Un incroyable casting de " Bekende Vlamingen " (Flamands connus) avait fait le déplacement pour dénoncer les coupes budgétaires prévues par le ministre-président N-VA, en charge de la Culture au sein du gouvernement flamand. Ce dernier était venu exposer les détails de sa politique en la matière, la mesure la plus contestée étant la baisse de 60 % des subsides accordés aux projets artistiques. Profitant de la présence de plusieurs centaines de représentants culturels dans et devant l'assemblée, Jan Jambon a tenté de se montrer coopératif. Mais pour une majorité de protestataires, le ministre visait surtout à briser la solidarité entre les différents secteurs artistiques.

Beaucoup se sont étonnés de la démarche du chef de l'exécutif flamand, qui a invité le secteur à proposer son propre plan d'économies. Jan Jambon s'est montré ouvert à un débat, à condition que les efforts budgétaires demandés soient respectés. Il a notamment avancé l'idée d'impliquer une intervention plus importante des grandes institutions culturelles qui sont davantage épargnées par les coupes. " La stratégie de Jan Jambon est de diviser pour mieux régner ", a dénoncé l'acteur Michael Pas. Un avis partagé par de nombreux contestataires qui estiment que le nationaliste flamand pousse ainsi les différentes disciplines artistiques à se disputer le peu d'argent disponible, alors que les institutions reconnues ne roulent pas, elles non plus, sur l'or. D'autres ont pointé un " manque de vision " et de responsabilité face à la demande du ministre de faire le boulot dont il est en charge. L'absence de concertation puis l'annonce soudaine d'une volonté de débattre n'ont fait qu'accentuer le mécontentement général.

Par l'intermédiaire de son porte-parole, Jan Jambon a déploré le " négativisme " du secteur. " Il règne un consensus sur le fait que personne n'est d'accord avec nos projets. S'ils trouvent un consensus qui vise à améliorer la répartition des efforts, le ministre se fera un plaisir de les écouter ", a-t-on laissé entendre. Mieux vaudrait dans ce cas ne pas perdre de temps : les mesures du gouvernement flamand entreront en vigueur le 1er janvier 2020, soit dans quelques semaines.

Certaines voix tentent de mener le secteur à prendre exemple sur les Pays-Bas. En 2011, le milieu culturel de nos voisins avait dû faire face à une coupe budgétaire de 200 millions d'euros, ce qui a mené au développement d'un esprit d'entrepreneuriat dans le monde des arts. Aujourd'hui, celui-ci se retrouve ainsi financé par un mélange d'argent public et privé.

En Flandre, la baisse budgétaire contestée ne s'élève " qu'à " cinq millions d'euros, soit 0,77 cent par habitant. Aux yeux de l'acteur de la série Beau Séjour, Kris Cuppens, cet argent ne doit plus être qualifié de " subside " mais bien d'" investissement ". Tel que celui de 34 à 39 millions d'euros envisagé par le gouvernement Jambon pour s'approprier le Théâtre américain, à Bruxelles, dans l'optique d'accueillir un nouveau " pôle culturel flamand ". Un pôle dont la mission sera notamment de faire rayonner l'art flamand.