Ce paradigme dépassé est celui de penser que l'action politique ne peut s'exercer qu'"ex post". Celui-là consiste à constituer des mesures politiques majeures uniquement à la suite d'un incident ou d'une catastrophe. C'est l'usage coutumier et ancestral du pouvoir politique, celui d'attendre la concrétisation d'un imprévu pour activer une réaction. Cette attitude est en réalité une erreur intellectuelle et organisationnelle, même si involontaire. Car même si les politiques oeuvrent pour le meilleur des mondes, l'intention ne suffit pas. Ce type d'attitude se justifie en réalité par la sous-considération de la technologie à disposition et surtout, par le caractère abstrait du risque. Autrement dit, si un événement n'a pas lieu aujourd'hui, nous affirmerons naturellement qu'il est probable qu'il ne se matérialisera demain. C'est ce que nous avons constaté en partie dans la gestion actuelle de la crise.

En réalité, l'action politique doit établir un rapport étroit avec la dimension prédictive. Celle-ci confère à un État une attitude "augmentée" pour protéger ses citoyens du pire scénario. Plus concrètement, les décisions de constituer un budget doivent désormais et en urgence reposer dans la volonté de maîtriser l'incertitude de demain et non plus dans l'espoir de vouloir corriger un désastre déjà produit. Nous disposons aujourd'hui de connaissances pour créer des dispositifs capables de mitiger le risque futur. Des millions de virus, encore inconnus, dorment et n'attendent que de circuler dans notre quotidien pour éradiquer nos liens sociaux, affaiblir nos concitoyens dans les métiers à interaction humaine, ou encore d'atteindre la vie de nos seniors. L'Etat du futur, qui devrait être celui d'aujourd'hui, doit s'impliquer dans l'ambition de métamorphoser son approche du pouvoir. Il doit également s'impliquer dans la conceptualisation des dangers de l'avenir en leur accordant une crédibilité et une probabilité significative.

De surcroît, au-delà de l'efficacité, le poids économique est allégé, car nous adopterons une approche prédictive de l'action politique. Un budget dans la gestion "augmentée" ou prédictive des risques est un investissement à haute valeur ajoutée. En effet, celle-ci diminue la sévérité des dommages désastreux d'une catastrophe, car permet de l'éviter. Mais elle offre également aux citoyens une marge de manoeuvre pour continuer à vivre, sans basculer spontanément dans une survie intenable et dont les conséquences indirectes sont si peu évoquées. Cependant, un budget dégagé pour résoudre un problème déjà produit est un coût. Si les budgets colossaux d'aujourd'hui, pour corriger les dégâts du virus, avaient été destinées à la sensibilisation et la généralisation de l'intelligence artificielle, le résultat serait tout autre.

L'IA n'est nullement un robot maléfique digne des plus grands fantasmes cinématographiques. L'IA n'est qu'un outil technologique qui permet d'accompagner l'entreprise dans la prédiction de sa liquidité, l'adaptation automatique de sa stratégie marketing ou encore, la réponse sur mesure pour le consommateur. Pour le secteur médical, elle accompagne les scientifiques à mieux comprendre le comportement du virus pour augmenter la qualité de prise de décision dans l'incertitude ou encore à détecter et protéger. Des entreprises ont déjà lancé cet effort mériteraient d'être sollicitées. Robovision, entreprise belge qui évalue la sévérité du virus grâce à l'IA, est un excellent exemple d'espoir qui doit inspirer l'action politique pour réévaluer son approche de la gestion de la crise.

Certains experts, dont des virologues, regrettent la gestion individuelle et collective de la crise en soulignant un supposé manque d'investissement dans le principe de "précaution". En réalité, même cet argument est insuffisant, car n'encourage pas à changer notre rapport au temps dans l'action. Nous devons transformer notre manière d'approcher un problème et quel que soit sa nature. C'est un défi collectif de grande urgence qui ne doit pas être circonscrit au monde politique uniquement, mais qui doit concerner toutes les dimensions de notre société pour le bien du futur des jeunes générations. Rappelons que l'exercice politique n'est pas chose aisée, mais ne constitue pas une raison de faire abstraction de méthodes existantes plus efficaces dans la résolution de problème.

Badr Boussabat

Auteur de "L'intelligence artificielle : notre meilleur espoir", Conférencier international sur l'IA, Economiste et Politologue.

