L'épidémie de coronavirus continue de diminuer chaque jour en Belgique. Nous affichons toutefois un bilan très lourd pour notre petit pays de 11 millions d'habitants : la barre des 9000 décès a été franchie il y a quelques jours.

Autant de morts que pendant la guerre ?

Selon une étude de l'Université Libre de Bruxelles (VUB), la mortalité en Belgique en avril s'est rapprochée de façon inédite des niveaux enregistrés à l'époque de la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi en avril, la Belgique a déploré 14.790 décès au total, selon des chiffres encore provisoires. C'est nettement supérieur à un mois d'avril habituel où l'on reste normalement sous la barre des 9.000 en moyenne, indique l'étude de la VUB.

Les chercheurs ont calculé un taux de mortalité en avril 2020 seulement 4% inférieur à celui d'avril 1941, en pleine occupation de la Belgique par les nazis. "Avril 2020 a été le mois d'avril le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale, à la fois en chiffres absolus et rapportés au nombre d'habitants", est-il souligné dans l'étude.

Une surmortalité liée au Covid-19

La surmortalité saisonnière enregistrée en avril est généralement en deçà de celles de janvier, février et mars, les trois mois hivernaux synonymes de pics dans la pandémie de grippe.

Cette année, le nouveau coronavirus a donné lieu à "une situation exceptionnelle" qui s'est poursuivie en avril, a dit à l'AFP Patrick Deboosere, un des auteurs de l'étude.

La surmortalité saisonnière calculée depuis le 10 mars "peut probablement être entièrement attribuée au Covid-19", poursuivent les chercheurs en démographie de la VUB.

L'étude affirme aussi que la mortalité chez les jeunes (15-24 ans) a "fortement" baissé par rapport aux moyennes habituelles d'avril. Les mesures de confinement décrétées à la mi-mars ont fait reculer la mortalité routière.

Un calcul honnête

La Belgique affiche un des taux de mortalité les plus élevés (773 morts par millions d'habitants) des pays touchés par le coronavirus. Mais il s'agit aussi du décompte "le plus honnête", a souligné le porte-parole de la Cellule de crise, Yves Van Laethem. L'Organisation mondiale de la Santé la semaine recommande d'ailleurs aux autres pays d'appliquer la même méthode de comptage que la Belgique.

Outre les décès de personnes testées positives au virus, les autorités belges intègrent dans leurs chiffres ceux de malades non testés dont le décès est soupçonné d'être lié à la maladie. Un décompte large qui vaut aussi bien pour les décès à l'hôpital que pour ceux intervenus en maisons de retraite.

Depuis le 5 mai, "les décès des cas possibles en hôpital sont rapportés quotidiennement, conformément à la recommandation de l'OMS", précise Yves Van Laethem. Il s'agit des patients qui n'ont pas bénéficié d'un test pour le Covid-19, mais qui répondaient aux critères cliniques de la maladie.

Certains pays ne comptabilisent pas les décès qui ont eu lieu dans les maisons de repos ni ceux qui n'ont pas été certifiés par un test de laboratoire. Ce qui fait que ces pays affichent un taux de mortalité bien plus bas que la Belgique.

Des chiffres de surmortalités révélateurs

Mais les chiffres de la surmortalité pour 2020 (qui comparent le nombre de morts d'une année à l'autre sur une période donnée) se sont en train d'arriver et laisse présager des bilans bien plus lourds que ceux annoncés officiellement.

Les chiffres de la surmortalités rapportés par la Cellule de crise., Capture d'écran
Les chiffres de la surmortalités rapportés par la Cellule de crise. © Capture d'écran

Ainsi l'Espagne, qui annonce ce lundi un bilan de 27.650 morts, aurait un taux de mortalité bien moins élevé que celui de la Belgique (587.3 morts par millions d'habitants). Toutefois, si l'on observe les chiffres de la surmortalité dans le pays, on constate une augmentation de 78 % des décès entre la mi-mars et fin avril. Ce qui signifie, selon les calculs de The Independent, qu'il y aurait environ 30.000 décès en Espagne dus au Covid-19, plutôt que les 23.000 recensés à cette date.

Il en va de même pour la Grande-Bretagne, annonçant 36.000 morts le 1er mai. Si l'on en croit le taux de surmortalité, la barre des 50.000 morts aurait été dépassée à cette date, ce qui en fait le plus lourd bilan en Europe.

Quant à l'Italie, si l'on en croit son taux de surmortalité pour la période du 26 février au 31 mars, son bilan serait deux fois plus lourd. Soit 60.000 morts, au lieu des 31.000 annoncé jusqu'à ce jour.

Les Pays-Bas, qui se sont fait remarquer dans leur gestion de la crise très différente de la nôtre, annoncent 5.694 décès ce lundi. Mais si l'on se fie au taux de surmortalité dans le pays, le coronavirus aurait causé le double de décès dans le pays, soit plus de 11.000.

