Dans Le Face à Face de Toujours + d'Actu sur Bx1, Fabrice Grosfilley a accueilli Philippe Devos, président de l'ABSYM, Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles ainsi que Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses à l'ULB. Lors de ce débat, ils ont abordé l'expérience pilote menée par la Ville de Bruxelles. Celle-ci permettra de savoir comment nous pourrions vivre avec le virus. Huit lieux y participent : une salle de concert (la Madeleine), deux écoles (Les Arts et Métiers et l'Institut de Mot-Couvreur), un café (Le Roy d'Espagne), un restaurant (Chez Léon), le Palais du Midi, un cinéma (Kinépolis) et un auditoire de l'ULB.

Selon Nathan Clumeck, si les contaminations par contact rapproché peuvent être évitées grâce à la distanciation sociale et le masque, les transmissions par voie aérogène, pouvant aller jusqu'à 6 mètres, elles, "pourraient être combattues grâce à un renouvellement de l'air ou une purification, une stérilisation de l'air". Selon lui, seuls les gens considérés comme haut contaminateurs transmettent le virus par voie aérogène. "C'est cette minorité de patients-là qui infectent la majorité. Donc si on contrôle la transmission de ces hauts contaminateurs, le lieu peut être considéré comme covid-safe".

Philippe Close rappelle l'objectif principal de ces expériences : "comment travaille-t-on à ce qu'on ne doive plus jamais tout refermer ?", même si d'autres pandémies venaient à faire leur apparition en Belgique. Philippe Devos, président de l'ABSYM, encourage ces expériences. "Même sans stratégie vaccinale ou autre, ayons un plan qui à lui seul fonctionne pour éviter les contaminations". Il insiste également sur le fait que si ces expériences s'avèrent être concluantes, la population pourrait avoir des perspectives, ce dont elle manque cruellement aujourd'hui. Philippe Devos propose de fonctionner avec deux alternatives, dépendant de la place disponible dans le lieu ainsi que les moyens dont ils disposent pour s'équiper face au virus. "Soit on s'assure que tous les gens qui sont dans un endroit sont safe, soit on rend le bâtiment safe pour que les gens non-safe puissent y accéder".

Pour voir s'il est possible d'équiper ces lieux pour les rendre "covid safe", il y a différents facteurs à prendre en compte, que Nathan Clumeck développe, tels que la dimension du lieu, le nombre de personnes que ce lieu peut accueillir, le port du masque ou non à l'intérieur du lieu. "Avec tous ces éléments, on peut établir une évaluation d'un risque. Il est évident que si on veut faire rentrer 5000 personnes quelque part, il faudra que la ventilation soit un élément important. Mais pour un petit restaurant, peut-être qu'on ne va pas jouer sur la ventilation, mais alors on pourra jouer sur la distanciation sociale et on fera peut-être en sorte que ceux qui y viennent doivent prouver qu'ils ne sont pas positifs au covid".

Selon Nathan Clumeck, dans la pratique, ce ne sera pas faisable de tester tout le monde à l'entrée des lieux qui peuvent accueillir un grand nombre de personnes. "Les choses à mettre en place localement sont la ventilation, le port du masque, la distanciation sociale et le lavage des mains. Le virus ne traverse que difficilement le masque. Si, en plus, il traverse le masque mais qu'il est éliminé par ventilation, le risque devient minime".

Mais si ces expériences s'avèrent concluantes, comment les lieux pourraient subvenir financièrement à ces achats ? Recevront-ils une aide ? Philippe Close reste assez flou. "Par exemple, il y a des gens qui ont développé un système de robotique qui permet de compter en un temps record le nombre de personnes qui sont installées, qui portent le masque, qui ont de la température. On doit réfléchir comme pouvoir public. Cela vaut peut-être la peine d'équiper certains lieux, de les aider pour relancer aussi notre machine sociale, culturelle et économique".

Actuellement, la ville de Bruxelles étudie les différentes propositions de solutions qu'elle reçoit des entreprises afin de mener à bien ces expériences. Philippe Close rappelle que le but de ces expériences n'est pas de voir sur le court terme ce qui est possible, mais bien sur le long terme. "On est pas en train de voir ce qu'on va faire après les vacances de Pâques. Ici, on veut construire une société qui a réfléchi à cette pandémie et qui construit un idéal sanitaire". Peut-être que la Belgique évitera de nouveaux confinements à l'avenir, si ces expériences s'avèrent efficaces pour lutter contre les virus.

