de groupe N-VA, ouvre le bal. "Permettez-moi tout d'abord de souhaiter bonne chance au gouvernement: il était temps. Je ne sais pas si l'on trouvera d'accords sur d'autres points." Il commence par comparer de façon ironique le parti du Premier ministre, l'Open VLD, à Genk et au septième du Tour de France: le septième parti en terme du nombre de voix a fait de mauvaises élections, mais il a gagné le sprint final. "Il n'y aura de stabilité que grâce au PS", souligne-t-il.Le chef de file nationaliste souligne qu'il n'a pas eu le sentiment, jeudi, qu'il y avait de l'enthousiasme au sein de la Vivaldi. "La déclaration semble inspirée par une volonté de positivisme, oui, mais elle n'est pas concrète. L'arc-en-ciel (nom donné par la N-VA à la coalition, qui exclut le CD&V - Ndlr) se distingue plutôt par une nuance de gris. Avec de trop nombreux flous artistiques." Peter De Roover multiplie les exemples en ce sens. "Je constate que l'on trouve dix fois l'expression 'le cas échéant', cinquante fois le mot 'étudier': j'ai l'impression que vous dirigez un services d'études plutôt qu'un gouvernement." Derrière ce flou, dit le chef de file N-VA, se cache une absence d'accords. "Mais le mot réformer n'apparaît qu'une seule fois, soixante fois le mot 'évaluer"."'Vous semblez jouer la carte du renouveau politique, ce qui donne d'excellents résultats au niveau baromètre de la positivité, prolonge-t-il. Mais ce gouvernement compte sept vice-Premiers ministres, un record." Le PTB attaque la N-VA sur ses actes et promesses à elle au niveau du nombre de ministres. "Au contraire, avec le confédéralisme, on diminuerait ce nombre, rejoignez-nous", rétorque Peter De Roover.La N-VA demande encore: "Qui va payer la facture?" Son chef de groupe cite les extraits du programme où la majorité évoque le fait qu'il n'y aura pas de nouveaux impôts, "sauf si"... et dénonce la proportion des recettes.Alexander De Croo intervient: "Le précédent ministre des Finances, qui était très bon - il venait de votre parti (Johan Overtveldt - Ndlr), participait aux discussions gouvernementales. Vous avez soutenu la Suédoise et tout le Belgique se demande encore pourquoi vous l'avez torpillé. Mais votre ministre des Finances se souvient encore de la proportion des recettes, non?"Peter De Roover tacle sur la crise suscitée par la N-VA au sein de la Suédoise: "C'est vous qui n'avez pas tenu compte des remarques de notre parti." Et sur le budget: "C'est la gauche qui parle!"Il salue le relèvement de la pension minimale - "tout le monde est d'accord" - mais "est-ce du brut ou du net? Je cite le président du MR qui évoque un coût de 760 millions (pour le brut) ou de 3,6 milliards (pour le net). Vous dites que c'est du net, mais cela mange alors tout le budget..." Raoul Hedebouw(PTB) le coupe encore: "Cela devrait être du net. Mais la N-VA va-t-elle soutenir cela? C'est scandaleux que la N-VA ne le soutienne pas." Réplique de la N-VA, en nuance et en substance: "Vous n'êtes pas le parti du travail, vous êtes le parti de ceux qui veulent arrêtez tôt de travailler."Le parti nationaliste souligne que l'accord de gouvernement "arc-en-ciel est davantage rouge ou vert" et utilise le mot "dogmatique" sur le plan environnemental: "Il y a davantage soutien à ce sujet à l'étranger qu'au sein de notre pays". Le risque est grand, avance la N-VA, que la "locomotive flamande" soit ralentie par les politiques envisagées."Un nouveau confinement doit être évité, nous sommes votre allié à ce sujet", dit encore Peter De Roover. Promettre des moyens pour les soins de santé, c'est défendable, mais "l'exercice est difficile s'il n'y a pas des économies ailleurs." Et aussi: "Cela a-t-il encore un sens de faire des réformes fédérales dans ce domaines" s'il sera bientôt tansféré aux Régions, comme le laisserait entendre, à terme, l'accord de gouverement?En matière d'asile et de migration, "l'attrait de notre pays risque d'augmenter", souligne-t-il en dénonçant le caractère "activiste" d'Ecolo-Groen dans ce domaine. La N-VA dénonce encore