L'enquête, réalisée en ligne du 30 septembre au 7 novembre 2020, porte sur les pratiques enseignantes adoptées à la rentrée scolaire 2020-2021. Selon les résultats, 92% des enseignants répondants s'accordent à dire que les inégalités scolaires se sont amplifiées avec le confinement. Plus de 50% d'entre eux estiment que l'écart entre élèves plus faibles et plus forts s'est creusé, et celui-ci était d'ailleurs visible dès la rentrée scolaire de septembre.
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L'enquête, réalisée en ligne du 30 septembre au 7 novembre 2020, porte sur les pratiques enseignantes adoptées à la rentrée scolaire 2020-2021. Selon les résultats, 92% des enseignants répondants s'accordent à dire que les inégalités scolaires se sont amplifiées avec le confinement. Plus de 50% d'entre eux estiment que l'écart entre élèves plus faibles et plus forts s'est creusé, et celui-ci était d'ailleurs visible dès la rentrée scolaire de septembre.Ce jeudi, la ministre de l'Enseignement Caroline Désir (PS) a décidé de prolonger le code rouge actuellement en vigueur jusqu'aux vacances de Carnaval. Pour les élèves jusqu'en deuxième secondaire inclus, l'enseignement se fait 100% en présentiel. À partir de la troisième secondaire, celui-ci est organisé sous forme "hybride", à savoir pour moitié en classe, et pour l'autre moitié à distance. Cette nouvelle forme d'enseignement associée à la pandémie mènerait à une recrudescence de l'enseignement à domicile. Fin septembre, 3 187 élèves de la Fédération Wallonie-Bruxelles suivaient un enseignement soit à domicile, soit en école privée, ce qui représente près de 40% de plus que l'année d'avant, écrit La Libre Belgique. D'après la ministre Caroline Désir, ce choix s'expliquerait à la fois par une crainte de la pandémie et par des motifs pédagogiques. Une tendance inquiétante Cependant, cette tendance inquiète les acteurs de l'éducation. Le Service général de l'inspection (SGI) a ainsi déjà convoqué plus de 500 élèves pour vérifier si leur niveau d'études était satisfaisant. Comme le rappelle La Libre Belgique, enseignement à domicile ne signifie pas qu'il n'y a pas de contraintes. Ainsi, les élèves concernés sont soumis aux épreuves externes certificatives (CEB, CE1D, CESS) et à des contrôles réguliers.En Flandre, les bureaux qui proposent des cours particuliers sont confrontés à une hausse de demandes. "Après le bulletin de Noël, nous avons eu beaucoup de demandes. (...) Les élèves ont perdu la structure fixe de l'école, ils n'ont plus leurs repères. On constate de plus en plus de retards scolaires", déclare Philippe De Winne, responsable d'une organisation de cours particulier à Gand, sur les ondes de Radio 1. L'écart entre les jeunes se creuse De Winne s'inquiète de cette tendance, car les cours particuliers ne sont pas bon marché et de nombreux parents ne peuvent pas les payer. "L'écart entre les jeunes se creuse. Il y a une plus grande inégalité entre ceux qui peuvent se le permettre et ceux qui ne le peuvent pas. Si les écoles constatent que les besoins sont importants, ils devraient être attentifs et accorder suffisamment d'attention aux répétitions." "Dans la classe, c'est la loi du plus fort, c'est tout simplement comme ça. L'institutrice travaille avec les élèves les plus forts et je veux donner le confort à mes enfants, certainement en une époque aussi turbulente. Je n'ai pas peur de l'aspect financier. Cela coûte 100 euros par mois, et mon ex-mari et moi trouvons très important d'investir à ce niveau-là. Mais il est effectivement dommage que certaines personnes ne puissent pas se le permettre", témoigne ainsi la maman d'une fillette de neuf ans dans le quotidien De Morgen.