Lauriane Vandendael

Dans Le Face à Face de Toujours + d'Actu sur Bx1, Fabrice Grosfilley a accueilli Philippe Devos, président de l'ABSYM, Philippe Close, bourgmestre de la Ville de Bruxelles ainsi que Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses à l'ULB. Lors de ce débat, ils ont abordé l'expérience pilote menée par la Ville de Bruxelles. Celle-ci permettra de savoir comment nous pourrions vivre avec le virus. Huit lieux y participent : une salle de concert (la Madeleine), deux écoles (Les Arts et Métiers et l'Institut de Mot-Couvreur), un café (Le Roy d'Espagne), un restaurant (Chez Léon), le Palais du Midi, un cinéma (Kinépolis) et un auditoire de l'ULB. Selon Nathan Clumeck, si les contaminations par contact rapproché peuvent être évitées grâce à la distanciation sociale et le masque, les transmissions par voie aérogène, pouvant aller jusqu'à 6 mètres, elles, "pourraient être combattues grâce à un renouvellement de l'air ou une purification, une stérilisation de l'air". Selon lui, seuls les gens considérés comme haut contaminateurs transmettent le virus par voie aérogène. "C'est cette minorité de patients-là qui infectent la majorité. Donc si on contrôle la transmission de ces hauts contaminateurs, le lieu peut être considéré comme covid-safe".Philippe Close rappelle l'objectif principal de ces expériences : "comment travaille-t-on à ce qu'on ne doive plus jamais tout refermer ?", même si d'autres pandémies venaient à faire leur apparition en Belgique. Philippe Devos, président de l'ABSYM, encourage ces expériences. "Même sans stratégie vaccinale ou autre, ayons un plan qui à lui seul fonctionne pour éviter les contaminations". Il insiste également sur le fait que si ces expériences s'avèrent être concluantes, la population pourrait avoir des perspectives, ce dont elle manque cruellement aujourd'hui. Philippe Devos propose de fonctionner avec deux alternatives, dépendant de la place disponible dans le lieu ainsi que les moyens dont ils disposent pour s'équiper face au virus. "Soit on s'assure que tous les gens qui sont dans un endroit sont safe, soit on rend le bâtiment safe pour que les gens non-safe puissent y accéder".Pour voir s'il est possible d'équiper ces lieux pour les rendre "covid safe", il y a différents facteurs à prendre en compte, que Nathan Clumeck développe, tels que la dimension du lieu, le nombre de personnes que ce lieu peut accueillir, le port du masque ou non à l'intérieur du lieu. "Avec tous ces éléments, on peut établir une évaluation d'un risque. Il est évident que si on veut faire rentrer 5000 personnes quelque part, il faudra que la ventilation soit un élément important. Mais pour un petit restaurant, peut-être qu'on ne va pas jouer sur la ventilation, mais alors on pourra jouer sur la distanciation sociale et on fera peut-être en sorte que ceux qui y viennent doivent prouver qu'ils ne sont pas positifs au covid". Selon Nathan Clumeck, dans la pratique, ce ne sera pas faisable de tester tout le monde à l'entrée des lieux qui peuvent accueillir un grand nombre de personnes. "Les choses à mettre en place localement sont la ventilation, le port du masque, la distanciation sociale et le lavage des mains. Le virus ne traverse que difficilement le masque. Si, en plus, il traverse le masque mais qu'il est éliminé par ventilation, le risque devient minime". Mais si ces expériences s'avèrent concluantes, comment les lieux pourraient subvenir financièrement à ces achats ? Recevront-ils une aide ? Philippe Close reste assez flou. "Par exemple, il y a des gens qui ont développé un système de robotique qui permet de compter en un temps record le nombre de personnes qui sont installées, qui portent le masque, qui ont de la température. On doit réfléchir comme pouvoir public. Cela vaut peut-être la peine d'équiper certains lieux, de les aider pour relancer aussi notre machine sociale, culturelle et économique". Actuellement, la ville de Bruxelles étudie les différentes propositions de solutions qu'elle reçoit des entreprises afin de mener à bien ces expériences. Philippe Close rappelle que le but de ces expériences n'est pas de voir sur le court terme ce qui est possible, mais bien sur le long terme. "On est pas en train de voir ce qu'on va faire après les vacances de Pâques. Ici, on veut construire une société qui a réfléchi à cette pandémie et qui construit un idéal sanitaire". Peut-être que la Belgique évitera de nouveaux confinements à l'avenir, si ces expériences s'avèrent efficaces pour lutter contre les virus. Lauriane Vandendael