"Nous avons une clause de rendez-vous avec les métiers de contacts. Elle reste d'actualité." Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre PS, a confirmé ce vendredi matin sur LN24 que les coiffeurs, esthéticiens et autres tatoueurs peuvent toujours espérer - sans garantie - une perspective de réouverture le 13 février, si la situation sanitaire le permet. Du moins l'évaluation se fera-t-elle bien lors du Comité de concertation prévu le 5 février.
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"Nous avons une clause de rendez-vous avec les métiers de contacts. Elle reste d'actualité." Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre PS, a confirmé ce vendredi matin sur LN24 que les coiffeurs, esthéticiens et autres tatoueurs peuvent toujours espérer - sans garantie - une perspective de réouverture le 13 février, si la situation sanitaire le permet. Du moins l'évaluation se fera-t-elle bien lors du Comité de concertation prévu le 5 février.Leurs espoirs inquiets avaient été douchés ces dernières heures par des expressions médiatiques d'experts affirmant qu'il n'y avait aucune chance que cette réouverture ait lieu à la date mentionnée. En cause: les craintes liées aux niveaux variants du virus, le britannique, bien plus contagieux, risquant d'être dominant au mois de mars.Le débat a tourné en une vive polémique entre l'épidémiologiste star Marc Van Ranst (KUL), qui fait partie des conseillers du gouvernement, et le président du MR, Georges-Louis Bouchez. Tout a débuté, comme souvent, par des invectives réciproques sur Twitter. Alors que Marc Van Ranst tue dans l'oeuf les perspectives, le président libéral attaque: "Déclarer cela sans aucune étude précise. Par exemple quel est le taux moyen de contamination dans un salon de coiffure avec protocoles? Rappel: Le savoir scientifique ne peut se développer sur Twitter ou à la TV et la décision politique relève des mandataires." Les libéraux réclament depuis des semaines une étude "vraiment scientifique" au sujet du risque représenté par les métiers de contact.Marc Van Ranst, en réponse, publie un graphique du Groupe d'experts montrant que les coiffeurs et les esthéticiens ont été bien plus contaminés lors de la deuxième vague que les autres. "Voulez-vous mettre ces données en doute?", demande l'épidémiologiste. "C'est juste une projection mathématique qui ne repose sur rien ... vous avez une étude de cas sur la base des infections réelles constatées par le tracing? Quid d'une étude comme aux USA? Ce ne sont pas des études ce que vous présentez. Un coiffeur contaminé combien de gens?". L'échange se prolonge, stérile.Jeudi soir, à la VRT, le numéro un du MR s'en prend vivement à Marc Van Ranst: "Quand vous choisissez de conseiller quelqu'un, vous donnez votre conseil, mais c'est le politique qui décide. S'il s'exprime médiatiquement, il doit rappeler les décisions du gouvernement. Quand il est présent tous les jours sur les plateaux, ce n'est plus conseiller, c'est militer!". Dans la presse, il avait asséné: "Marc Van Ranst doit arrêter de jouer les Cassandre.".L'expert, remarquent de nombreux observateurs, a quand même eu souvent raison quand il a mis en garde contre le risque d'une reprise de l'épidémie - et certains parlent aujourd'hui, comme lui, d'une "troisième vague" qui a débuté. A un journaliste du Morgen saluant la réplique forte de l'expert, Georges-Louis Bouchez demande: "Etes-vous encore journaliste? Ou porte-parole du député Van Ranst?" Le tout sous le regard amusé d'un spectateur... qui n'est autre qu'Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, publiant un Gif de Michael Jackson mangeant du popcorn.. Tandis que l'ancien député nationaliste Hendrik Vuye applaudit Bouchez à plusieurs reprises, signalant que c'est le seul à oser affronter l'expert publiquement.Emmanuel André, lui, vole au secours de son collègue avec des mots très durs: "Quand un président de parti attaque personnellement un scientifique parce que les faits qu'il expose ne lui plaisent pas, on retombe des siècles en arrière, quand la terre n'avait pas le droit d'être ronde. Et on trébuche dans la boue du populisme."Les métiers de contact, eux, resteront sur leur faim au sujet de ces échanges: ils attendront le 5 février. Politiquement, par contre, cela témoigne du positionnement agressif du MR sur la question et, accessoirement, du combat que mène Georges-Louis Bouchez pour se faire reconnaître au nord du pays: il a des ambitions de ce côté et communique de plus en plus souvent en néerlandais, mais son intervention à la VRT de jeudi soir l'était en français. Le PS, lui, occupe désormais le terrain pour ne pas laisser le champ libre au feu-follet libéral. Un peu plus posément...