le manque d'engagements sur le plan communautaire. Peter De Roover termine en dénonçant que ce gouvernement fédéral soit minoritaire dans le groupe linguistique néerlandophone. "Reconnaissez que cette structure belge ne fonctionne plus. Réchauffez un cadavre, cela ne pue, lâche-t-il en défendant le confédéralisme. Vous allez traiter certains symptômes, mais nous ne soignerez pas le mal." Ou encore: "Vous vous laissez emballer dans un néo-belgicisme passéiste. (...) Votre projet de renouveau est une opportunité ratée. C'est le Flamand actif qui va payer la note."Il conclut: "Vous le savez, nous n'avons pas de parti frère au sud du pays. Quand je parle d'un pays, c'est la Flandre. Nous allons combattre ce gouvernement en utilisant toutes les règles de l'art." La N-VA, forcément, n'accordera pas la confiance au gouvernement.Kristof Calvo (Groen) entame en soulignant qu'il n'aurait pas nécessairement voulu prendre la parole à cette place - il rêvait d'être ministre et son parti a choisi deux autres candidats - mais défend pourtant l'accord. 'Travaillez au rétablissement de la confiance politique nécessitera du travail, plaide-t-il. La structure de l'Etat n'est pas parfaite? C'est exact, mais les responsables politiques doivent se parler. La confiance, c'est aussi une question de réponses concrètes à apporter au citoyens. Cet accord de gouvernement peut les apporter. Ce qui est présenté ici peut induire une rupture."Le chef de file Groen cite une série d'exemples comme la coordination de la crise du coronavirus avec un commissaire Covid, la réponse aux défis climatiques ou la nomination d'un ministre chargé d'investir dans les énergies renouvelables. Quand le député écologiste évoque la SNCB et la Mobilité, on lui demande encore: "Comment trouverez-vous les moyens?" "Une discussion budgétaire va suivre, mais nous avons les ambitions", rétorque-t-il, en réitérant sa volonté de "ruptures claires avec le passé".A une interpellation de Theo Francken sur le volet asile et migration, il répond: "Vous avez écrit beaucoup de livres sur le sujet, mais vous n'avez pas pu écrire un Code de la migration. Nous allons tenter de le faire."Theo Francken et Kristof Calvo battent le fer sur le caractère "minoritaire" du gouvernement fédéral en Flandre. "Nous allons continuer à le dénoncer", clame Theo Francken, en présentant une carte par circonscriptions des résultats des élections. "Vous avez pu négocier plus longtemps que mon parti, rétorque l'écologiste. Ce n'est que par cette construction était impossible que la Vivaldi est née."Le débat se prolonge, avec des interventions du Vlaams Belang et du PTB, sur le caractère flou du programme institutionnel de la Vivaldi. "Vous connaissez ma position en faveur de la Belgique, dit Kristof Calvo. Si vous m'aviez dit il y a quelques mois qu'il fallait refédéraliser toutes les politiques de santé, je vous aurais dit oui. Ma réponse est désormais plus nuancée. Nous voulons un débat sans tabou à ce sujet." Et un débat citoyen, tel que le prévoit l'accord de gouvernement." Il faut être honnête que certains points du programme sont dûs à la présence du CD&V dans la coalition, insiste-t-il. "C'est une coalition Vivaldi, avec l'apport du CD&V et je m'en réjouis.""En 2024, quand notre pays présidera l'Union européenne, nous devrons être au top de notre forme, en Champions League", dit Kristof Calvo. "Soit cette législature est le début d'une nouvelle ère, soit c'est la dernière d'une ancienne ère. J'espère qu'elle sera le début d'une nouvelle ère." "Le moment est venu de prendre des risques", conclut Kristof Calvo, longuement applaudi."Nous avons un gouvernement de plein exercice", se réjouit après lui Ahmed Laaouej, chef de file PS, qui sefélicite aussi que ce gouvernement puisse "donner un avenir au pays", contre les séparatistes et le nationalisme négatif. Sander Loones (N-VA) demande si tous les ministres sont à même de s'exprimer dans les deux principales langues du pays. "La première langue, c'est la courtoisie", rétorque Ahmed Laaouej, en