Dans les secteurs où le travail à distance n'est pas possible et où les travailleurs doivent se rendre sur leur lieu de travail, un nouveau protocole entre en vigueur à partir du 22 mars. Des tests antigéniques seront rendus obligatoires dans le secteur public ainsi que privé. Le secteur public inclut les services de police, d'inspection, d'incendie, de douane, la poste, les centrales d'urgence 112. En ce qui concerne le privé, les médecins-inspecteurs d'hygiène cibleront les entreprises où les contrôles s'imposent.

"Le télétravail n'est pas un luxe. C'est une obligation si nous voulons inverser la tendance exponentielle potentielle du virus" a rappelé vendredi le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) à l'issue du comité de concertation. L'entreprise reste un lieu important de foyers de contamination, et cela inquiète le gouvernement. Selon les données du RAG (Risk Assessment Group), 40 % des clusters actifs en Belgique se constatent sur les lieux de travail.

Le protocole envisagé par la FEB

Aligné sur le cadre légal de l'arrêté royal du début janvier sur le testing, l'administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) entend "tout faire pour éviter une troisième vague". Kris De Meester, premier conseiller de la FEB explique les modalités envisagées pour élargir le champ des tests aux entreprises où l'incidence de contaminations est accrue. Des professions seront plus concernées que d'autres, notamment celles qui prévoient de contacts étroits ou celles contractant des travailleurs de l'étranger.

50 000 tests par semaine

Le nombre de tests antigéniques livrés par la médecine de travail. "Il faut rationaliser ces tests aux entreprises où il y a une forte contamination ".

La médecine du travail fournira des tests antigéniques rapides qui donnent un résultat en trente minutes. Celui-ci ne sera pas communiqué aux employeurs. Les personnes testées positives devront respecter la quarantaine. Avec ce protocole, il sera possible de réaliser un traçage des contacts à risque. Les tests négatifs ne remplaceront en aucun cas les gestes barrières à maintenir.

Sur le plan financier, les tests seront à charge de la médecine du travail. Ni l'employeur ni l'employé ne devront donc payer ou acheter leurs tests pour aller travailler.

Normalement, presque toutes les grandes entreprises ont des locaux à disposition pour le testing. Si l'entreprise est de petite taille, la médecine du travail s'occupera d'aménager des espaces dédiés. Celle-ci possède son propre cabinet pour le dépistage, notamment dans des autobus ou des camions aménagés.

Les modalités du dépistage dans les entreprises entreront en vigueur ce mardi à midi au plus tôt, suite à la réunion entre le cabinet du ministre de l'Économie et du Travail et les partenaires sociaux.

La FEB moins catégorique

Kris De Meester défendait pourtant un avis plus catégorique mercredi dernier à la veille de la réunion de la FEB avec le Premier Ministre pour discuter du protocole à mettre en place dans les entreprises. Il déclarait à Trends Tendances " ne pas être demandeurs de ces tests rapides en entreprises." "Pour nous, ils n'ont pas la place dans la stratégie detesting globale. Il faut d'abord se demander quels problèmes ils doivent résoudre à la base? Et ça, le gouvernement n'y a pas réfléchi. Je ne vois pas de lien entre lestests rapides et l'objectif de faire revenir des travailleurs sur leur lieu detravail. Le gouvernement a acheté des tests rapides et il veut les écouler.Cette idée est lancée sans stratégie claire derrière. Un test négatif ne dit rien surl'état d'un travailleur, ce n'est pas exclu qu'il soit quand même contaminé."

Lire aussi: Tests rapides en entreprises: "Cette idée est lancée sans stratégie claire"

En ce début de semaine, après en avoir discuté avec les autorités fédérales et à la suite des décisions du Codeco, le discours de la FEB a changé : "Nous avons discuté jeudi de la possibilité de ces tests rapides à mettre en place en entreprises, mais à petite échelle. Nous sommes quand même d'avis qu'ils sont utiles dans des secteurs très ciblés, où le télétravail est impossible et où l'on voit que les contaminations sont importantes", nous explique Kris De Meester.

Il ajoute que ces tests doivent rester volontaires. "Le résultat ne sera pas connu de l'employeur, sauf s'il est positif évidemment. " La FEB pense aussi à proposer des tests salivaires comme cela est déjà le cas dans d'autres pays. "Dans une équipe, on prend la salive de tous les employés, on y détecte si le virus y est présent ou pas. Ensuite, on passe aux tests rapides. Cela fait gagner du temps", avance-t-il.

Kris De Meester reste toutefois sur sa position quant aux sources de contaminations incriminées en entreprises. "Nous continuons à dire que nous voulons avoir des preuves scientifiques sur les sources réelles de contaminations. Il n'est toujours pas possible de le savoir pour les entreprises."

