Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez se félicite: un nouveau record a été enregistré lundi matin, avec 500000 doses de vaccins administrées en un jour sur l'ensemble du territoire espagnol. Le 9 mai prochain, l'état d'urgence sera levé. On en vient à se demander comment ce pays qui était au bord du gouffre lors des deux premières vagues de la pandémie, se rattrape aussi bien aujourd'hui alors que la Belgique sort tout juste d'un troisième confinement. Les écoles n'ont jamais fermé depuis septembre 2021 et le taux d'incidence de l'Espagne est l'un des moins élevés d'Europe (117 cas recensés pour 100 000 personnes contre 186 en Belgique). Voici trois facteurs qui expliquent la réussite espagnole.

1 Le traumatisme des premières vagues

En Espagne, l'impact désastreux des premières vagues de l'épidémie a laissé un traumatisme important. C'est peut-être l'une des hypothèses expliquant la diminution des cas: les règles sont respectées, les incivilités sont moindres, les bars ne sont pas pris d'assaut, et les citoyens espagnols semblent respecter les restrictions à la lettre.

Depuis février dans la majorité des autonomies espagnoles, les restaurants, bars et commerces (de moins de 400m3) sont ouverts, respectant des horaires spécifiques des communautés autonomes. Dans ce pays marqué par les images des mois passés, on vit la crise sanitaire de manière très différente et le retour à la vie normale se rapproche peu à peu.Depuis mai 2020, les théâtres, musées et cinémas espagnols n'ont pas fermé leurs portes.

Les protocoles y sont, il est vrai, assez stricts. La capacité est limitée à 50% de l'espace total, notamment. Le port du masque reste obligatoire dans tous les espaces publics, y compris à la plage, et il est interdit de manger, de boire ou de fumer dans un lieu public, pendant un spectacle ou une séance de cinéma. Le secteur culturel a été fortement impacté économiquement par les premières vagues et beaucoup de cinémas sont restés fermés, faute de films à l'affiche.

Dès le lundi 8 juin, les discothèques vont pouvoir réouvrir dans certaines zones du pays, sous certaines conditions. Après un concert test de 5000 spectateurs, masqués, dans une salle ventilée, à Barcelone le système de santé publique a conclu qu'aucun signe de transmission n'a été signalé à la suite de l'évènement. Le test est convainquant et plein d'espoir. Mais il n'y a pas d'empressement de la part de la population espagnole: ici on redoute une nouvelle vague encore plus meurtrière.

2 Des mesures plus souples qui induisent l'adhésion

Traditionnellement la population espagnole est accoutumée à se rassembler en terrasse, à vivre en extérieur. Le climat y est certes plus favorable, et cela représente aussi un facteur important dans le ralentissement des contaminations (moins de 10% des contaminations ont lieu en extérieur). Mais les mesures plus souples qu'en France ou en Belgique, accompagnées d'amendes, permettent de maintenir l'adhésion, selon des experts.

Dans les grandes villes comme Barcelone, le personnel hôtelier respecte strictement les mesures imposées, sous peine de lourdes amendes. On ne s'assoit pas à plus de 6 en terrasses, on distancie les tables, les chaises. Et pour les Espagnols, cela fait sens: le gouvernement restreint les mesures, qui ne sont pas contournées. La population se sait en partie responsable de l'évolution du virus et semble avoir assimilé les risques du non respect de ces mesures. Il est évident que des exceptions peuvent arriver, mais globalement, les restrictions ne sont pas détournées.

En Catalogne par exemple, le prix des amendes sont élevées: 300 euros pour non respect du couvre feu, de 600 à 300000 euros pour l'organisation de fêtes ou soirées privées à plus de 6 personnes. Cela décourage ceux qui tenteraient de braver les restrictions, dans un pays où, en 2020, le chômage atteint 15,3% (Institut National des Statistiques). Les médias jouent aussi un rôle important dans la compréhension des enjeux de la crise sanitaire. Les journaux les plus lus d'Espagne comme La Vanguardia ou El Pais publient chaque semaine des infographies claires et précises sur l'évolution de la pandémie et sur l'importance de la vaccination.

3 Une campagne de vaccination réussie

La campagne de vaccination espagnole est un succès: 9,9% de la population a déjà été reçu les deux doses du vaccin anti-covid, contre 7,27% en Belgique. Le gouvernement espagnol est confiant, 70% de la population sera vaccinée d'ici août 2021. De plus, la vaccination est ouverte à tous, en respectant une liste d'attente selon l'âge et la santé du patient. Les espoirs d'un retour à la normal reposent sur l'effectivité de cette campagne de vaccination, qui livre pour le moment des résultats concluants. Cet été, l'Espagne compte sur un regain dans le secteur du tourisme, il ne faut pas omettre que la péninsule ibérique a perdu 10,8% de son PIB en 2020, et que la crise a encore beaucoup d'incidence sur l'économie du pays.

