Pour l'immunologiste Hans-Willem Snoeck (Université de Columbia), les enfants jouent un rôle important dans la propagation du coronavirus. "Je pense que les écoles sont un facteur sous-estimé. Les enfants de moins de dix ans ne sont pas un grand problème, avons-nous toujours pensé. Aujourd'hui, c'est parmi eux que nous voyons la hausse la plus forte, ce qui m'étonne énormément."
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Pour l'immunologiste Hans-Willem Snoeck (Université de Columbia), les enfants jouent un rôle important dans la propagation du coronavirus. "Je pense que les écoles sont un facteur sous-estimé. Les enfants de moins de dix ans ne sont pas un grand problème, avons-nous toujours pensé. Aujourd'hui, c'est parmi eux que nous voyons la hausse la plus forte, ce qui m'étonne énormément." "Nous ne savons pas bien quoi, mais il se passe quelque chose de singulier avec les enfants. En mars et avril, il n'y a eu pratiquement aucune infection chez les enfants. Le 17 mars, toutes les écoles ont été fermées et presque aucune n'a ouvert en mai. Puis il y a eu les vacances d'été. À la fin des vacances d'été, le nombre d'infections a commencé à augmenter chez les enfants. Le deuxième pic n'est survenu que pendant les vacances d'automne, un pic entraîné par les enfants. Après les vacances d'automne, le taux de contaminations a augmenté parmi les enfants et le reste de la population a suivi", a déclaré Snoeck dans l'émission Terzake.Un moteur auxiliaire Pour Hans-Willem Snoeck, les enfants ne sont pas le moteur, mais un moteur auxiliaire de la pandémie. "Si nous arrêtons les grands moteurs, on commence à voir l'effet des moteurs auxiliaires. Je pense que si on n'arrête pas tous les moteurs, y compris les moteurs auxiliaires, on aura à un nouveau pic exponentiel", met-il en garde. Il ajoute qu'il ne s'agit pas seulement de contaminations dans les écoles. "Tous les jours, les écoles entraînent le déplacement de 1,4 million de personnes, c'est une grande mobilité." Aussi appelle-t-il, dans une carte blanche parue dans le quotidien De Morgen, à fermer les écoles jusqu'à fin janvier. "Fermez les écoles jusqu'à la fin janvier, mais assurez la prise en charge des enfants de personnes exerçant une profession essentielle et des enfants ayant des besoins particuliers. Comblez le déficit d'apprentissage en grignotant une semaine des vacances de Pâques et un mois des vacances d'été. Si nécessaire, donnez également des cours le mercredi après-midi", recommande-t-il.Par ailleurs, il appelle aussi à rendre le télétravail vraiment obligatoire, et à sanctionner les entreprises qui ne le mettent pas. "Si les écoles sont fermées, ce sera plus faisable. Et limitez les contacts sociaux", ajoute-t-il.Troisième vague "Si l'on ne ferme pas les écoles, nous nous retrouverons dans la troisième vague avant même la fin de la deuxième", a renchéri via Twitter Dirk Van Damme, directeur du Centre de recherche en éducation de l'OCDE.Le ministre flamand de l'Enseignement Ben Weyts ne veut pas entendre parler d'une fermeture des écoles. "Oui, les enfants peuvent être contaminés, nous communiquons d'ailleurs sur le sujet toutes les deux semaines", a réagi Weyts. "Les chiffres montrent cependant que les règles sont bien suivies, et le nombre de contaminations est relativement inférieur à celui relevé dans le reste de la société.""Nous restons attentifs et nous accentuons nos efforts, notamment avec les tests rapides que nous avons nous-mêmes déployés", a encore souligné le ministre.