Caroline Lallemand, Trends Tendances

Des tests pour un retour en présentiel?

Le ministre de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), annonce de son côté de futurs protocoles. "Lors du précédent comité de concertation, la possibilité d'assouplir le télétravail a été abordée. Nous travaillons à la mise en place d'un mécanisme qui organisera le retour sur le lieu de travail une fois que la situation sanitaire le permettra", indique-t-il. En attendant, la politique de contrôle accru de l'obligation de télétravailler en vigueur depuis la mi-décembre sera maintenue, annonce le socialiste.

L'idée est donc de mettre ces tests rapides à la disposition des entreprises et des services publics, de veiller à ce qu'ils ne nécessitent pas trop de formalités administratives et d'enregistrement et à ce qu'ils puissent être effectués par des personnes ayant des qualifications différentes.

Quant au ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), il souhaite adapter au plus vite le cadre réglementaire pour que les travailleurs puissent acheter eux-mêmes les tests auprès des pharmaciens comme en France, une possibilité qui n'est pas encore autorisée sur notre territoire. "La société y gagnerait beaucoup", estime-t-il.

Valentina Jaimes, Le Vif

Dans les secteurs où le travail à distance n'est pas possible et où les travailleurs doivent se rendre sur leur lieu de travail, un nouveau protocole entre en vigueur à partir du 22 mars. Des tests antigéniques seront rendus obligatoires dans le secteur public ainsi que privé. Le secteur public inclut les services de police, d'inspection, d'incendie, de douane, la poste, les centrales d'urgence 112. En ce qui concerne le privé, les médecins-inspecteurs d'hygiène cibleront les entreprises où les contrôles s'imposent. "Le télétravail n'est pas un luxe. C'est une obligation si nous voulons inverser la tendance exponentielle potentielle du virus" a rappelé vendredi le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) à l'issue du comité de concertation. L'entreprise reste un lieu important de foyers de contamination, et cela inquiète le gouvernement. Selon les données du RAG (Risk Assessment Group), 40 % des clusters actifs en Belgique se constatent sur les lieux de travail.Le protocole envisagé par la FEBAligné sur le cadre légal de l'arrêté royal du début janvier sur le testing, l'administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) entend "tout faire pour éviter une troisième vague". Kris De Meester, premier conseiller de la FEB explique les modalités envisagées pour élargir le champ des tests aux entreprises où l'incidence de contaminations est accrue. Des professions seront plus concernées que d'autres, notamment celles qui prévoient de contacts étroits ou celles contractant des travailleurs de l'étranger.La médecine du travail fournira des tests antigéniques rapides qui donnent un résultat en trente minutes. Celui-ci ne sera pas communiqué aux employeurs. Les personnes testées positives devront respecter la quarantaine. Avec ce protocole, il sera possible de réaliser un traçage des contacts à risque. Les tests négatifs ne remplaceront en aucun cas les gestes barrières à maintenir.Sur le plan financier, les tests seront à charge de la médecine du travail. Ni l'employeur ni l'employé ne devront donc payer ou acheter leurs tests pour aller travailler.Normalement, presque toutes les grandes entreprises ont des locaux à disposition pour le testing. Si l'entreprise est de petite taille, la médecine du travail s'occupera d'aménager des espaces dédiés. Celle-ci possède son propre cabinet pour le dépistage, notamment dans des autobus ou des camions aménagés.Les modalités du dépistage dans les entreprises entreront en vigueur ce mardi à midi au plus tôt, suite à la réunion entre le cabinet du ministre de l'Économie et du Travail et les partenaires sociaux.Des tests pour un retour en présentiel?Le ministre de l'Économie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), annonce de son côté de futurs protocoles. "Lors du précédent comité de concertation, la possibilité d'assouplir le télétravail a été abordée. Nous travaillons à la mise en place d'un mécanisme qui organisera le retour sur le lieu de travail une fois que la situation sanitaire le permettra", indique-t-il. En attendant, la politique de contrôle accru de l'obligation de télétravailler en vigueur depuis la mi-décembre sera maintenue, annonce le socialiste.L'idée est donc de mettre ces tests rapides à la disposition des entreprises et des services publics, de veiller à ce qu'ils ne nécessitent pas trop de formalités administratives et d'enregistrement et à ce qu'ils puissent être effectués par des personnes ayant des qualifications différentes.Quant au ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), il souhaite adapter au plus vite le cadre réglementaire pour que les travailleurs puissent acheter eux-mêmes les tests auprès des pharmaciens comme en France, une possibilité qui n'est pas encore autorisée sur notre territoire. "La société y gagnerait beaucoup", estime-t-il.Valentina Jaimes, Le Vif