Sur sa page Facebook, le chirurgien et urgentiste Emanuel Van Hoecke raconte ce qu'il a vécu la semaine dernière. Le récit est édifiant. Depuis la réouverture de l'horeca, l'hôpital de Knokke constate une recrudescence de patients alcoolisés désireux de rattraper au plus vite le temps "perdu" durant le confinement.
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Sur sa page Facebook, le chirurgien et urgentiste Emanuel Van Hoecke raconte ce qu'il a vécu la semaine dernière. Le récit est édifiant. Depuis la réouverture de l'horeca, l'hôpital de Knokke constate une recrudescence de patients alcoolisés désireux de rattraper au plus vite le temps "perdu" durant le confinement. Lâcher le porc en eux "Le pire, ce sont des adolescents venus à la côte la semaine avant leur proclamation. Ils avaient tellement d'alcool dans le sang qu'on pouvait mettre le feu à leur test sanguin", explique Van Hoecke au quotidien Het Laatste Nieuws. "L'un d'eux a menacé une infirmière et le groupe a compliqué la prise en charge de leur ami qui s'était saoulé et était dans le coma. Pendant que nous cherchions les coordonnées de ses parents dans son téléphone portable, ils bombardaient ce GSM de messages et de photos de leurs culs nus". Pour l'urgentiste, il semblait que leur visite à la côte n'avait qu'un seul but : lâcher le porc en eux. Quant aux parents, ils étaient soit invisibles, soit dans un état tout aussi misérable.Un autre jeune homme, blessé pendant une bagarre, lui a reproché de mal recoudre ses blessures. "Ils connaissent toujours un médecin bien meilleur que vous et font des commentaires tout le temps. Alors qu'on les soigne au milieu de la nuit", s'indigne le médecin.Et le problème ne se limite pas aux jeunes. Ainsi, certains patients plus âgés se plaignent que personne ne vienne leur proposer à boire après une demi-heure d'attente. Ils n'hésitent pas à porter plainte auprès du service de médiation de l'hôpital, une attitude "arrogante" que déplore Vanhoecke. Comme si tout cela ne suffisait pas, certains se moquent totalement des mesures mises en place pour endiguer l'épidémie de coronavirus. "Ils se promènent comme si tout était normal. Même à l'hôpital, certains d'entre eux créent des difficultés. Les ivrognes résistent, ils ne veulent pas porter de masque et se moquent de nous", raconte-t-il au Laatste Nieuws."Durant la crise du coronavirus, nous étions les grands héros et nous étions applaudis tous les jours. Aujourd'hui, ils nous insultent copieusement, parce que ça ne va pas assez vite à leur goût, parce qu'ils pensent qu'ils savent mieux que nous. Nous ne nous attendions pas à ça. Pour certains, le respect pour notre travail semble avoir tout à fait disparu", regrette l'urgentiste.