dénonçant des propos "sexistes" de la N-VA. Attaqué sur le fait d'avoir à balayer devant sa porte après avoir dénoncé le "bruit des bottes", il revient sur les dérives de la N-VA en début de législature passée: "Nous n'avons pas de leçons à recevoir en matière de valeurs." Peter De Roover: "Vous avez percé la bulle du positivisme." "Je parle au nom du PS et nous n'allons rien laisser passer", balaie Laaouej.Le chef de file socialiste insiste sur l'importance de la revalorisation de la santé prévue dans le programme. "Cette crise aura permis d'ouvrir les yeux de ceux qui estimaient qu'il n'était pas nécessaire d'investir dans les soins de santé", dit-il. On l'interpelle sur la régionalisation des soins de santé et sur le budget. "La revalorisation des soins de santé coûtera quelque quatre milliards d'ici 2024", dit Catherine Fonck (CDH). "Notre rôle, c'est d'être efficaces car les moyens de la sécurité sociale sont précieux", souligne le chef de file PS, qui n'exclut pas un débat sur l'une ou l'autre modification des structures. Au niveau budgétaire, il évoque les flux budgétaires au niveau de l'Etat: "Il n'est pas nécessaire d'effectuer des économies en soins de santé pour refinancer ensuite, cela n'aurait aucun sens."Ahmed Laoouej insiste: "La sécurité sociale reste renforcée." "Je vous donne rendez-vous en débat budgétaire", dit Catherine Fonck.Interpellé encore, le PS reconnnaît avoir fait des compromis mais se félicite de ce qui se trouve sur le plan social dans l'accord. "Le 16 mai 2019, Elio Di Rupo rappelait que le PS ne rentrerait dans un gouvernement que si l'on revoyait l'âge de la pension à 65 ans", rappelle Raoul Hedebouw (PTB) en parlant de "trahison"."Je vais essayer de m'en tenir aux faits, dit le chef de groupe PS. Cher camarade Hedebouw, quand on essayait de me recruter au PTB, on me donnait les magazine Solidaire et je les gardais. On y parlait de nationalisations quand le PTB serait au pouvoir et qu'il n'y aurait plus de grosses fortunes. Cher Raoul, il faut faire preuve d'humilité quand on doit faire des compromis pour donner un avenir au pays. Voilà la réponse que je voulais t'adresser." "Vous aviez le rapport de forces pour le faire et ce point n'a même pas été évoqué lors des discussions", clame Raoul Hedebouw. "La vérité à ses droits, dit le PS. Mais faire de ce point un élément de rupture alors que nous traversons une crise sanitaire, que les travailleurs demandent un gouvenement, qu'il y a un menace populiste: oui, nous avons pris nos responsabilités."En matière de relèvement de la pension minimale à 1500 euros, le PS s'en tient à l'accord de gouvernement: "Je vois passer des messages ça et là, mais le texte dit bien qu'il s'agit d'un montant net." Nouvelle risposte du PTB: les évaluations budgétaires montrent que ce ne pourra pas être une augmentation nette. La N-VA, elle aussi, s'interroge à ce sujet et se demande qui aura droit et à partir de quand. "Quelles sont les garanties que vous pouvez donner?", interrogent les nationalistes. Le socialiste dénonce le "manque de crédibilité" de la N-VA en matière financière et précise qu'il s'agit bien d'un "objectif de législature". "Les conclaves budgétaires ne serot pas faciles, mais l'écart entre le brut et le net n'est pas irréconciliable" plaide-t-il.Catherine Fonck (DCH) dénonce le show des premières quarante-huit heures de la Vivaldi et demande que la majorité soit honnête: "La réalité, c'est que vous ne savez pas vraiment. C'est pathétique!""A ce rythme, dit le président de la Chambre, Patrick Dewael, le débat durera jusqu'à trois heures du matin! Monsieur Laaouej est à la tribune depuis plus d'une heure et il a parlé douze minutes, le reste ce sont des interruptions."Le chef de groupe PS reprend en évoquant d'autres ambitions sociales, souligne à quel point le PS se réjouit d'un engagement clair pour le statut d'artiste. Il reconnaît que le contexte budgétaire est difficile depuis la crise financière de 2088 et la récente crise sanitaire. "Dégager cinq milliards dans ce