La croissance et l'inflation modestes dans les principales économies mondiales incitent les banques centrales à soutenir la croissance en maintenant le loyer de l'argent le plus bas possible. En septembre dernier, le taux de dépôt de la Banque centrale européenne est passé à - 0,5 % (un plus bas historique), alors qu'il était déjà négatif depuis 2014. Ce taux frappe les liquidités excédentaires des banques de toute la zone euro. Celles-ci n'ont donc aucun intérêt à solliciter une épargne dont elles ne savent que faire.
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La croissance et l'inflation modestes dans les principales économies mondiales incitent les banques centrales à soutenir la croissance en maintenant le loyer de l'argent le plus bas possible. En septembre dernier, le taux de dépôt de la Banque centrale européenne est passé à - 0,5 % (un plus bas historique), alors qu'il était déjà négatif depuis 2014. Ce taux frappe les liquidités excédentaires des banques de toute la zone euro. Celles-ci n'ont donc aucun intérêt à solliciter une épargne dont elles ne savent que faire. Or, cette épargne est elle-même excédentaire dans le contexte d'incertitude économique et politique que traversent nos pays depuis un bon moment, souligne Eric Dor, directeur des études économiques à l'Ieseg School of Management. Fin novembre dernier, les ménages belges avaient placé 278,8 milliards sur les comptes d'épargne réglementés. Au total, ils détiennent 437 milliards en cash ou en dépôts selon la BNB. Cela représente 31,5 % de leur patrimoine financier, une part qui n'était encore que de 23,5 % il y a vingt ans. L'épargne est donc abondante et les banques ne doivent nullement se faire concurrence pour l'attirer. Au contraire, elle est plutôt non désirée, de plus en plus de banques européennes n'hésitant plus à appliquer des taux négatifs pour les dépôts importants. Un débat qui commence à poindre en Belgique, comme on le lira page 38. En attendant, avec un taux de 0,11 % sur l'épargne réglementée et une inflation qui oscille entre 2 (en 2018) et 1,4 % (en 2019), les économies des Belges perdent chaque jour un peu de pouvoir d'achat. Pour éviter de voir la valeur de leur patrimoine ainsi grignotée par l'inflation, " les épargnants devraient se tourner davantage vers des alternatives plus rentables à long terme ", estime David Schmidt, directeur de la succursale belge de Banque de Luxembourg. La plus évidente, c'est la Bourse, qui a affiché de belles performances en 2019. Mais investir en actions, cela reste risqué. D'autant que la crainte d'un nouveau retournement de tendance est bien réelle dans les milieux financiers. " Le préalable est de bien connaître le profil d'investisseur de l'épargnant. Quels sont ses objectifs d'investissement, sa situation financière, ses connaissances et son expérience, sa sensibilité à la volatilité, son aversion à la perte, ses besoins de liquidités, etc. Il n'est nullement question de dire que tout le monde devrait aveuglément investir en actions, mais dans le contexte actuel, les investisseurs qui disposent du profil de risque adéquat ne peuvent raisonnablement passer à côté ", poursuit notre interlocuteur. Les autres pourront toujours opter pour le crowdfunding et crowdlending, les obligations de pays émergents, les placements durables et investissements socialement responsables, les fonds alternatifs... Autant d'options qui peuvent vous permettre de chercher un peu de rendement ou de sens sans exagérer votre exposition aux Bourses... Ni laisser dormir votre patrimoine sous un matelas.