Le masque et la ventilation étaient au centre du Comité de concertation de mercredi. Alors que le nombre d'infections explose et que le nombre de patients covid en soins intensifs augmente rapidement, les différentes autorités renforcent les règles sanitaires. Comme à chaque fois, le Comité de concertation a été précédé de fuites d'avis, d'idées lancées en l'air et de vetos.

Le PS en particulier s'est fait entendre. Le parti de Paul Magnette s'est opposé aux masques à partir de l'âge de 9 ans (il est finalement passé à 10 ans), et a plaidé en faveur d'une obligation de vaccination générale au lieu d'une obligation pour le seul secteur des soins - une piste que le gouvernement est en train d'étudier. (NDLR : Entre-temps, le Premier ministre Alexander De Croo a déclaré qu'il préférait convaincre plutôt que contraindre). "Magnette n'est pas comparable à Bart De Wever (N-VA) à l'époque du gouvernement suédois, mais il incline vers un rôle de Premier ministre de l'ombre", déclare le politologue Carl Devos (Université de Gand).

La Vivaldi se distinguait surtout par sa gestion de crises. Est-ce encore le cas aujourd'hui?

Carl Devos : Un ennemi extérieur crée une solidarité mutuelle, et c'est le coronavirus qui faisait tenir la Vivaldi. Et, je trouvais sa politique sanitaire convaincante. La semaine dernière, les présidents de partis ont fait très peu de déclarations. C'est précisément pour cette raison que le PS s'est démarqué, tant par son message que par son ton. J'ai observé une redite des discussions sur le budget en octobre. Là aussi, Magnette a bloqué l'accord à un moment donné. C'est ce qui s'est également produit ces derniers jours dans le dossier du coronavirus.

Magnette n'était d'ailleurs pas le seul. En début de semaine, la vice-première ministre Petra De Sutter (Groen) a également critiqué une proposition du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) visant à interdire l'accès des discothèques aux personnes non vaccinées. La pandémie de coronavirus dure depuis trop longtemps pour continuer à faire passer les positions idéologiques au second plan.

Aucun secteur ne doit fermer. Il n'y a pas non plus d'heure de fermeture avancée pour le secteur de la restauration comme c'est le cas aux Pays-Bas. Et le télétravail n'est pas entièrement obligatoire.

Carl Devos : Les politiciens sentent que les gens sont à bout de nerfs. Si vous regardez les chiffres, un confinement ne serait pourtant pas si surprenant. Certains secteurs économiques nécessiteront des mesures de soutien - des milliards d'euros que nous n'avons pas. Par conséquent, nous aurons à nouveau une politique compliquée. Il faut presque étudier pour savoir ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. Par exemple, le télétravail deviendra obligatoire, mais seulement quatre jours par semaine. A partir du 13 décembre, il ne sera obligatoire que trois jours par semaine.

Il y aura aussi des masques aux mariages et sur les pistes de danse. N'est-ce pas surréaliste ?

(rires) Les gens savent aussi qu'il y a un énorme problème d'application de la loi. Ou vont-ils vraiment envoyer la police pour voir si l'oncle Pierre met son masque pour danser la polonaise?

"Nous espérions tous un hiver sans coronavirus", déclarait le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). Les politiciens nous ont-ils trop promis ?

Ce que je reproche aux politiciens, c'est l'aplomb de leurs déclarations. Lorsque le gouvernement flamand a proposé de faire une piqûre de rappel à tout le monde il y a quelques semaines, on s'est moqué de lui. Même Vandenbroucke a protesté avec des arguments scientifiques. A présent, le Comité de concertation annonce que tout le monde aura droit à une troisième injection d'ici avril. Avec la même autorité que celle avec laquelle le "royaume de la liberté" a été annoncé, on dit maintenant que c'est le variant delta qui compromet la situation.

Peu de gens ont tout de même vu venir la situation actuelle ?

Je ne dis pas qu'on aurait pu le savoir à l'époque, mais les citoyens sont en colère lorsque des hommes politiques réfutent des déclarations du passé avec le même aplomb. J'appelle les politiciens à être beaucoup plus nuancés, car après cette quatrième vague, il y en aura une cinquième.

