La surprise a déjà six ans, survenue au terme de l'inouï thriller politique autour du poste de bourgmestre. Walter Vansteenkiste, tête de la liste W.E.M.M.E.L., ceignait l'écharpe mayorale au nez et à la moustache du bourgmestre francophone sortant, Christian Andries, pourtant champion des voix de préférence et porté par 13 élus sur 25. Théoriquement. Car, dans les faits, son rêve sera brisé par les luttes et dissensions entre " indépendants " et " politiques " de sa liste francophone. Dont cinq élus rallieront les douze de la liste flamande (Open VLD, N-VA, Groen) pour ficeler une majorité confortable de 17 sur 25, laissant l'ex-mayeur Andries ruminer l'atomisation d...

La surprise a déjà six ans, survenue au terme de l'inouï thriller politique autour du poste de bourgmestre. Walter Vansteenkiste, tête de la liste W.E.M.M.E.L., ceignait l'écharpe mayorale au nez et à la moustache du bourgmestre francophone sortant, Christian Andries, pourtant champion des voix de préférence et porté par 13 élus sur 25. Théoriquement. Car, dans les faits, son rêve sera brisé par les luttes et dissensions entre " indépendants " et " politiques " de sa liste francophone. Dont cinq élus rallieront les douze de la liste flamande (Open VLD, N-VA, Groen) pour ficeler une majorité confortable de 17 sur 25, laissant l'ex-mayeur Andries ruminer l'atomisation de sa " si belle liste francophone " devant les Wemmelois (officieusement à 70 % francophones) éberlués. Au terme de cette législature, où en sont les figures du fumant coup de théâtre ? " Merci, ça va très bien, lance Walter Vansteenkiste. Je suis fier de mon bilan, du climat de travail de mon équipe composée d'une majorité de Flamands et de quelques francophones. Jamais de disputes, pas même communautaires. " Trop beau pour être vrai ? " Non, la réalité, valide le francophone Vincent Jonckheere, échevin des finances et de l'environnement. Même la composante N-VA joue pleinement le jeu. A chaque vote de budget, fût-ce pour l'école francophone où l'ajout de huit classes est en cours, leurs trois élus ont voté pour. Ce sont des Wemmelois pragmatiques et ils se sont engagés à ce qu'aucun débat communautaire ne soit ravivé pendant la campagne. " Le défi de ce collège " outsider " a surtout été relevé sur le terrain avec un travail reconnu par ses rivaux : la rénovation du quartier historique autour de l'église Sint-Servaas ; la modernisation du parc de recyclage ; l'aménagement de pistes cyclables, les mesures anti-inondations. Ou encore l'effort de prévention et de vigilance policière qui a fait chuter le nombre de cambriolages de 240 en 2012 à 88 en 2017. Cerise, financière, sur le gâteau : la dette communale aurait fondu de 25 à 15 millions en six ans. S'ils rempilent, Vansteenkiste et son équipe, déjà en ordre d'élections sous le nom LB Wemmel, projettent le réaménagement des parcs communaux, une nouvelle bibliothèque moderne pour " tous " les Wemmelois et un nouveau plan de mobilité. Qui dit mieux ? Les francophones pardi ! Enfourchant en priorité leur dada : le respect et l'application totale des facilités. Terrain sur lequel le collège actuel, c'est vrai, est loin de faire du zèle. " Les néerlandophones sont plus soutenus alors que s'intensifient les difficultés à obtenir les documents en français, droit pourtant reconfirmé par arrêt du Conseil d'Etat pour les quatre ans à venir ", grogne Pierre Moulin, nouveau chef de file de DéFI à Wemmel. Il sera de la nouvelle liste IC-GB (Intérêts communaux) regroupant tous les partis francophones pour le scrutin d'octobre 2018. Avec comme candidat bourgmestre le CDH Roger Mertens, et pour la direction du CPAS, l'ex-échevin Bernard Carpriau. Deux arroseurs arrosés de 2012. Tandis que Chris Andries, dindon de la même farce, ira aux urnes à la tête de Wemmel +, nouvelle liste 100 % indépendante. " Les francophones ont vraiment l'art de se diviser et de fragmenter leur électorat ", sourit le mayeur Vansteenkiste.Par Fernand Letist.