1. Le crowdlending pour soutenir les entreprises belges

Ce qu'on appelle le financement participatif rassemble des approches très diversifiées. Il y a tout d'abord le crowdfunding, où vous cofinancez le lancement d'une entreprise via un don, en échange d'une contrepartie (achat anticipé du produit avec une réduction, par exemple) ou d'un investissement en capital (en échange d'actions). On ne peut véritablement parler de placement que dans ce dernier cas. Investir dans les titres d'une société qui débute n'est toutefois pas sans risque.
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Ce qu'on appelle le financement participatif rassemble des approches très diversifiées. Il y a tout d'abord le crowdfunding, où vous cofinancez le lancement d'une entreprise via un don, en échange d'une contrepartie (achat anticipé du produit avec une réduction, par exemple) ou d'un investissement en capital (en échange d'actions). On ne peut véritablement parler de placement que dans ce dernier cas. Investir dans les titres d'une société qui débute n'est toutefois pas sans risque. Mais il existe une autre option. " La forme de financement participatif la plus courante en Belgique est le crowdlending ", affirme Frédéric Lévy Morelle, fondateur et CEO de Look&Fin. " Il s'agit de prêts participatifs qui s'adressent tant aux entreprises qu'aux particuliers, qui peuvent par exemple emprunter un montant auprès du grand public (" crowd ", foule en français) pour financer un prêt à la consommation. Nous sommes spécialisés dans les prêts participatifs aux entreprises. " Ce type de société fait appel à l'épargne du public et propose différentes formules de prêts aux investisseurs. " Le prêt immobilier, par exemple, est destiné aux promoteurs, détaille Frédéric Lévy Morelle. Notre offre est alors complémentaire aux crédits bancaires. Schématiquement, le promoteur finance l'achat du terrain et la construction de l'immeuble à 80 % par des crédits bancaires. Nous finançons 10 % du projet, ce qui permet au promoteur de réduire de moitié ses apports de fonds propres. Et le prêt est remboursé aux investisseurs avec la vente du projet. " Il s'agit bien ici d'une alternative relativement sûre à l'épargne. " Le capital investi est assuré à 100 % par un des principaux assureurs crédits européens et le rendement tourne autour de 2 % à 3 % l'an ", précise notre interlocuteur. Deuxième possibilité : " Nous octroyons des crédits d'un montant jusqu'à 300 000 euros aux TPE (très petites entreprises) en nous positionnant davantage comme une alternative à la banque. Nous proposons actuellement un taux de 2 % pour des prêts de 2 à 5 ans, ce qui est comparable à l'offre bancaire. La différence est que notre offre est plus réactive et moins contraignante. L'entrepreneur complète sa demande en ligne et reçoit une réponse en 48 heures contre six semaines pour une banque. " Enfin, Look&Fin propose aux PME des prêts d'un montant de 300 000 à 5 millions d'euros avec une offre complémentaire aux banques. " Nous fournissons de la dette junior qui se trouve globalement entre le crédit bancaire et les actionnaires en matière d'exigibilité et de risques. Les taux de ce type de prêts sont bien plus élevés, autour de 5 à 10 % l'an. Les banques n'acceptent pourtant généralement pas de financer cette dette junior nécessaire pour permettre aux entreprises de se développer. " Pour les investisseurs, le rendement de ces deux produits de placement (prêts aux TPE et aux PME) peut donc atteindre jusqu'à 5 à 10 % par an, mais le capital investi n'est pas couvert par une assurance. Cela nécessite donc de diversifier ses positions. La fiscalité du participatifGlobalement, les intérêts et dividendes que vous percevez dans le cadre du financement participatif sont soumis au précompte mobilier libératoire de 30 %. Il existe cependant certains incitants fiscaux pour le financement des jeunes entreprises. Si vous octroyez un prêt à une start-up de moins de 4 ans, vos intérêts sont exonérés de précompte mobilier jusqu'à concurrence de 15 630 euros prêtés. Pour les investissements en actions, vous bénéficiez d'une réduction d'impôts de 25 % (scale-up de 5 ans à 10 ans), 30 % (start-up de moins de 4 ans) ou 45 % (TPE de moins de 