"Pas tous, et tant mieux. Mais des gens qui allaient bien - ou qui semblaient aller bien - souffrent désormais", s'inquiètent les généralistes. Ces derniers voient entrer dans leur cabinet de plus en plus de patients "dont le moral est en berne, dont le mal-être devient évident et parfois insupportable". Ces constats sont réalisés chez tous les publics.

Pour les généralistes, les mesures prises pour lutter contre le coronavirus ont parfois été difficiles à comprendre par la population et ne semblaient pas toujours claires. En outre, "le manque d'explications des décisions a un impact sur la légitimité que les citoyens leur trouvent" et cela provoque frustrations et interrogations, pointe le Collège. "Les mesures qui changent sans cesse, les critères qui semblent arbitraires, la solitude qui nous est imposée, sont autant de sources de mal-être."

"Certains vivent cette pandémie mieux que d'autres car ils ont sans doute une meilleure capacité à faire face à des situations difficiles, à se réinventer, à faire des projets, à se découvrir un rôle ou une utilité. Mais pour d'autres, le manque de perspective pour combler le vide que laisse derrière elle la pandémie provoque une réelle souffrance", concluent les généralistes.

Anxiété et dépression atteignent des niveaux préoccupants chez les jeunes adultes

La santé mentale des adolescents et des jeunes adultes "est en danger en ces temps de pandémie", soulignent les autrices d'une étude de l'Université de Mons qui évaluait les niveaux d'anxiété et de dépression chez les 3-25 ans et dont les résultats sont publiés samedi dans Le Soir.

Des chercheuses en psychologie et neurosciences de l'UMons ont évalué les niveaux d'anxiété et de dépression chez les 3-25 ans, en différenciant les tranches d'âge et en comparant les deux vagues de la pandémie de Covid-19. Les résultats des 1.514 questionnaires en ligne récoltés montrent que toutes les tranches d'âge ne sont pas logées à la même enseigne.

Seuls 7% des jeunes enfants répondants (3 à 7 ans) manifestaient pendant la première vague un niveau d'anxiété supérieur à la norme, contre 65% des jeunes adultes (19-25 ans) et 36% des adolescents (12-18 ans). La même tendance s'observe pour les symptômes dépressifs. Autre enseignement de l'étude: le mal-être des jeunes augmente entre les deux vagues.

Tous les sondés, sauf les répondants âgés de 3 à 7 ans, affichent des niveaux d'anxiété et de dépression supérieurs lors de la deuxième vague. La proportion de jeunes adultes manifestant des niveaux d'anxiété supérieurs à la normale passe ainsi de 65 à 76% et de dépression de 62 à 80%. "Il devient urgent de déployer les moyens nécessaires à la prise en charge de la santé mentale de ces populations, particulièrement à risques", appellent les chercheuses. Belga

"Pas tous, et tant mieux. Mais des gens qui allaient bien - ou qui semblaient aller bien - souffrent désormais", s'inquiètent les généralistes. Ces derniers voient entrer dans leur cabinet de plus en plus de patients "dont le moral est en berne, dont le mal-être devient évident et parfois insupportable". Ces constats sont réalisés chez tous les publics. Pour les généralistes, les mesures prises pour lutter contre le coronavirus ont parfois été difficiles à comprendre par la population et ne semblaient pas toujours claires. En outre, "le manque d'explications des décisions a un impact sur la légitimité que les citoyens leur trouvent" et cela provoque frustrations et interrogations, pointe le Collège. "Les mesures qui changent sans cesse, les critères qui semblent arbitraires, la solitude qui nous est imposée, sont autant de sources de mal-être." "Certains vivent cette pandémie mieux que d'autres car ils ont sans doute une meilleure capacité à faire face à des situations difficiles, à se réinventer, à faire des projets, à se découvrir un rôle ou une utilité. Mais pour d'autres, le manque de perspective pour combler le vide que laisse derrière elle la pandémie provoque une réelle souffrance", concluent les généralistes.