Actuellement, les personnes testées positives au coronavirus, ayant fréquenté une personne positive ou revenant d'une zone rouge sont priées de rester chez elles pour une durée de 14 jours. Les personnes asymptomatiques peuvent être libérées un peu plus tôt si elles arrivent à obtenir deux tests négatifs consécutifs.
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Actuellement, les personnes testées positives au coronavirus, ayant fréquenté une personne positive ou revenant d'une zone rouge sont priées de rester chez elles pour une durée de 14 jours. Les personnes asymptomatiques peuvent être libérées un peu plus tôt si elles arrivent à obtenir deux tests négatifs consécutifs. Quatorze jours, c'est beaucoup trop long, selon certains qui remettent en question une mesure trop sévère qui peut avoir des conséquences très lourdes pour certaines personnes dans l'impossibilité de faire du télétravail par exemple. Selon ses détracteurs, la mesure est difficilement applicable pour les personnes asymptomatiques et pas forcément justifiée sur le plan sanitaire. En France, l'idée de raccourcir cette période d'isolement fait son chemin. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a d'ailleurs commandé un rapport à ce sujet. On parle actuellement de passer à 5 ou 7 jours d'isolement pour les personnes positives. L'expert virologue français Antoine Flahault a plaidé dans ce sens : "Au-delà (de cinq jours), moins de 10 % des porteurs de virus non symptomatiques sont contagieux", a-t-il assuré dans un tweet.Chez nous, c'est le professeur Herman Goossens de l'université d'Anvers qui a lancé la réflexion sur un raccourcissement de la période de quarantaine. Selon lui, "en caricaturant un peu", on va rapidement se retrouver "avec la moitié du pays en quarantaine", a-t-il fait remarquer à De Morgen la semaine dernière.Ce lundi, le virologue Yves Van Laethem a également plaidé en faveur d'une quarantaine plus courte. "La quatorzaine demandée aux personnes atteintes du coronavirus pourrait être réduite de moitié", affirmait hier le porte-parole interfédéral pour la lutte contre le coronavirus. "Quatorze jours, c'est un idéal. Cela permet d'isoler avec certitude 95 à 99 % des gens qui normalement vont éliminer le virus tout seul durant ce délai. Mais cela semble difficilement tenable sur le long terme. En réduisant à 7, 8 ou 10 jours, on va peut-être perdre quelques cas, mais pas la majorité. Cela aura le mérite de rendre la mesure plus faisable. Je suis persuadé que ça va passer, car cette mesure est dans l'air du temps", s'est-il expliqué dans Le Soir. Côté politique, le ministre fédéral Philippe De Backer (Open Vld) a demandé mercredi aux experts du Risk Assesment Group, l'organe du SPF Santé publique chargée d'analyser le risque pour la population sur la base de données épidémiologique et scientifique, d'émettre un avis sur un éventuel raccourcissement de la quarantaine. Le ministre De Backer souhaite savoir s'il existe une base scientifique pour modifier la règle.La ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block, est quant à elle restée silencieuse sur ce sujet. Même si un changement du côté de la France pourrait avoir une influence sur la décision prise en Belgique, ça ne risque pas d'être aussi rapide chez nous. Une modification de la mesure pourrait éventuellement avoir lieu lors du prochain Conseil national de sécurité. La date de celui-ci n'est pas encore connue, mais est estimée autour du 22 septembre. Et puisque les décisions annoncées au CNS ne prennent en général corps que quelques jours plus tard, il ne faut pas espérer de changement concret sur cette règle avant début octobre.