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Visuellement, elle a l'allure d'un long et gros manche souple à tête arrondie. Sa particularité: elle vibre. Ses concepteurs en parlent d'ailleurs comme d'un "vibromasseur du ciel". Comment fonctionne-t-elle? Sa forme en bâton absorbe les petits tourbillons générés par le vent (vortex) et les concentre dans sa base. Là, deux anneaux magnétiques circulent dans des trajectoires opposées, selon le principe de l'induction électromagnétique. L'ensemble devrait pouvoir fonctionner avec des vents de trois à douze mètres par seconde. Certes, ces éoliennes vibrantes produisent beaucoup moins d'électricité que les grands mâts dotés de pales. Leurs détracteurs soulignent qu'il en faudrait des champs de plusieurs dizaines de milliers pour disposer de la même puissance qu'une éolienne terrestre moderne de 2 à 3 MW. Mais elles coûtent deux fois moins cher et, surtout, sont bien moins volumineuses et moins hautes. Une éolienne classique requiert un espace égal à cinq fois son diamètre pour fonctionner, là où un "manche" n'a besoin que de la moitié de sa hauteur. Par conséquent, on peut en installer davantage pour un coût équivalent et en placer sur des surfaces assez réduites comme le toit d'un immeuble, d'une maison ou sur un bateau de taille moyenne à grande. Le coût d'entretien est divisé par deux, selon les créateurs, regroupés au sein de la start-up espagnole Vortex Bladeless. Leur technologie est si simple qu'elle ne requiert presque pas d'interventions techniques: ces éoliennes sont donc de parfaites candidates pour des lieux difficilement accessibles.Contrairement aux éoliennes à pales, dont le mouvement puissant fait dévier de leur trajectoire oiseaux, chauves-souris et insectes qui viennent régulièrement les percuter, l'éolienne vibrante, elle, a un mouvement plus doux qui évoque l'oscillation d'un arbre dans le vent: les oiseaux et autres animaux volants peuvent les éviter. Une aubaine aussi pour les chauves-souris: dans cet environnement, elles seraient bien moins perturbées que dans un champ d'éoliennes traditionnelles. Rappelons que ces animaux se déplacent par écholocalisation: ils émettent des ultrasons dont ils recueillent l'écho pour se déplacer. Si, malgré tout, un volatile venait à foncer dans l'engin, le PVC souple de ce dernier éviterait les accidents les plus graves. Il ne reste plus qu'à déployer ces éoliennes plus respectueuses de l'environnement: la première a été posée en France juste avant l'été. Pas encore en Belgique.