Historiquement bastion socialiste, Nivelles a basculé à droite en 2006 avec l'accession de Pierre Huart (MR) à la tête de la commune. Le chef de file de la Liste du bourgmestre briguera un troisième mandat en octobre, sans privilégier aucun partenaire, mais en soulignant que l'actuelle majorité formée avec Ensemble (CDH) et Ecolo " a très bien fonctionné ".
...

Historiquement bastion socialiste, Nivelles a basculé à droite en 2006 avec l'accession de Pierre Huart (MR) à la tête de la commune. Le chef de file de la Liste du bourgmestre briguera un troisième mandat en octobre, sans privilégier aucun partenaire, mais en soulignant que l'actuelle majorité formée avec Ensemble (CDH) et Ecolo " a très bien fonctionné ". " Nous avons pu finaliser la rénovation de la piscine, qui était un dossier lourd car très technique ", illustre Pierre Huart. " Nous avons aussi introduit plus de participation au sein de la commune, acheté un bâtiment pour l'académie de musique, réduit la dette de la ville, ou encore mis en place les différentes mesures du plan communal de mobilité. Le stand de tir de la police, dont le projet a été entamé avant les attentats, s'est révélé très utile et sert aussi pour les zones de police voisines. " Ecolo, qui participait à sa première majorité, est satisfait de la collaboration. " En dehors du chantier de la piscine, de gros efforts ont été réalisés pour l'accueil de la petite enfance ou encore pour l'attractivité de Nivelles via de la promotion et des événements ", énumère Pascal Rigot, troisième échevin et tête de liste des verts. " Au niveau de l'environnement, on peut se féliciter d'avoir rejoint l'agenda 21 et fait de Nivelles une commune sans pesticides. Un parc éolien citoyen a également été construit, et des rénovations énergétiques ont été apportées à l'hôtel de ville. " Mais tout n'est pas parfait. La principale critique d'Ecolo concerne le tourisme, qui a souffert de la suppression de son office dans la ville pour cause de réforme à l'échelle wallonne. " Je balaie devant ma porte en disant cela, car c'est moi qui étais en charge de cette compétence ", précise Pascal Rigot. Prendra-t-on les mêmes en octobre pour recommencer ? Même si Pierre Huart ne voit pas " pourquoi changer une équipe qui gagne ", la majorité actuelle entend laisser s'exprimer les électeurs, et la présence de six listes élargit le champ des possibles. Les trois protagonistes de l'actuelle majorité se représentent chacun avec de nouveaux adhérents et des candidats d'ouverture, ainsi qu'un nouveau leader pour Ensemble (CDH). Alors qu'on attendait l'actuel échevin Etienne Laurent, le groupe a créé la surprise en le reléguant à la troisième place pour positionner Bernard De Ro en tête de liste. Un novice qui symbolise l'ouverture et jouit d'une certaine notoriété pour avoir été directeur du shopping center de la ville. La liste des candidats aux élections nivelloises compte encore le groupe DéFI mené par Véronique Vandegoor et poussé par Marc Wilmet, lequel avait lancé une liste citoyenne qui n'a finalement pas réussi à se concrétiser. La Droite emmenée par Marc Pilatte fera son entrée dans l'arène, alors que le PS jouera à nouveau le rôle de principal challenger de la majorité en place. Après douze années dans l'opposition, les socialistes ont opté pour une stratégie différente avec une liste d'ouverture et un nouveau nom : PluS. Ils espèrent aussi effacer leurs deux derniers échecs aux communales en plaçant Maurice Dehu comme leader au lieu d'André Flahaut, qui poussera désormais la formation. " Cela s'est fait en parfaite entente ", tient à souligner la tête de liste, bien connue des Nivellois pour avoir déjà occupé le mayorat de 1995 à 2006. " J'ai passé le flambeau à André Flahaut il y a quelques années lorsque j'ai eu une baisse de régime mais, après deux échecs successifs de sa part, nous avons estimé plus judicieux de changer. On verra si malgré les années, les citoyens ne m'ont pas oublié ! " L'objectif affiché de PluS est bien de récupérer la gestion de la ville. " Nous avons actuellement onze sièges et nous en voudrions au minimum douze pour être vraiment incontournables ", confie Maurice Dehu. " Vu les forces en présence, ce sera très certainement Pierre Huart ou moi à la tête de la commune à l'issue des élections, puisque l'écharpe revient à celui qui a le plus de voix sur la liste la plus importante de la coalition. " Dans leurs programmes, les deux candidats bourgmestre partagent des objectifs communs pour Nivelles, comme la construction d'une nouvelle salle omnisport ou le développement du concept de smart city. Maurice Dehu reconnaît d'ailleurs avoir adhéré à certains projets de l'actuelle majorité, tout en étant évidemment critique à l'égard de plusieurs éléments de son bilan. " La rénovation de la Grand-Place était certes un beau projet, mais il a été réalisé dans la précipitation et avec des matériaux de mauvaise qualité ", regrette la tête de liste PluS. " Résultat : l'endroit est déjà très dégradé. La ville est en litige avec l'entrepreneur, mais on sait que ce genre de dossier va durer longtemps et coûter de l'argent. " Le socialiste dénonce aussi la " mort du commerce " dans le centre-ville et entend en faire l'un de ses chevaux de bataille avec la mobilité, l'accès au logement, la participation citoyenne ou encore la maîtrise du développement de la ville. " Nous prônons la création d'une régie communale qui disposerait de cellules commerciales qu'elle pourrait sous-louer aux magasins ", illustre Maurice Dehu. Fort de sa première expérience au sein de la majorité, Ecolo se déclare aussi plein d'idées et de motivation pour poursuivre le travail entamé. Concernant la problématique du commerce en centre-ville, Pascal Rigot souhaite des mesures proactives avec notamment " l'embauche d'un manager commercial qui se chargerait du démarchage et instaurerait un plan pour le développement du secteur dans le centre ". La mobilité est aussi au coeur des débats à Nivelles, tout comme l'aménagement du territoire face à la pression immobilière que subit la ville. Dans ce domaine, le bourgmestre Huart n'entend pas changer son optique, qui vise à reconditionner les chancres et sites industriels au lieu d'étendre la cité des Aclots. Il veut par contre mieux appréhender la pression démographique " en amplifiant les charges urbanistiques afin que les promoteurs équipent encore davantage leurs projets d'infrastructures comme des écoles, crèches, voitures partagées, etc. " Par Marie-Eve Rebts et Christophe Leroy.Plus aisée que la Wallonie, Nivelles doit faire face à deux défis majeurs. D'abord, le vieillissement plus rapide de sa population : depuis 2009, la part des 65 ans et plus a d'ailleurs dépassé la moyenne régionale. Ensuite, la mobilité, véritable enjeu électoral, vu la croissance importante du parc de véhicules ces dernières années. A l'inverse, les chiffres de l'accueil préscolaire confirment les progrès en la matière avancés par la majorité sortante.