L'enquête menée par le quotidien flamand De Standaard montre que près d'un quart (23 %) des patients atteints de Covid-19 en soins intensifs n'a pas survécu. Ce chiffre peut encore augmenter, mais il est bien inférieur à ce que les premières statistiques suggéraient. Les chiffres qui circulaient en Europe au début de l'épidémie étaient pour le moins inquiétants. Une étude chinoise avait pour sa part montré que 97% des patients qui avaient été mis sous respirateur n'avaient pas survécu. Les chiffres britanniques ont quant à eux montré que la moitié des patie...

L'enquête menée par le quotidien flamand De Standaard montre que près d'un quart (23 %) des patients atteints de Covid-19 en soins intensifs n'a pas survécu. Ce chiffre peut encore augmenter, mais il est bien inférieur à ce que les premières statistiques suggéraient. Les chiffres qui circulaient en Europe au début de l'épidémie étaient pour le moins inquiétants. Une étude chinoise avait pour sa part montré que 97% des patients qui avaient été mis sous respirateur n'avaient pas survécu. Les chiffres britanniques ont quant à eux montré que la moitié des patients aux soins intensifs étaient décédés. La Belgique paie un lourd tribut, mais peut-être moins que ce que l'on aurait pu imaginer, pour les patients admis en soins intensifs en tout cas. "Nous avions estimé que seule la moitié des patients en soins intensifs survivraient", confie Hans Rigauts, directeur général de l'AZ Sint-Jan Brugge-Oostende au Standaard. L'hôpital s'était donc préparé en conséquence, mais finalement cela n'a pas été le cas. D'autres hôpitaux s'étaient également équipés, avaient acheté du matériel supplémentaire et investi massivement, craignant un scénario "à l'italienne". L'enquête du Standaard indique également que l'intubation n'est pas forcément la règle pour les patients qui se retrouvent en soins intensifs, même s'il y a de grandes différences entre les hôpitaux. Dans un hôpital, 75% des patients en soins intensifs sont intubés, dans un autre, seulement 25%. D'autres méthodes ont été privilégiées pour limiter au maximum la durée du séjour en soins intensifs. Un patient intubé y passe environ deux fois plus de temps et a moins de chances de survivre à la maladie. De tous les décès à l'hôpital, seul un sur trois a eu lieu aux soins intensifs. Les personnes les plus mal loties ne vont pas automatiquement aux soins intensifs. Si les chances de survie sont faibles, le traitement intensif n'est souvent pas entamé. Des décisions qui sont très difficiles à prendre, reconnaissent les médecins. "Il est beaucoup plus difficile d'arrêter une thérapie intensive que de ne pas la commencer", déclare Manu Malbrain, responsable de la médecine intensive à l'UZ Brussel, au Standaard. "Ces décisions éthiques difficiles pèsent lourdement sur le moral du personnel de santé. Aujourd'hui, le pic étant derrière nous, nous n'avons pas à faire ces choix pour l'instant. Mais vous ne savez que le pic a été atteint que s'il est déjà passé."La crise du coronavirus a néanmoins permis aux différents services hospitaliers d'avoir plus de coopération et de solidarité. "J'espère que cela continuera et que cela deviendra la nouvelle norme. Nous devrons vivre encore longtemps avec le virus. Nous devons à présent veiller à ce que les unités Covid-19 et non-Covid-19 ne se remplissent pas en même temps", conclut Mr Malbrain.