Dans ce classement lié à la surmortalité, la Belgique reste parmi les pays ayant le plus lourd taux de mortalité, mais se situe plus logiquement après les pays et régions les plus touchés par l'épidémie : la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Italie, la France, New York et les Pays-Bas.

L'épidémie de coronavirus continue de diminuer chaque jour en Belgique. Nous affichons toutefois un bilan très lourd pour notre petit pays de 11 millions d'habitants : la barre des 9000 décès a été franchie il y a quelques jours.Selon une étude de l'Université Libre de Bruxelles (VUB), la mortalité en Belgique en avril s'est rapprochée de façon inédite des niveaux enregistrés à l'époque de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi en avril, la Belgique a déploré 14.790 décès au total, selon des chiffres encore provisoires. C'est nettement supérieur à un mois d'avril habituel où l'on reste normalement sous la barre des 9.000 en moyenne, indique l'étude de la VUB.Les chercheurs ont calculé un taux de mortalité en avril 2020 seulement 4% inférieur à celui d'avril 1941, en pleine occupation de la Belgique par les nazis. "Avril 2020 a été le mois d'avril le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale, à la fois en chiffres absolus et rapportés au nombre d'habitants", est-il souligné dans l'étude.La surmortalité saisonnière enregistrée en avril est généralement en deçà de celles de janvier, février et mars, les trois mois hivernaux synonymes de pics dans la pandémie de grippe.Cette année, le nouveau coronavirus a donné lieu à "une situation exceptionnelle" qui s'est poursuivie en avril, a dit à l'AFP Patrick Deboosere, un des auteurs de l'étude.La surmortalité saisonnière calculée depuis le 10 mars "peut probablement être entièrement attribuée au Covid-19", poursuivent les chercheurs en démographie de la VUB.L'étude affirme aussi que la mortalité chez les jeunes (15-24 ans) a "fortement" baissé par rapport aux moyennes habituelles d'avril. Les mesures de confinement décrétées à la mi-mars ont fait reculer la mortalité routière.La Belgique affiche un des taux de mortalité les plus élevés (773 morts par millions d'habitants) des pays touchés par le coronavirus. Mais il s'agit aussi du décompte "le plus honnête", a souligné le porte-parole de la Cellule de crise, Yves Van Laethem. L'Organisation mondiale de la Santé la semaine recommande d'ailleurs aux autres pays d'appliquer la même méthode de comptage que la Belgique. Outre les décès de personnes testées positives au virus, les autorités belges intègrent dans leurs chiffres ceux de malades non testés dont le décès est soupçonné d'être lié à la maladie. Un décompte large qui vaut aussi bien pour les décès à l'hôpital que pour ceux intervenus en maisons de retraite.Depuis le 5 mai, "les décès des cas possibles en hôpital sont rapportés quotidiennement, conformément à la recommandation de l'OMS", précise Yves Van Laethem. Il s'agit des patients qui n'ont pas bénéficié d'un test pour le Covid-19, mais qui répondaient aux critères cliniques de la maladie.Certains pays ne comptabilisent pas les décès qui ont eu lieu dans les maisons de repos ni ceux qui n'ont pas été certifiés par un test de laboratoire. Ce qui fait que ces pays affichent un taux de mortalité bien plus bas que la Belgique. Mais les chiffres de la surmortalité pour 2020 (qui comparent le nombre de morts d'une année à l'autre sur une période donnée) se sont en train d'arriver et laisse présager des bilans bien plus lourds que ceux annoncés officiellement. Ainsi l'Espagne, qui annonce ce lundi un bilan de 27.650 morts, aurait un taux de mortalité bien moins élevé que celui de la Belgique (587.3 morts par millions d'habitants). Toutefois, si l'on observe les chiffres de la surmortalité dans le pays, on constate une augmentation de 78 % des décès entre la mi-mars et fin avril. Ce qui signifie, selon les calculs de The Independent, qu'il y aurait environ 30.000 décès en Espagne dus au Covid-19, plutôt que les 23.000 recensés à cette date. Il en va de même pour la Grande-Bretagne, annonçant 36.000 morts le 1er mai. Si l'on en croit le taux de surmortalité, la barre des 50.000 morts aurait été dépassée à cette date, ce qui en fait le plus lourd bilan en Europe. Quant à l'Italie, si l'on en croit son taux de surmortalité pour la période du 26 février au 31 mars, son bilan serait deux fois plus lourd. Soit 60.000 morts, au lieu des 31.000 annoncé jusqu'à ce jour. Les Pays-Bas, qui se sont fait remarquer dans leur gestion de la crise très différente de la nôtre, annoncent 5.694 décès ce lundi. Mais si l'on se fie au taux de surmortalité dans le pays, le coronavirus aurait causé le double de décès dans le pays, soit plus de 11.000. Dans ce classement lié à la surmortalité, la Belgique reste parmi les pays ayant le plus lourd taux de mortalité, mais se situe plus logiquement après les pays et régions les plus touchés par l'épidémie : la Grande-Bretagne, l'Espagne, l'Italie, la France, New York et les Pays-Bas.