Leur visibilité médiatique fait des journalistes des cibles privilégiées pour les cyber-harceleurs, surtout lorsqu'ils enquêtent sur le phénomène des trolls et du cyber-harcèlement. C'est ce qui arrive ces jours-ci à Nadia Daam, journaliste française harcelée en ligne pour avoir dénoncé les agissements des utilisateurs du Forum 18-25 du site JeuxVidéos.com (connu pour sa misogynie) dans une chronique sur Europe 1.
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Leur visibilité médiatique fait des journalistes des cibles privilégiées pour les cyber-harceleurs, surtout lorsqu'ils enquêtent sur le phénomène des trolls et du cyber-harcèlement. C'est ce qui arrive ces jours-ci à Nadia Daam, journaliste française harcelée en ligne pour avoir dénoncé les agissements des utilisateurs du Forum 18-25 du site JeuxVidéos.com (connu pour sa misogynie) dans une chronique sur Europe 1.Depuis, elle fait l'objet d'un harcèlement particulièrement virulent sur le web assorti de menaces de mort, menace de viol, menace sur ses enfants, etc. Elle aurait même reçu une visite nocturne à son domicile. Impossible à ce stade de prouver qu'il y a un lien entre ses harceleurs et la tentative d'effraction de son domicile, mais il est difficile d'imaginer que ce n'est pas les cas. La journaliste a par ailleurs porté plainte pour "menace de crime" le 2 novembre. Reporter sans frontière dénonce la montée du cyber-harcèlement envers les journalistes, une technique qui serait utilisée pour tenter de les faire taire, selon l'ONG. Les citoyens disposent aujourd'hui de lois pour lutter contre ce type de délit. "La première chose à faire est de porter plainte et de constituer un dossier en faisant des captures d'écran de tous les messages", nous explique Olivier Bogaert de la Computer Crime Unit. "Le magistrat qui prend le dossier en charge doit pouvoir se faire une idée de la persistance du harcèlement. La victime doit donc élaborer une ligne du temps des menaces pour prouver la volonté de nuire", ajoute-t-il. L'enquête peut alors commencer. Le magistrat va pouvoir demander à l'entreprise qui héberge le site en question de lui fournir les adresses IP des utilisateurs. À condition que la législation du pays où est hébergé le site le permette. "C'est toujours le grand problème d'internet", déplore Olivier Bogaert. Même s'il existe toujours un certain sentiment d'impunité pour les harceleurs sur web, ce n'est pas le cas. "Il y a de nombreux dossiers qui sont ouverts", affirme-t-il. "Et même si ce n'est pas médiatisé, les auteurs sont soumis à des sanctions et les victimes trouvent des solutions."En mai 2018, un nouveau règlement européen va entrer en vigueur. "Cela va forcément faire évoluer les choses", affirme Olivier Bogaert. Les entreprises qui hébergent des forums en ligne seront tenues de modérer ceux-ci sous peine de grosses sanctions financières pouvant aller jusqu'à 4% du chiffre d'affaires de l'entreprise.