L'or retrouve un peu de son éclat

Les banques centrales mondiales ont acheté 652 tonnes d'or en 2018, un record depuis la décision de Richard Nixon de mettre fin à la convertibilité du dollar en or en 1971. Cela ne s'est toutefois pas traduit par une hausse de cours, la demande étant restée légèrement inférieure à l'offre globale. Lorsque l'on se penche sur les données historiques du World Gold Council, on constate que le facteur déterminant pour le prix de l'or est davantage l'intérêt des investisseurs. Leur demande importante et volatile avait atteint un pic de 1 695 tonnes en 2011 quand l'or a atteint un record de 1 921 dollars. L'in...

Les banques centrales mondiales ont acheté 652 tonnes d'or en 2018, un record depuis la décision de Richard Nixon de mettre fin à la convertibilité du dollar en or en 1971. Cela ne s'est toutefois pas traduit par une hausse de cours, la demande étant restée légèrement inférieure à l'offre globale. Lorsque l'on se penche sur les données historiques du World Gold Council, on constate que le facteur déterminant pour le prix de l'or est davantage l'intérêt des investisseurs. Leur demande importante et volatile avait atteint un pic de 1 695 tonnes en 2011 quand l'or a atteint un record de 1 921 dollars. L'intérêt des investisseurs avait ensuite fondu jusqu'aux tensions sur les marchés de la fin de l'année 2018. Certains stratégistes, notamment de BNP Paribas Fortis ou Morgan Stanley, recommandent l'achat d'or à titre de diversification à concurrence de 3 % à 5 % de son portefeuille. Vous pouvez, pour ce faire, opter pour un ETF sur l'or physique, c'est-à-dire un fonds détenant de l'or en coffre, comme le Gold Bullion Securities de WisdomTree coté en euros sur Euronext. Ou directement en achetant de l'or physique, le recycleur belge Umicore vendant notamment tablettes et lingots avec certificat en ligne sur son site umicoregoldshop.be. " Le vin, l'art ou les antiquités présentent l'avantage d'être des actifs décorrélés de l'évolution des marchés ", souligne Etienne de Callataÿ, économiste en chef d'Orcadia Asset Management. " Mais ils sont soumis à des effets de mode difficilement maîtrisables et contrôlables ". Il ne faut également pas perdre de vue les frais de sécurité, d'assurances et de conservation associés à ce genre de placements. Que vous les supportiez directement vous-même ou indirectement par le biais d'un fonds de placement. Enfin, ces placements sont illiquides, comme l'ont démontré les déboires du fonds Nobles Crus. Ce fonds d'investissement dans le vin fut le plus important du monde avant d'être gelé, ne pouvant faire face aux demandes de retrait des capitaux en 2013. Ces huit dernières années ont d'ailleurs été plutôt difficiles pour les investissements dans le vin. L'indice de référence des grands crus LivEx 100 affiche toujours une baisse de 15 % par rapport au sommet de 2011. Le secteur de l'art n'est également pas immunisé contre les crises comme l'a montré la disparition de 38 fonds sur 50 investissant dans l'art entre 2007 et 2010, selon la plateforme de vente d'art en ligne Artsy. Depuis le pic de 2017, la valeur du Bitcoin et de l'ensemble des cryptomonnaies a fondu de plus de 80 %. Cette technologie n'a pourtant jamais été prise aussi au sérieux. Selon la Banque des Règlements internationaux, 70 % des banques centrales étudient ces monnaies numériques, encouragées notamment par la directrice du FMI, Christine Lagarde. Mais ces monnaies numériques officielles feraient évidemment concurrence aux cryptomonnaies décentralisées. Face à une telle menace et en l'absence d'une référence de valeur, difficile de considérer les cryptomonnaies comme un réel placement. Jusqu'à nouvel ordre.