Lina Bouzekri

Le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez se félicite: un nouveau record a été enregistré lundi matin, avec 500000 doses de vaccins administrées en un jour sur l'ensemble du territoire espagnol. Le 9 mai prochain, l'état d'urgence sera levé. On en vient à se demander comment ce pays qui était au bord du gouffre lors des deux premières vagues de la pandémie, se rattrape aussi bien aujourd'hui alors que la Belgique sort tout juste d'un troisième confinement. Les écoles n'ont jamais fermé depuis septembre 2021 et le taux d'incidence de l'Espagne est l'un des moins élevés d'Europe (117 cas recensés pour 100 000 personnes contre 186 en Belgique). Voici trois facteurs qui expliquent la réussite espagnole.En Espagne, l'impact désastreux des premières vagues de l'épidémie a laissé un traumatisme important. C'est peut-être l'une des hypothèses expliquant la diminution des cas: les règles sont respectées, les incivilités sont moindres, les bars ne sont pas pris d'assaut, et les citoyens espagnols semblent respecter les restrictions à la lettre. Depuis février dans la majorité des autonomies espagnoles, les restaurants, bars et commerces (de moins de 400m3) sont ouverts, respectant des horaires spécifiques des communautés autonomes. Dans ce pays marqué par les images des mois passés, on vit la crise sanitaire de manière très différente et le retour à la vie normale se rapproche peu à peu.Depuis mai 2020, les théâtres, musées et cinémas espagnols n'ont pas fermé leurs portes. Les protocoles y sont, il est vrai, assez stricts. La capacité est limitée à 50% de l'espace total, notamment. Le port du masque reste obligatoire dans tous les espaces publics, y compris à la plage, et il est interdit de manger, de boire ou de fumer dans un lieu public, pendant un spectacle ou une séance de cinéma. Le secteur culturel a été fortement impacté économiquement par les premières vagues et beaucoup de cinémas sont restés fermés, faute de films à l'affiche. Dès le lundi 8 juin, les discothèques vont pouvoir réouvrir dans certaines zones du pays, sous certaines conditions. Après un concert test de 5000 spectateurs, masqués, dans une salle ventilée, à Barcelone le système de santé publique a conclu qu'aucun signe de transmission n'a été signalé à la suite de l'évènement. Le test est convainquant et plein d'espoir. Mais il n'y a pas d'empressement de la part de la population espagnole: ici on redoute une nouvelle vague encore plus meurtrière.Traditionnellement la population espagnole est accoutumée à se rassembler en terrasse, à vivre en extérieur. Le climat y est certes plus favorable, et cela représente aussi un facteur important dans le ralentissement des contaminations (moins de 10% des contaminations ont lieu en extérieur). Mais les mesures plus souples qu'en France ou en Belgique, accompagnées d'amendes, permettent de maintenir l'adhésion, selon des experts.Dans les grandes villes comme Barcelone, le personnel hôtelier respecte strictement les mesures imposées, sous peine de lourdes amendes. On ne s'assoit pas à plus de 6 en terrasses, on distancie les tables, les chaises. Et pour les Espagnols, cela fait sens: le gouvernement restreint les mesures, qui ne sont pas contournées. La population se sait en partie responsable de l'évolution du virus et semble avoir assimilé les risques du non respect de ces mesures. Il est évident que des exceptions peuvent arriver, mais globalement, les restrictions ne sont pas détournées. En Catalogne par exemple, le prix des amendes sont élevées: 300 euros pour non respect du couvre feu, de 600 à 300000 euros pour l'organisation de fêtes ou soirées privées à plus de 6 personnes. Cela décourage ceux qui tenteraient de braver les restrictions, dans un pays où, en 2020, le chômage atteint 15,3% (Institut National des Statistiques). Les médias jouent aussi un rôle important dans la compréhension des enjeux de la crise sanitaire. Les journaux les plus lus d'Espagne comme La Vanguardia ou El Pais publient chaque semaine des infographies claires et précises sur l'évolution de la pandémie et sur l'importance de la vaccination. La campagne de vaccination espagnole est un succès: 9,9% de la population a déjà été reçu les deux doses du vaccin anti-covid, contre 7,27% en Belgique. Le gouvernement espagnol est confiant, 70% de la population sera vaccinée d'ici août 2021. De plus, la vaccination est ouverte à tous, en respectant une liste d'attente selon l'âge et la santé du patient. Les espoirs d'un retour à la normal reposent sur l'effectivité de cette campagne de vaccination, qui livre pour le moment des résultats concluants. Cet été, l'Espagne compte sur un regain dans le secteur du tourisme, il ne faut pas omettre que la péninsule ibérique a perdu 10,8% de son PIB en 2020, et que la crise a encore beaucoup d'incidence sur l'économie du pays.Lina Bouzekri