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Si du côté de l'aéroport de Liège, on préfère rester prudent sur l'impact d'un tel partenariat, à l'Awex, on ne cache pas son enthousiasme. Pour Michel Kempeneers, directeur opérationnel, le potentiel de développement est énorme : " Sans être devin, on peut estimer que dans les cinq ans, le tonnage de Liege Airport devrait connaître une croissance de 150 % : cela devrait signifier 900 emplois directs et 3 000 indirects. " Une arrivée providentielle qui doit autant au hasard qu'aux atouts de la région. Si les Chinois ont été séduits par les infrastructures de l'aéroport de Liège et les nombreuses possibilités de connections multimodales par train et par bateau qu'offre la principauté, la venue d'Alibaba est aussi le résultat de plusieurs facteurs extérieurs. Le repli commercial des Etats-Unis sous l'administration Trump, le projet de nouvelle route de la soie voulue par Xi Jinping ou encore l'arrivée à maturité économique de toute une génération d'entreprises chinoises à la recherche de nouveaux débouchés ont placé l'Europe au centre des priorités commerciales de la Chine. En mobilisant judicieusement son jumelage politique avec la province du Henan, désignée par les autorités chinoises comme hub logistique pour l'ensemble du pays, la Wallonie a pu bénéficier d'un effet de notoriété et le transformer en une opportunité économique. Un travail de longue haleine qui trouve son apogée dans la multiplication des annonces d'investisseurs chinois de leur volonté de s'établir dans la région. Comme le confie Michel Kempeneers, " on peut dire qu'en 2018, les cinq étoiles du drapeau chinois se sont alignées pour la Wallonie ". Et de conclure tout sourire : " Même s'il convient de rester prudent, c'est une opportunité pour Liège de pouvoir définitivement tourner la page de la sidérurgie. " De là à envisager l'ouverture de nouvelles lignes vers la Chine, il n'y a qu'un pas... que l'aéroport de Liège ne franchit pas encore : " Tout se discute avec les compagnies. " Par Kathleen Wuyard et Clément Jadot.