contexte, dont trois milliards de mesures structurelles, ce n'est pas rien", souligne-t-il. Oui, il y a vraiment un tournant dans la manière dont ce gouvernement adopte la politique économique", prolonge-t-il en évoquant encore la stratégie de relance. Il clame: "Nous sortons d'une politique d'austérité!'"Le PS est lucide et sait que la tâche sera difficile" conclut Ahmed Laaouej. Mais il salue le courage de ceux qui sont montés au gouvernement.Les débats ont repris à 14h avec l'intervention du Vlaams Belang. Pour l'extrême droite, "c'est le contribuable flamand qui payera la note" de la coalition Vivaldi. Barbara Pas attaque la NVA et dénonce dix années de 'standstill' communautaire. Une passe d'armes entre les deux partis nationalistes montre que l'opposition flamande ne sera pas forcément dénuée de tensions. "Monsieur De Roover, l'appel du pouvoir est trop grand pour vous. C'est grâce à notre victoire que le communautaire est revenu." Babara Pas prolonge: "Nous n'vons absolument aucun garantie qu'une réforme de l'Etat sera réalisée."Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V,... remercie le Vlaams Belang pour son honnête intellectuelle: il y a davantage d'éléments institutionnels dans cet accord de gouvernement que dans celui de 2014. Mais il insiste sur la nécessité d'avoir une autorité fédérale efficace: "Comment peut-on être contre?, demande-t-il. Nous sommes responsables des pensions, des impôts..."Le Vlaams Belang attaque ensuite durement le CD&V sur la trahison de sa promesse de privilégier une majorité dans le groupe linguistique néerlandophone ou encore sur la politique qui risque d'être menée par le secrétaire d'Etat à l'Asile et à a Migration: "Je m'attends à une politique médiatique, mais davantage d'arrivées", dit l'extrême droite.Le cheffe de file du Belang rappelle la manifestation de ses troupes de dimanche dernier à Bruxelles et estime que la Vivaldi entraîne la Belgique dans une voie sans issue. Elle évoque la mort de Vivaldi, "malade, sans un sous, enterré dans une tombe sans nom".Benoît Piedboeuf, chef de groupe MR, prend ensuite la parole: "Vous savez, Mozart est aussi mort dans une fosse publique, mais son oeuvre ne disparaître jamais. J'aime Vivaldi comme musicien, je suis sûr que je l'aimerai aussi comme gouvernement."Le chef de file libéral rappelle que la lutte contre le coronavirus a été au coeur de l'action du gouvernement de Sophie Wilmès. "Ces efforts peuvent et doient être poursuivis, insiste-t-il. Une de nos premières priorités sera de focaliser sur nos soins de santé. La première ligne est notre pierre de touche de notre gestion de la santé. Il nous faut une amélioration structurelle du secteur de la santé." Il se réjouit de la désignation à venir d'un commissaire pour gérer la crise du coronavirus.Le Fonds pour les blouses blanches est pérénisé dans l'accord de la Vivaldi, à hauteur de 400 millions d'euros. Le PTB rappelle que c'est un fruit de la lutte sociale et d'un amendement déposé par ses soins, alors que le MR était contre. "Nous étions contre les majorités altternatives qui décidaient de dépenses sans budget derrière, rétorque Benoît Piedboeuf.Avec l'accord de gouvernement, il n'y aura plus de majorité alternative. On soutient toujours les bonnes idées, mais il faut avoir les moyens de ses ambitions."Le libéral se penche ensuite sur le volet "sécurité" de la Vivaldi. Il se félicite du recrutement, sur base annuelle, de 1600 policiers. "L'imunité doit être bannie", lance le chef de groupe MR.Sur le volet international, alors que Sophie Wilmès héritera des affaires étrangères, le MR insiste sur une approche multilatérale de la gestion.Le chef de file insiste ensuite sur la relance comme fil conducteur de la politique du gouvernement. "Il faut un électrochoc", dit Benoît Piedboeuf. Le premier élément clé concerne le mantien de la loi de 1996 réformée: "ce sera l'unique moyen de préserver la compétitivité des entreprises". En réponse à une interpellation, il souligne: "Un des premiers facteurs pour rétablir la