La crise du coronavirus se trouve à un tournant. Lors de la séance plénière de la Chambre, ce jeudi après-midi, tant la stratégie de vaccination que le nouveau Comité de concertation de vendredi figuraient au menu d'une dizaine de questions d'actualité.
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La crise du coronavirus se trouve à un tournant. Lors de la séance plénière de la Chambre, ce jeudi après-midi, tant la stratégie de vaccination que le nouveau Comité de concertation de vendredi figuraient au menu d'une dizaine de questions d'actualité. La stratégie de vaccination a été repensée, suite à l'avis positif du Conseil supérieur de la santé au sujet du vaccin AstraZeneca pour tous, mais reste l'objet de critiques, notamment sur les différences de stratégie entre la Flandre et la Wallonie pour les publics prioritaires. Quant au Comité de concertation, il pourrait envisager de légers assouplissements ce vendredi - élargir la bulle sociale en extérieur ou prendre des mesures en matière d'enseignement -, mais les responsables politique marchent sur des oeufs. Alexander De Croo a évoqué la perspective d'un "plan plein air" pour les activités à l'extérieur, moins à risque, mais en continuant à plaider pour une apprpche prudente à court terme.Forcément, l'accélération des vaccinations et les assouplissements éventuels seront liés, ces prochaines semaines, alors que la population belge se lasse, tant le bout du tunnel semble sans cesse reporté.Catherine Fonck (CDH) ouvre le bal, elle qui ne cesse de presser le gouvernement fédéral d'agir avec plus de souplesse, depuis le début de la crise sanitaire. "Monsieur le Premier ministre, j'avais espéré que les neuf ministres de la Santé développent hier un plan de bataille d'envergure." Mais le résultat n'est pas suffisant, à ses yeux. Elle éumère les problèmes et interroge: "Plus de 500000 doses dans les frigos, des centres de vaccination vides... quelques modifications ont été décidées, mais la question qui me taraude: est-ce que cela va suffire?"Depuis l'opposition, Catherine Fonck souligne l'importance de tenir compte des nouvelles données scientifiques concernant les vaccins. "Osons aussi organiser les choses de façon à rattraper le retard, sept jours sur sept, avec les médecins généralistes, avec un nouveau système de convocations. C'est une course contre la montre.""J'imagine que vous avez vu les files interminables devant le centre de vaccination au Heysel, prolonge Sophie Rohonyi (DéFI). Ma voisine de 63 ans y était et elle a tenu le coup." Parce qu'elle n'avait pas le choix. La députée dénonce le chaos des convocations et regrette qu'il n'y ait pas eu de véritable reset de la campagne de vaccination, comme l'avait promis le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke. "Plus vous tardez, plus vous forcez les jeunes et les secteurs à l'arrêt d'être dans une logique intenable", lance-t-elle.Laurence Zanchetta (PS) souligne, elle aussi, que les images des derniers jours, avec des centres tantôt déserts, tantôt remplis, "donnent le tournis": "Oui, dit-elle, cette campagne de vaccination doit s'intensifier" parce qu'elle est synonyme de liberté. "Cette accélération, on devrait enfin la connaître, prolonge-t-elle. Confirmez-vous ce coup d'accélérateur? La plateforme fédérale est-elle pleinement active? Quand pourra-t-on espacer les deux doses?"Jean-Marie Dedecker (Indépendants) souligne encore l'importance d'accélérer pour vacciner tous les publics. L'ancien entraîneur de l'équipe nationale de judo prend aussi l'exemple des sportifs en vue des Jeux olympiques de Tokyo: une bonne trentaine d'entre eux ont déjà été contaminés.Le PTB, enfin, tape sur le clou d'une stratégie de vaccination accélérée et regrette qu'elle soit différente en Flandre et en Wallonie.Florence Reuter (MR) revient sur le Comité de concertation qui a tourné court, la semaine dernière, et constate que la troisième vague tant redoutée n'a pas eu lieu. "Il est temps de donner des perspectives claires à tous les secteurs qui souffrent, dit-elle. Je pense à l'horeca, à la culture, à l'événementiel..." Elle insiste sur la santé mentale. "Je lis dans la presse que la bulle à l'extérieur pourrait être élargie de quatre à huit personnes, prolonge-t-elle. J'espère que ce ne sera pas le seul assouplissement. Ne serait-il pas temps d'annoncer un calendrier clair pour le déconfinement?"Le MR propose concrètement cinq pistes d'assouplissements, dont des "concerts tests" pour permettre à la culture de remettre le pied à l'étrier, comme cela se fait dans d'autres pays. "Ma philosophie générale, souligne Georges-Louis Bouchez, président du MR, à La Libre, c'est que l'on fasse des adaptations qui rendent de l'adhésion aux règles de la part de la population." Peter De Roover (N-VA) demande que l'on opère la distinction entre les mesures qui ont effectivement un impact sur les chiffres et d'autres mesures "dont nous savons aujourd'hui que leur impact sur le Covid est limité. "Il ne faut plus que les citoyens soient les victimes d'informations dont on ne disposait pas à l'époque", dit-il.Alexander De Croo (Open VLD), rappelle la prudence de la semaine passée. "Entretemps, nous avons constaté que les courbes suivent les modèles mathématiques que nous avions présentés, entame-t-il. On peut s'attendre à une légère augmentation des hospitalisations dans les semaines prochaines, jusqu'en fin du mois. Avoir pris le temps d'attendre va nous permettre de prendre de meilleures décisions."Le Premier ministre reconnaît que les restrictions sanitaires ont un impact sur la santé mentale et que le respect des mesures se relâche. Il évoque une double mission: "La première, c'est de donner des perspectives avec une approche raisonnable, sûre." Les activités à l'extérieur sont moins à risque, souligne-t-il, c'est pour cela que nous mettons en place un "plan plein air" pour donner cette perspective."Mais attention: Alexander De Croo insiste aussi sur le timing pour prendre ces mesures, il convient de ne pas précipiter les choses. "Si on se trompe on aura une hausse en avril et en mai, ce qui induirait que notre liberté retrouvée serait de courte durée", dit-il. Voilà la deuxème mission: "Nous sommes tous des représentants de la nation, insiste-t-il. Notre but n'est pas d'être le plus populaire, mais de veiller à l'intérêt général. Nous devons regardez les faits: si c'est dangereux, il ne faut pas avoir peur de la dire." Il ne faut pas, dit-il, faire "une sur-offre d'assouplissements".Voilà de quoi baliser le Comité de concertation de ce vendredi. Dans tous les cas de figure, le duo De Croo - Vandenbroucke esprime sa volonté de bouger, mais en restant prudent.Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre fédéral de la Santé, défend, selon la même philosophie, la nouvelle stratégie de vaccination et souligne que davantage de personnes vulnérables vont être vaccinées ces prochaines semaines. "Les plus de 85 ans en Flandre, les plus de 75 ans à Bruxelles et les plus de 65 ans en Wallonie, cela s'explique par des raisons logistiques", dit-il.Frank Vandenbroucke reconnaît aussi qu'une meilleure organisation peut avoir lieu et souligne que l'espacement des doses pour le vaccin Pfizer sera décidé la semaine prochaine. "Mais on veut quand même s'assurer que dévier de le notice ne pose pas un problème prohibitif, conclut-il."Vous avez décidé d'un reseteke, comme ont dit à Bruxelles, rétorque Catherine Fonck. J'espère que cela va suffire, mais j'ai des doutes."