Des chercheurs de l'Université d'Anvers ont débuté mardi dernier une enquête en ligne à grande échelle - intitulée "étude Corona" - sur le comportement des Belges en cette période de confinement. Plus de 560.000 Belges ont répondu au premier volet de ce sondage. Le but est de savoir si les citoyens adaptent leur comportement aux mesures imposées par le gouvernement.

L'idée est née suite au premier Conseil de Sécurité National. "Nous avons remarqué que tout le monde ne suivait pas ces mesures, suite notamment aux "lockdown parties". Nous avons réalisé que nous ne pouvions pas attendre 14 jours - jusqu'à ce que les effets se fassent sentir - pour analyser leur application", explique dans De Standaard le professeur d'épidémiologie Pierre Van Damme (UAntwerp).

Les questions posées dans ce sondage en ligne étaient par exemple : "avez-vous serré la main à quelqu'un d'autre que l'un de vos colocataires pendant la semaine écoulée", ou "avez-vous donné la bise à une personne extérieure à votre famille ?".

Les réponses à ces questions sont des indicateurs importants de la mesure dans laquelle l'appel à la distanciation sociale a été suivi. Les premiers résultats montrent que les plus de 65 ans ont été les premiers à réagir. "Ils ont même commencé à s'isoler avant la première réunion du Conseil national de sécurité, explique Pierre Van Damme. Les 18 à 65 ans ont attendu plus longtemps, les mineurs n'ont vraiment commencé à se distancer socialement qu'après la fermeture des écoles et des restaurants le 13 mars", commente Van Damme dans le journal flamand.

Télétravail

L'enquête de ce mardi 24 mars comprenait également des questions sur d'éventuelles plaintes psychologiques. "Cela nous permet de surveiller le moment où les mesures commencent à peser lourdement", explique Pierre Van Damme.

Les premiers résultats ont également montré que plus des trois quarts des participants s'occupaient des enfants à la maison, mais que 3 % devaient quand même compter sur les grands-parents. Il est également apparu que de nombreux Belges se sont mis au télétravail. Environ 10 % des personnes qui ne travaillent pas à domicile ont déclaré que leur patron ne leur en donnait pas l'autorisation, alors que le travail à domicile était possible selon leur propre estimation. La comparaison des différentes enquêtes hebdomadaires montrera s'il y a une évolution dans ce domaine. Des questions seront posées chaque mardi aux citoyens.

"Sur la base de toutes les informations que nous fournissons le plus vite possible au Centre national de crise, le gouvernement peut ajuster au mieux sa politique. C'est peut-être l'un des éléments permettant de déterminer quand nous pouvons aller vers un assouplissement ou un resserrement supplémentaire des mesures", conclut l'épidémiologiste dans De Standaard.

Si le premier tour de l'enquête avait suscité la participation de près de 560.000 Belges, le porte-parole de l'université rapporte mercredi une baisse de la participation. En effet, 346.000 personnes ont répondu aux diverses questions lors du deuxième tour. Le porte-parole souligne néanmoins qu'une participation répétée permet de mieux suivre les évolutions des pratiques.

Comment le virus corona affecte-t-il la vie quotidienne ?

La VUB lance, elle aussi, une enquête sur les occupations des Belges pendant la crise. Le groupe de recherche TOR (Tempus omnia revelat) de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et la spin-off hbts lancent une étude qui devrait donner un aperçu des effets à court et à long terme des changements que provoque la crise dans nos vies.

Les mesures strictes prises par les différentes autorités européennes pour lutter contre la propagation du Covid-19 ont un impact direct sur la vie quotidienne des citoyens. Les chercheurs de la VUB aimeraient découvrir comment nous nous y adaptons, car la fermeture de l'école, des magasins, du fitness ou du café semble avoir complètement bouleversé notre routine.

"La vie quotidienne est totalement chamboulée. Désormais, les différentes sphères de vie telles que le travail et la famille coïncident. Nous voulons étudier les effets à court et à long terme de cette situation et nous invitons donc tout le monde à remplir l'enquête et à la partager avec ses amis via les réseaux sociaux et à échelle internationale", déclare le professeur de sociologie Ignace Glorieux.

Comment organisons-nous notre travail rémunéré et domestique? Comment gérons-nous les enfants qui sont à la maison toute la journée? Que faisons-nous pour nous détendre et faisons-nous encore la différence entre les jours de la semaine, le week-end, les jours de travail et les vacances? L'enquête devrait permettre de répondre à ces différentes questions.

Afin de toucher un public aussi large que possible, l'enquête est disponible en trois langues: néerlandais, français et anglais. Pour participer, rendez-vous sur www.viequotidienne.eu

Des chercheurs de l'Université d'Anvers ont débuté mardi dernier une enquête en ligne à grande échelle - intitulée "étude Corona" - sur le comportement des Belges en cette période de confinement. Plus de 560.000 Belges ont répondu au premier volet de ce sondage. Le but est de savoir si les citoyens adaptent leur comportement aux mesures imposées par le gouvernement. L'idée est née suite au premier Conseil de Sécurité National. "Nous avons remarqué que tout le monde ne suivait pas ces mesures, suite notamment aux "lockdown parties". Nous avons réalisé que nous ne pouvions pas attendre 14 jours - jusqu'à ce que les effets se fassent sentir - pour analyser leur application", explique dans De Standaard le professeur d'épidémiologie Pierre Van Damme (UAntwerp).Les questions posées dans ce sondage en ligne étaient par exemple : "avez-vous serré la main à quelqu'un d'autre que l'un de vos colocataires pendant la semaine écoulée", ou "avez-vous donné la bise à une personne extérieure à votre famille ?".Les réponses à ces questions sont des indicateurs importants de la mesure dans laquelle l'appel à la distanciation sociale a été suivi. Les premiers résultats montrent que les plus de 65 ans ont été les premiers à réagir. "Ils ont même commencé à s'isoler avant la première réunion du Conseil national de sécurité, explique Pierre Van Damme. Les 18 à 65 ans ont attendu plus longtemps, les mineurs n'ont vraiment commencé à se distancer socialement qu'après la fermeture des écoles et des restaurants le 13 mars", commente Van Damme dans le journal flamand.L'enquête de ce mardi 24 mars comprenait également des questions sur d'éventuelles plaintes psychologiques. "Cela nous permet de surveiller le moment où les mesures commencent à peser lourdement", explique Pierre Van Damme.Les premiers résultats ont également montré que plus des trois quarts des participants s'occupaient des enfants à la maison, mais que 3 % devaient quand même compter sur les grands-parents. Il est également apparu que de nombreux Belges se sont mis au télétravail. Environ 10 % des personnes qui ne travaillent pas à domicile ont déclaré que leur patron ne leur en donnait pas l'autorisation, alors que le travail à domicile était possible selon leur propre estimation. La comparaison des différentes enquêtes hebdomadaires montrera s'il y a une évolution dans ce domaine. Des questions seront posées chaque mardi aux citoyens."Sur la base de toutes les informations que nous fournissons le plus vite possible au Centre national de crise, le gouvernement peut ajuster au mieux sa politique. C'est peut-être l'un des éléments permettant de déterminer quand nous pouvons aller vers un assouplissement ou un resserrement supplémentaire des mesures", conclut l'épidémiologiste dans De Standaard. Si le premier tour de l'enquête avait suscité la participation de près de 560.000 Belges, le porte-parole de l'université rapporte mercredi une baisse de la participation. En effet, 346.000 personnes ont répondu aux diverses questions lors du deuxième tour. Le porte-parole souligne néanmoins qu'une participation répétée permet de mieux suivre les évolutions des pratiques.