confiance, c'est d'avoir un gouvernement. Une partie de la méfiance, si pas de la défiance, vient aussi du contexte sanitaire. Si les choses évoluent favorablement, la population va progressivement retrouver confiance et une vie sociale, festive.""Le maintien de la loi sur la compétitivité, qui empêche toute augmentation salariale importante, est l'autre point pénible, dit Raoul Hedebouw. Vous, les libéraux, privilégiez la loi de l'offre et de la demande sur tout, sauf sur les forces de travail. Pourquoi ne permettez-vous pas aux secteurs de négocier?" Réponse du MR: "La réaction des autres pays conditionne ce qui se passez chez nous. Si on ne s'aligne pas au niveau des prix, des salaires, on ne suivra pas." Lors de la précédente légisalture, le gouvernement a lentement rattrapé son déficit de compétitivité. "Cette loi de 1996, qu'on ne l'aime ou pas, permet de préserver la compétitivité."Le libéral insiste sur la volonté d'augmenter le taux d'emploi à 80% en 2030 et de défendre l'entrepreunariat par une série de mesures. "L'emploi reste le meilleur rempart contre la pauvreté, c'est ce sur quoi nous travaillons sans relâche depuis des années", dit Benoît Piedboeuf. "Et en 2024?" demande un député. "Je suis incapable de vous dire quel sera le taux d'emploi en 2024. On a un objectif difficile et ambitieux. Savoir quel sera le taux d'emploi en 2024, je vous le dirai en 2024."Le chef de groupe MR est depuis une heure et quart debout face aux députés...Interrogé su le relèvement de la pension minimale à 1500 euros nets, il revient sur les propos de son président: "C'est un chemin et on doit y arriver. C'est comme pour le taux d'emploi." Il s'agit dans un premier temps d'aller vers la pension en montant brut, puis en fonction de l'évolution de la situation, d'aller vers le montant net." La Vivaldi a beaucoup d'intentions...Le MR évoque le fait qu'il n'y aura pas de nouvelles taxes pour les classes populaires. "J'entends bien, dit Marco Van Hees (PTB). Mais dans le volet budgétaire, on dit qu'un tiers de l'effort viendra de l'impôt. Sur ce 1,2 milliard, la grande partie viendra sur la taxe à la consommation. Et on sait qu'il faudra compenser les tartes à la crème de l'effet retour et de la lutte contre l'évasion fiscale... En ce qui concerne la taxe sur les épaules larges, on parle de 300 millions d'euros. Vous avez gagné ces négociations alors?""Notre volonté est d'obtenir les milliards perdus par l'évasion fiscale, mais toutes les mesures prises ne nous ont pas permis de les trouver, répond le libéral. Quand on dit pas d'impôts nouveaux, c'est sur le travail, les pensions, les petits revenus: c'est ce que la Suédoise a fait. Concernant la taxe annoncée sur le patrimoine, tout d'abord elle existe déjà chez nous sur plein de formes. La taxe des millionnaires à laquelle vous rêvez, on a vu ce que cela rapportait en France. Par contre, l'idée d'une justice fiscale plus en adéquation avec les revenus de certains, il faut y penser. Chacun doit contribuer en fonction de ses moyens."Le chef de file libéral conclut en se félicitant de la volonté de renouer un dialogue constructif avec le citoyen. "De nombreuses initiatives vont être mises en place, dit Benoît Piedboeuf. Je connais mes collègues: vous allez voir, cela va fusez. Les valeurs de liberté, de solidarité, de justice, de diversité, d'égalité doivent conduire votre et notre raisonnement. Je suis convaincu de cette volonté de rejeter le racisme, le dénigrement, notre parti votera la confiance."Sander Loones (N-VA) et Maxime Prévot (CDH) interrogent le libéral sur la façon dont la réforme de l'Etat pourrait être préparée à l'horizon 2024. Quel sera le rôle des vice-Premiers qui doivent coordonner la réflexion? Les citoyens et les partis d'opposition seront-ils associés, y compris les partis extrêmes? Pourra-t-il y avoir des régionalisations, mais aussi des refédéralisations? Benoît Piedboeuf: "On s'est rendu compte durant la crise sanitaire que notre Etat ne fonctionne pas toujours idéalement. Il y a en effet deux