Cela tangue sérieusement entre les membres du Comité de concertation et, plus précisément, au sein de la majorité fédérale. Les libéraux francophones sont fous furieux des décisions qui ont été prises, singulièrement de la refermeture des commerces non-essentiels (sauf sur rendez-vous) et des métiers de contact. Parce que, estiment-ils, ce n'était pas la raison principale de la hausse des contaminations et qu'il avait été convenu de ne pas revenir en arrière.
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Cela tangue sérieusement entre les membres du Comité de concertation et, plus précisément, au sein de la majorité fédérale. Les libéraux francophones sont fous furieux des décisions qui ont été prises, singulièrement de la refermeture des commerces non-essentiels (sauf sur rendez-vous) et des métiers de contact. Parce que, estiment-ils, ce n'était pas la raison principale de la hausse des contaminations et qu'il avait été convenu de ne pas revenir en arrière.Georges-Louis Bouchez, président du MR", évoquait un "triple échec", à peine la conférence de presse du Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD) terminée. L'ancien ministre Denis Ducarme (MR), député fédéral et ancien adversaire de Bouchez à la présidence du parti, va plus loin: "Ma confiance en ce Comité de concertation est ébranlée", lance-t-il au Vif. En exprimant sa crainte de voir l'adhésion aux mesures sabotée.Le député fédéral précise que les trois représentants du MR au sein du Comité de concertation - la vice-Première Sophie Wilmès, le ministre-président francophone Pierre-Yves Jeholet et le ministre fédéral David Clarinval - ont exprimé des réserves sur le paquet de mesures qui a été adopté. Parmi les membres de la majorité, on s'indigne. Un membre de haut niveau présent au Comité dément: "Il n'y a eu aucune intervention de Wilmès et de Jeholet sur le paquet de mesures ce matin. Et pour rappel, les libéraux (flamands et francophones) sont les plus nombreux au sein du Comité." Cela signifierait donc que David Clarinval, ministre des PME et des Indépendants, a bien relayé le courroux libéral.Les écologistes s'irritent eux aussi de cette "participopposition" du MR. "Ces décisions ont été prises collectivement et les flinguer a posteriori quand on y a participé n'est ni responsable ni à la hauteur des enjeux", dit Gilles Vanden Burre, chef de file Ecolo à la Chambre."Aux collègues, enfin à certains collègues et à la déferlante de leurs commentaires post-codeco: n'oubliez pas que le silence a sa propre éloquence, n'en ayez pas peur", ironiqe Zakia Khattabi, ministre fédérale.En retour, les libéraux rappellent que les écologistes ont eux aussi critiqué des mesures après coup. Et que Frank Vandenbroucke lui-même s'était irrité après la non-fermeture des écoles et ne s'était pas privé de la dire, le week-end dernier. Mot d'ordre: "on devrait assumer l'échec au niveau collectif".Dans l'opposition, on observe cette joute avec incrédulité. "Cher Denis, après avoir tenté d'opposer les écoles aux métiers de contact, va-t-on vraiment opposer les Belges qui travaillent et les autres?, demande François De Smet, président de DéfI. Est-ce le moment? Rappelons en outre qu'aucun parti n'est mieux représenté au Codeco que le MR."Le cavalier seul du MR au sein de la majorité fédérale est habituel depuis l'avènement de la Vivaldi. Les décisions de ce Comité de concertation l'ébranlent davantage que de coutume. Et les sorties irritent en retour les partenaires davantage, aussi. Ces frictions pourraient-elles déraper davantage? A moins que ce ne soit, en réalité, que des gesticulations internes aux libéraux?Question subsidiaire: jusqu'où ce petit jeu pourra-t-il aller?