Les mesures prises en sens dispersés par les Régions et Communautés pour faire face à la deuxième vague de l'épidémie ont fait couler beaucoup d'encre. Le Premier ministre, Alexander De Croo, aréuni les ministres-présidents ce mercredi pour mettre un peu de l'ordre. Suite à cela, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé qu'un arrêté ministériel harmoniserait les mesures. Il sera publié au Moniteur belge en cours de journée et entrera en vigueur ce mercredi soir à minuit. On ne sait pas encore à l'heure qu'il est comment ces mesures seront harmonisées. Les décisions plus strictes adoptées pour la Flandre entreront par conséquence en vigueur plus tôt que prévu. L'harmonisation des mesures semble compliquée à mettre en oeuvre, notamment parce que le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), s'est fortement engagé mardi soir contre l'idée d'un couvre-feu - qui est d'application à Bruxelles et en Wallonie.
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Les mesures prises en sens dispersés par les Régions et Communautés pour faire face à la deuxième vague de l'épidémie ont fait couler beaucoup d'encre. Le Premier ministre, Alexander De Croo, aréuni les ministres-présidents ce mercredi pour mettre un peu de l'ordre. Suite à cela, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V), a annoncé qu'un arrêté ministériel harmoniserait les mesures. Il sera publié au Moniteur belge en cours de journée et entrera en vigueur ce mercredi soir à minuit. On ne sait pas encore à l'heure qu'il est comment ces mesures seront harmonisées. Les décisions plus strictes adoptées pour la Flandre entreront par conséquence en vigueur plus tôt que prévu. L'harmonisation des mesures semble compliquée à mettre en oeuvre, notamment parce que le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), s'est fortement engagé mardi soir contre l'idée d'un couvre-feu - qui est d'application à Bruxelles et en Wallonie.La rencontre survenait à deux jours d'un nouveau Comité de concertation pour lequel le ministre-président wallon, Elio Di Rupo (PS), annonce déjà ce mercredi matin qu'il plaidera pour un confinement qui va le plus loin possible. L'imminence de décisions proches d'un reconfinement quasi intégral est là, alors que Paul Magnette, président du PS, évoque une situation très grave, avec une pression sur les hôpiaux inédite depuis la Seconde guerre mondiale. De facto, l'harmonisation des mesures par le fédéral pourrait déjà élargir les mesures de restriction en Wallonie, notamment par la fermeture des lieux culturels déjà décidée en Région bruxelloise et en Flandre - à confirmer."Le gouvernement wallon estime que des mesures plus fortes allant vers un confinement plus large s'avèrent indispensables, dit Eliop Di Rupo. J'insisterai au comité de concertation pour qu'on aille le plus loin possible ces prochains jours dans le sens d'un confinement élargi.' Le ministre wallon Jean-Luc Crucke (MR) souligne quant à lui: "Sur le plan sanitaire, non seulement le bateau doit d'urgence être ramené à quai, mais il doit aussi s'y maintenir quelques temps!"Avant cela, le débat allait bon train au sujet de la "cacophonie" des mesures entre les Régions et Communautés. Pour certains, la "cacophonie fédérale" n'est qu'un aspect périphérique de la gestion de la crise et de la situation sanitaire désastreuse de notre pays. Pour d'autres, c'est un mal profond de la Belgique de notre pays qui handicape fortement la possibilité de donner une réponse forte et lisible à ce Covid qui ne cesse de nous tailler des croupières. En tout état de cause, le Premier ministre a jugé que ce n'était pas un bon signal alors qu'il ne cesse de plaider en faveur de la "solidarité nationale": il a plaidé pour une harmonisation.Le gouvernement flamand avait pris la décision, mardi soir, de resserrer la vis pour faire face à la hausse des cas au nord du pays, après avoir freiné des quatre fers lors du Comité de concertation de vendredi dernier. Le résultat n'était autre qu'un alignement partiel sur les Régions wallonne et bruxelloise : les couvre-feux ne sont pas les mêmes, certains ferment la culture et d'autres pas, les modalités changent... L'harmonisation remet de l'ordre et, par la même occasion, permet l'entrée en vigueur des mesures en Flandre dès ce soir et non vendredi comme prévu initialement.Si Alexander De Croo voulait reprendre la main, c'est pour assurer la lisibilité de l'ensemble... alors que certains de ses partenaires de coalition réclamaient de "mettre les enjeux électoraux quelques mois de côté". La convocation des ministres-présidents n'est pas une procédure habituelle, d'autant qu'elle intervenait de façon singulière, deux jours avant un Comité de concertation qui pourrait décider d'un reconfinement plus large pour les vacances de Toussaient et au-delà.La faille belge, par rapport à d'autres pays fédéraux, n'est autre que l'absence d'une hiérarchie de normes qui empêche l'Etat fédéral de trancher en cas de désaccord. En substance, depuis le début de la crise, la règle était de parvenir à un consensus au sein du Comité de concertation, le "problème" dans une situation d'une telle urgence, c'est qu'il s'agit forcément du plus petit commun dénominateur. D'où la décision prise par la Belgique francophone d'aller plus loin...L'opposition, elle, dénonce cette "cacophonie" dans un pays où elle ne cessait déjà de dénoncer la complexité institutionnelle avec ses neuf ministres de la Santé. "On doit arrêter d'opposer, sans cesse, santé et économie, estime Sophie Rohonyi, députée fédérale DéFi. Il faut prendre des mesures fortes concernant la crise sanitaire du Covid et des mesures d'aides pour soutenir nos entreprises et les indépendants."Maximpe Prévot, présidernt du CDH, n'est pas en reste: "Le pic de mars a été dépassé. La cacophonie des mesures a occulté l'indispensable unité de commandement et de communication. Le Premier ministre doit reprendre la main qu'il a laissé filer. Il est temps d'avoir une vraie stratégie plutôt qu'agir au compte-gouttes."