vice-Premiers, enfin deux ministres chargés d'y travailler. Il faut prendre du recul. Les partis extrémistes seront-ils associés? Il faut en tout cas entendre le message lancé par leurs électeurs." Le chef de file raconte qu'il va régulièrement dans des petites villes flamandes pour les écouter. Il regrette les expressions de haine qui ont parfois lieu contre les francophones, notamment à la côte. "Va-t-on dialoguer avec ces partis en direct? Ben non... Mais écoutez les messages, c'est important." Cela ne sert à rien de se braquer sur les mots de régionalisations ou de refédéralisations, dit-il: il faut avant tout veiller à être efficace. "Le problème de la sémantique, c'est que l'on parvient à vexer des gens sur un mot.Le débat se poursuit avec le chef de groupe CD&V Servais Verherstraeten: "Nous n'avons pas de majorité du côté flamand, c'est vrai, reconnaît-il. Nous n'avons que 49% des voix. Mais nous allons défendre l'intérêt de l'ensemble des Belges." Avant cela, il avait eu une passe d'armes avec la N-VA pur vir dénoncé le "durcissement" du discours politique au nord du pays.Le chrétien-démocrate insiste sur la nécessité pour le gouvernement de veiller aux équilibres. Il évoque la gestion de la crise sanitaire et est interpellé sur la diffculté de le faire avec neuf ministres de la Santé: "Cette crise nous a surpris, dit-il. Tout n'a pas été parfait, mais les différentes institutions ont fait de leur mieux. Aurait-on pu faire mieux? Oui. Mais avons-nous gérer cela de façon catastrophique? Non. Nous avons la structure de l'Etat que nous avons, il faudra travailler à partir de cela. Une unité de commandement est possible en respectant les compétences respectives."Là encore, des tensions intraflamandes se font sentir. Le dossier d'Arco, du nom de ces 80000 coopérateurs du mouvement ouvrier chrétien lésés, arrive sur la table. On accuse le CD&V d'avoir envoyé comme ministre une avocate impliquée dans ce sujet. "Nous respecterons les procédures, dit Servais Verherstrateten. Il n'y a rien dans l'accord, il y a des procédures judiciaires en cours et le gouvernement prendra position."Le président de la Chambre, Patrick Dewael, s'étonne de voir que l'on interroge les députés comme s'ils étaient membres du gouvernement, sans les laisser exprimer leur point de vue, alors que le chef de file CD&V tente de parler des réforems sociales.Le débat tourne, entre partis flamands, sur la possibilité pour la Flandre d'être représentée lors des conseils européens. "On ne peut avoir de représentation d'une entité fédérée, ce n'est pas comme cela que cela fonctionne", intervient le Premier ministre, Alexander De Croo, un rien irrité. Sophie Wilmès, elle aussi, intervient: "J'ai eu l'honneur de défendre les positions de la Belgique. Autour la table, il n'y a que les chefs de gouvernement. Il y a de la place pour les délégations. Le Covid est passé par là, tout le monde ne pouvait plus être présente. Mais les contacts étaient permanents, il y avait des briefings et des débriefings." Ls intérêts des entités fédéréessont toujours défendus, insiste-t-elle."Nous parlions de réformes, reprend péniblement Servais Verherstraeten. Ce gouvernement veut investir dans la santé ùentale, c'est un point fondamental pour les plus vulnérables." Il prolonge son propos par la nécessité d'augmenter le taux d'emploi et se réjouit de voir le gouvernement se soucier de la compétitivité des entreprises. "Nous plaidons pour une économie humaine", dit-il en soulignant que l'on ne toucherait plus aux pensions. Forcément, un nouvel échange a lieu sur le caractère flou de l'engagement à relever le montant de la pension minimale à 1500 euros - bruts ou nets? "Ce gouvernement ne prétend pas que ce sera demain, ce gouvernement dit qu'il fera tout pour que ces pensions passent à 1500 euros nets", dit le chef de file CD&V.Les zones d'ombre de l'accord ont longuement plané sur un débat empli d'interruptions et de critiques venues de l'opposition, même si le ton a rarement monté dans l'hémicycle du parlement européen.