Le masque et la ventilation étaient au centre du Comité de concertation de mercredi. Alors que le nombre d'infections explose et que le nombre de patients covid en soins intensifs augmente rapidement, les différentes autorités renforcent les règles sanitaires. Comme à chaque fois, le Comité de concertation a été précédé de fuites d'avis, d'idées lancées en l'air et de vetos.Le PS en particulier s'est fait entendre. Le parti de Paul Magnette s'est opposé aux masques à partir de l'âge de 9 ans (il est finalement passé à 10 ans), et a plaidé en faveur d'une obligation de vaccination générale au lieu d'une obligation pour le seul secteur des soins - une piste que le gouvernement est en train d'étudier. (NDLR : Entre-temps, le Premier ministre Alexander De Croo a déclaré qu'il préférait convaincre plutôt que contraindre). "Magnette n'est pas comparable à Bart De Wever (N-VA) à l'époque du gouvernement suédois, mais il incline vers un rôle de Premier ministre de l'ombre", déclare le politologue Carl Devos (Université de Gand).La Vivaldi se distinguait surtout par sa gestion de crises. Est-ce encore le cas aujourd'hui?Carl Devos : Un ennemi extérieur crée une solidarité mutuelle, et c'est le coronavirus qui faisait tenir la Vivaldi. Et, je trouvais sa politique sanitaire convaincante. La semaine dernière, les présidents de partis ont fait très peu de déclarations. C'est précisément pour cette raison que le PS s'est démarqué, tant par son message que par son ton. J'ai observé une redite des discussions sur le budget en octobre. Là aussi, Magnette a bloqué l'accord à un moment donné. C'est ce qui s'est également produit ces derniers jours dans le dossier du coronavirus.Magnette n'était d'ailleurs pas le seul. En début de semaine, la vice-première ministre Petra De Sutter (Groen) a également critiqué une proposition du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) visant à interdire l'accès des discothèques aux personnes non vaccinées. La pandémie de coronavirus dure depuis trop longtemps pour continuer à faire passer les positions idéologiques au second plan.Aucun secteur ne doit fermer. Il n'y a pas non plus d'heure de fermeture avancée pour le secteur de la restauration comme c'est le cas aux Pays-Bas. Et le télétravail n'est pas entièrement obligatoire.Carl Devos : Les politiciens sentent que les gens sont à bout de nerfs. Si vous regardez les chiffres, un confinement ne serait pourtant pas si surprenant. Certains secteurs économiques nécessiteront des mesures de soutien - des milliards d'euros que nous n'avons pas. Par conséquent, nous aurons à nouveau une politique compliquée. Il faut presque étudier pour savoir ce qui est autorisé et ce qui ne l'est pas. Par exemple, le télétravail deviendra obligatoire, mais seulement quatre jours par semaine. A partir du 13 décembre, il ne sera obligatoire que trois jours par semaine.Il y aura aussi des masques aux mariages et sur les pistes de danse. N'est-ce pas surréaliste ?(rires) Les gens savent aussi qu'il y a un énorme problème d'application de la loi. Ou vont-ils vraiment envoyer la police pour voir si l'oncle Pierre met son masque pour danser la polonaise?"Nous espérions tous un hiver sans coronavirus", déclarait le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD). Les politiciens nous ont-ils trop promis ?Ce que je reproche aux politiciens, c'est l'aplomb de leurs déclarations. Lorsque le gouvernement flamand a proposé de faire une piqûre de rappel à tout le monde il y a quelques semaines, on s'est moqué de lui. Même Vandenbroucke a protesté avec des arguments scientifiques. A présent, le Comité de concertation annonce que tout le monde aura droit à une troisième injection d'ici avril. Avec la même autorité que celle avec laquelle le "royaume de la liberté" a été annoncé, on dit maintenant que c'est le variant delta qui compromet la situation. Peu de gens ont tout de même vu venir la situation actuelle ?Je ne dis pas qu'on aurait pu le savoir à l'époque, mais les citoyens sont en colère lorsque des hommes politiques réfutent des déclarations du passé avec le même aplomb. J'appelle les politiciens à être beaucoup plus nuancés, car après cette quatrième vague, il y en aura une cinquième.