Ce paradigme dépassé est celui de penser que l'action politique ne peut s'exercer qu'"ex post". Celui-là consiste à constituer des mesures politiques majeures uniquement à la suite d'un incident ou d'une catastrophe. C'est l'usage coutumier et ancestral du pouvoir politique, celui d'attendre la concrétisation d'un imprévu pour activer une réaction. Cette attitude est en réalité une erreur intellectuelle et organisationnelle, même si involontaire. Car même si les politiques oeuvrent pour le meilleur des mondes, l'intention ne suffit pas. Ce type d'attitude se justifie en réalité par la sous-considération de la technologie à disposition et surtout, par le caractère abstrait du risque. Autrement dit, si un événement n'a pas lieu aujourd'hui, nous affirmerons naturellement qu'il est probable qu'il ne se matérialisera demain. C'est ce que nous avons constaté en partie dans la gestion actuelle de la crise.En réalité, l'action politique doit établir un rapport étroit avec la dimension prédictive. Celle-ci confère à un État une attitude "augmentée" pour protéger ses citoyens du pire scénario. Plus concrètement, les décisions de constituer un budget doivent désormais et en urgence reposer dans la volonté de maîtriser l'incertitude de demain et non plus dans l'espoir de vouloir corriger un désastre déjà produit. Nous disposons aujourd'hui de connaissances pour créer des dispositifs capables de mitiger le risque futur. Des millions de virus, encore inconnus, dorment et n'attendent que de circuler dans notre quotidien pour éradiquer nos liens sociaux, affaiblir nos concitoyens dans les métiers à interaction humaine, ou encore d'atteindre la vie de nos seniors. L'Etat du futur, qui devrait être celui d'aujourd'hui, doit s'impliquer dans l'ambition de métamorphoser son approche du pouvoir. Il doit également s'impliquer dans la conceptualisation des dangers de l'avenir en leur accordant une crédibilité et une probabilité significative.De surcroît, au-delà de l'efficacité, le poids économique est allégé, car nous adopterons une approche prédictive de l'action politique. Un budget dans la gestion "augmentée" ou prédictive des risques est un investissement à haute valeur ajoutée. En effet, celle-ci diminue la sévérité des dommages désastreux d'une catastrophe, car permet de l'éviter. Mais elle offre également aux citoyens une marge de manoeuvre pour continuer à vivre, sans basculer spontanément dans une survie intenable et dont les conséquences indirectes sont si peu évoquées. Cependant, un budget dégagé pour résoudre un problème déjà produit est un coût. Si les budgets colossaux d'aujourd'hui, pour corriger les dégâts du virus, avaient été destinées à la sensibilisation et la généralisation de l'intelligence artificielle, le résultat serait tout autre. L'IA n'est nullement un robot maléfique digne des plus grands fantasmes cinématographiques. L'IA n'est qu'un outil technologique qui permet d'accompagner l'entreprise dans la prédiction de sa liquidité, l'adaptation automatique de sa stratégie marketing ou encore, la réponse sur mesure pour le consommateur. Pour le secteur médical, elle accompagne les scientifiques à mieux comprendre le comportement du virus pour augmenter la qualité de prise de décision dans l'incertitude ou encore à détecter et protéger. Des entreprises ont déjà lancé cet effort mériteraient d'être sollicitées. Robovision, entreprise belge qui évalue la sévérité du virus grâce à l'IA, est un excellent exemple d'espoir qui doit inspirer l'action politique pour réévaluer son approche de la gestion de la crise. Certains experts, dont des virologues, regrettent la gestion individuelle et collective de la crise en soulignant un supposé manque d'investissement dans le principe de "précaution". En réalité, même cet argument est insuffisant, car n'encourage pas à changer notre rapport au temps dans l'action. Nous devons transformer notre manière d'approcher un problème et quel que soit sa nature. C'est un défi collectif de grande urgence qui ne doit pas être circonscrit au monde politique uniquement, mais qui doit concerner toutes les dimensions de notre société pour le bien du futur des jeunes générations. Rappelons que l'exercice politique n'est pas chose aisée, mais ne constitue pas une raison de faire abstraction de méthodes existantes plus efficaces dans la résolution de problème.Badr BoussabatAuteur de "L'intelligence artificielle : notre meilleur espoir", Conférencier international sur l'IA, Economiste et Politologue.