"Le PTB et la démocratie à géométrie variable... tout un concept!". André Frédéric, député wallon PS, s'émeut avec ses collègues de l'attitude du parti d'opposition au sein de son assemblée. Ce lundi, à l'ordre du jour du parlement wallon, il y avait un vote pour demander la libération de la journaliste Zhang Zhan: tous les partis démocratiques (PS, MR, Ecolo et CDH) ont voté favorablement, le PTB s'est abstenu.
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"Le PTB et la démocratie à géométrie variable... tout un concept!". André Frédéric, député wallon PS, s'émeut avec ses collègues de l'attitude du parti d'opposition au sein de son assemblée. Ce lundi, à l'ordre du jour du parlement wallon, il y avait un vote pour demander la libération de la journaliste Zhang Zhan: tous les partis démocratiques (PS, MR, Ecolo et CDH) ont voté favorablement, le PTB s'est abstenu.La journaliste citoyenne Zhang Zhan, qui avait diffusé des informations sur l'épidémie de coronavirus à ses débuts à Wuhan, a été condamnée le 28 décembre à quatre ans de prison par le tribunal du district de Pudong, à Shanghai. Selon le site Radio Free Asia, relayé par Courrier International, elle était accusée d'avoir "causé des troubles et cherché des querelles", un chef d'accusation régulièrement retenu contre les critiques du pouvoir chinois et passible d'un maximum de cinq ans d'emprisonnement. L'acte d'inculpation précisait qu'elle avait "posté de fausses informations" sur les réseaux sociaux et donné des interviews à des médias étrangers.Le 22 janvier, une résolution avait déjà été votée au Sénat, avec une même issue: un abstention du PTB. "Le cas de la journaliste citoyenne Zhang Zhan reflète une fois encore, et de manière évidente, le contrôle de plus en plus important que le régime communiste chinois tente d'opérer sur la diffusion des informations, avait notamment déclaré le sénateur libéral Philippe Dodrimont. Je rappelle que la Chine apparaissait en 2020 à la 177e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans frontière." En rappelant que que, là-bas, "les médias publics et privés sont placés sous le contrôle étroit du Parti communiste chinois, qui développe d'importants efforts pour dissuader la diffusion de certaines informations, pour empêcher toute critique à son égard, et pour s'assurer que les journalistes servent les intérêts du régime."La plupart des partis francophones, singulièrement le PS, dénoncent régulièrement les relations ambiguës de l'extrême gauche avec le régime chinois. Ces derniers temps, l'attitude du PTB a été critiquée au sujet de la question des Ouïghours, cette minorité musulmane dont des milliers de citoyens sont enfermés dans des "camps de rééducation" dans le Xinjiang. Le PTB se défend en estimant que l'on utilise à ce sujet des mots trop forts, dont celui de "génocide", au risque de les dévaloriser.Avant d'être marxiste, le PTB est historiquement un parti "maoïste" et ses accointances avec le régime dictatorial de Pékin avait été fortement pointées du doigt lorsqu'il était encore un groupuscule ultra-radical. En l'attaquant sur ce point, les partis démocratiques entendent démontrer que son renouveau n'est en réalité qu'une couche de vernis.