Vendredi est un nouveau rendez-vous pour les Belges avec leurs gouvernements, pour des décisions qui continueront à impacter fortement les vies quotidiennes pour lutter contre l'épidémie de Covid. Le Comité de concertation sera décisif, des négociations auront encore lieu d'ici là et tant les avis d'experts que les rapports chiffrés seront décisifs. Mais la trop lente décrue du coronavirus incite les autorités à une très grande prudence. Avec un éventail possible de mesures annoncées, loin d'un assouplissement.
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Vendredi est un nouveau rendez-vous pour les Belges avec leurs gouvernements, pour des décisions qui continueront à impacter fortement les vies quotidiennes pour lutter contre l'épidémie de Covid. Le Comité de concertation sera décisif, des négociations auront encore lieu d'ici là et tant les avis d'experts que les rapports chiffrés seront décisifs. Mais la trop lente décrue du coronavirus incite les autorités à une très grande prudence. Avec un éventail possible de mesures annoncées, loin d'un assouplissement.Le premier volet est déjà acté: il s'agit de sanctionner plus sévèrement ceux qui enfreignent les règles. Invité à sévir par le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Ipen VLD), le collège des procureurs généraux a décidé de relever les amendes pour les "lockdown parties". Elles vont passer de 250 à 750 euros pour les participants, et de 750 à 4.000 euros pour les organisateurs. La police ne pourra en revanche pas avoir recours aux drones pour repérer les éventuelles infractions. Pénétrer au sein d'un domicile sera, en principe, interdit. Le "en principe" est important. Car la police pourra toutefois entrer dans un domicile dans des cas bien particuliers: ordonnance d'un juge d'instruction, consentement des propriétaires ou en cas d'infractions manifestes aux mesures (mais avec l'accord du procureur du Roi). Le message est de s'en prendre aux 20% de Belges qui, selon les enquêtes, reconnaissent ne pas respecter les règles et annoncent qu'ils les enfreindront pour les fêtes."Il faut du contrôle, mais je ne veux pas mettre la police dans chaque maison, soulignait Vincent Van Quickenborne ce mercredi matin à la RTBF. Il faut que les gens se motivent pour respecter les règles. 80 % des gens ont prévu de les respecter. Je dis à ces gens-l : 'montrez-vous'! Par internet, Instagram, il y a de la créativité possible!"Précision importante, aussi: davantage de contrôles sont annoncés pour le respect du télétravail, qui reste obligatoire - obligation de plus en plus bafouée.Les pays voisins reconfinent - singulièrement les Pays-Bas qui referment leurs commerces non-essentiels - et cela met la pression sur notre pays. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), s'est concerté avec son homologue néerlandais Mark Rutte pour déconseiller fortement les Hollandais de venir en Belgique pour du "fun shopping". Mais notre Premier a ajouté hier soir que des barrages filtrants seraient mis en place aux frontières s'il s'avère que cete recommandation n'est pas suivie.Le ton du gouvernement, avec comme toujours à sa tête le très vigilant ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), est à la fermeté. Un assouplissement est très peu probable pour Noël et même le MR ne le revendique plus aussi ouvertement. En d'autres termes, l'idée d'élargir ne fut-ce que d'une personne la bulle sociale pour tous a du plomb dans l'aile: ce serait un mauvais signal d'ouverture donné. L'exemple des Etats-Unis ou du Canada qui ont payé un laxisme pour les fêtes est devenu un leitmotiv. Mais il semble aussi que la rouverture des métiers de contact (coiffeurs...) pourrait ne plus être au programme. On reparle même de l'instauration d'une limitation des déplacements (via un périmètre), mais l'idée avait été rejetée fin novembre.L'opposition, en tout état de cause, met la pression. Ainsi ce message de Feançois De Smet, président de DéFI, ce mercredi matin: "Il faut oser un langage de vérité. La troisième vague est devant la porte, et n'attend qu'un signe de notre part pour entrer. Que le gouvernement soit en train de perdre la bataille de l'adhésion est le prélude d'une potentielle et nouvelle catastrophe."Il semble aussi que le Comité de concertation pourrait baliser les efforts pour la suite, en fonction de l'évolution des chiffres. Comme une "carotte" aussi pour ceux qui respectent les règles à Noël ou une menace pour ceux qui ne les respectent pas. En d'autres termes, des assouplissements pourraient voir le jour début janvier si les indicateurs sont toujours à la baisse, mais commerces et écoles risqueraient, si les chiffres repartent à la hausse, de devoir à nouveau fermer les volets?Autre carotte: c'est un effort indispensable avant, bientôt, que la vaccination ne donne peu à peu d'autres perspectives. Mais d'ici là, il faut serrer les rangs... si la population en a encore le courage.