Entre le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, et le président libéral francophone, Georges-Louis Bouchez, il y a des ressemblances, troublantes. Qui expliquent une certaine manière de faire de la politique.
...

Entre le président des socialistes flamands, Conner Rousseau, et le président libéral francophone, Georges-Louis Bouchez, il y a des ressemblances, troublantes. Qui expliquent une certaine manière de faire de la politique.Ces similitudes sont, notoirement à la source des tensions entre rouges et bleus, qui minent par moments la Vivaldi fédérale ou, à tout le moins, qui provoquent des débats en son sein.Les deux hommes sont jeunes: Conner Rousseau l'est davantage, 28 ans, que Georges-Louis Bouchez, 35 ans. Tous deux ont adopté une communication "sans filtre", sur les réseaux sociaux et dans les médias.Conner Rousseau et Georges-Louis Bouchez ont en commun la volonté de réveiller l'idéologie de leur formation politique, en la vendant de façon décomplexée et en changeant éventuellement de nom: le SP.Aest devenu Vooruit et le MR pourrait être renommé, au terme d'un processus de refonte du programme en vue de 2024.Les deux hommes n'hésitent pas à se distinguer au sein de la coalition fédérale. quitte à ce que l'on parle d'une forme de "participopposition" en doutant par moments de leur loyauté. Evoquant les mesures d'assouplissements décidées la semaine passée lors du Comité de concertation, Conner Rousseau affirmait dimanche: "c'est trop laxiste et trop bâclé". Il reprenait, ce faisant, les doutes de son ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, en critiquant également les protocoles pour les camps de vacances et en regrettant que certains engagements chiffrés pour l'évaluation des mesures n'aient pas été couchés sur papier. Egbert Lachaert, président de l'Open VLD, avait réagi: "On ne peut pas avoir un pied dans le gouvernement et l'autre à l'extérieur"De façon assez comique, c'est exactement ce que les socialistes francophones affirment lorsque Georges-Louis Bouchez ou les siens, à de nombreuses reprises, ont critiqué les décisions du Comité de concertation, singulièrement lorsqu'il repoussait la réouverture des métiers de contact ou de l'Horeca..Les deux hommes portent haut et fort les combats de leurs couleurs: le social pour le socialiste flamand, l'économique pour le libéral. D'où des confrontation idéologique fortes, tant sur le plan sanitaire que dans le cadre des réformes socio-économiques à venir.Carl Devos, pilotologue de l'UGent, rappelait cette semaine dans l'émission TerZake sur la VRT que bien des conflits internes de la Vivaldi remontaient au moment de la formation. Faut-il rappeler alors que les discussions s'étaient tendues sur le plan personnel après que Georges-Louis Bouchez ait traité Conner Rousseau d'"écolier" parce qu'il venait aux réunions avec un sac à dos très scolaire? Une métaphore, bien sûr, d'autres divergences plus profondes sur le plan idéologique.Suite à ces tensions, les deux hommes s'étaient retrouvés autour d'un verre pour partir "à la recherche de solutions politiques", le 1er juillet 2020. Encore un beau moment de com' et de collégialité feinte.Tant Conner Rousseau que Georges-Louis Bouchez n'hésitent jamais à faire des propositions "disruptives", qui dépassent les barrières idéologiques ou qui choquent pour provoquer le débat. Ce fut le cas lorsque le socialiste flamand proposait, en février dernier d'interdire "certaines personnes d'avoir des enfants", en évoquant ceux qui ne pouvaient pas les assumer. Georges-Louis Bouchez, lui, secoue souvent les idées libérales reçues, notamment lorsqu'il vente les vertus de l'allocation universelles.Au niveau médiatique, ce sont les champions des sorties décalées ou carrément "people". Un doctorant français en sciences po vient ainsi de recenser les expressions étonnantes de Conner Rousseau: un message "hot" envoyé à une mannequin participant à une série télévisée ou une photo torse nu pour soutenir la Première Ministre finnoise, critiquée pour avoir posé en "Une" d'un journal sans soutien-gorge. Plus sérieusement: une autobiographie intitulée "T." du nom d'un adolescent qu'il a connu et qui est mort du cancer à 13 ans, parce que c'est celui qui lui aurait ouvert les yeux sur l'inégalité des chance.Georges-Louis Bouchez n'en rate jamais une, lui non plus, lorsqu'il reprend la tête du club de football des Francs Borains, qu'il pose plus souvent qu'à son tour en photo avec son chien, qu'il crée la télévision du MR ou qu'il participe, récemment, à des courses automobiles.L'un et l'autre communiquent sans limites et polarisent le paysage, à leur manière. L'un et l'autre séduisent ou agacent prodigieusement. En disant beaucoup sur ce que la politique, en partie, est devenue.