4 ans) du montant investi avec un plafond de 100 000 euros par an. Pour en bénéficier, vous pouvez passer par un fonds starter ou une plateforme agréée comme Spreds, spécialiste du crowdfunding. " Nous sommes à l'aube d'une transformation fondamentale de la finance ", déclarait récemment Larry Fink, le PDG de BlackRock, premier gestionnaire mondial d'actifs avec quelque 7 400 milliards de dollars, en annonçant son intention de placer désormais le changement climatique au coeur de sa stratégie d'investissement. En point de mire : les investissements socialement responsables (ISR), qui prospèrent. Selon le dernier rapport de Mira (Milieurapport Vlaanderen) et du Forum Ethibel, la part des investissements durables a doublé entre 2015 et 2018 en Belgique pour atteindre 15 % du marché des fonds, soit 28 milliards d'euros. Trois raisons peuvent expliquer cet engouement. Primo, les investisseurs sont de plus en plus sensibles à l'impact de leurs investissements. Deuxio, les risques environnementaux sont devenus importants pour les entreprises (amendes, pérennité de leur activité...). Tertio, les rendements des placements durables ont au moins fait jeu égal avec des investissements classiques ces dernières années - voire mieux. La suspicion du greenwashing demeure toutefois bien ancrée. Afin de rassurer les épargnants, Febelfin, la fédération du secteur financier en Belgique, a mis en place un label tenant compte de critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance. Il exclut par exemple les activités qui nuisent à l'environnement ou à la société comme le charbon, le tabac et les armes. Les entreprises qui ne respectent pas le Pacte mondial des Nations unies, notamment en matière de droits humains, de travail des enfants ou de corruption, sont aussi exclues. La norme encourage enfin les gestionnaires de fonds à conscientiser davantage les entreprises. Le respect des critères est contrôlé annuellement par un organisme indépendant. Pour Febelfin, cela permet " d'identifier immédiatement un investissement durable ", 311 fonds ayant été labellisés l'année dernière et d'autres étant appelés à suivre (liste sur www.towardssustainability.be/fr). Ce label ne fait cependant pas l'unanimité. Pour Antonio Gambini, chargé de recherche sur la justice fiscale au Centre national de coopération au développement (CNCD-11.11.11), il s'agit carrément de " poudre aux yeux ". Il pointe notamment la non-exclusion de l'extraction pétrolière et certaines tolérances comme le seuil de 10 % des revenus produits par l'armement ou le tabac. Des critiques que l'on entend à propos de la plupart des certifications ISR nationales, alors que le label de Febelfin se classe parmi les bons élèves au niveau international. Autrement dit, si vous souhaitez investir 100 % durable, vous devrez vous tourner vers des placements thématiques, comme par exemple un fonds investi dans les énergies renouvelables. avec l'inconvénient d'une faible diversification risquée en Bourse. Une autre solution consiste à baser vos investissements sur des normes plus strictes comme les labels du Forum Ethibel ou la notation de l'ONG Financité. N'empêche : les nombreux fonds ISR aujourd'hui proposés par les banques sur le marché belge et disposant du label Febelfin sont plus verts et éthiques que leurs concurrents. Certaines banques comme BNP Paribas Fortis, leader de ce marché porteur, les mettent d'ailleurs systématiquement en avant. Face à la chute des taux de référence, les investisseurs sont partis en quête d'obligations plus risquées afin de dégager un rendement. Traditionnellement, ils se tournent vers les obligations d'entreprises, moins sûres que les titres souverains. Les rendements ont toutefois chuté alors que les risques ont tendance à augmenter avec l'accroissement de l'endettement des entreprises, surtout aux Etats-Unis. Les obligations des pays émergents sont ainsi de plus en plus plébiscitées. Selon la Banque mondiale, ceux-ci vont voir leur croissance s'accélérer de 3,5 % en 2019 à 4,1 % en 2020 et 4,3 % en 2021. L'apaisement des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis contribue à cette relance. Tout comme l'évolution de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) au cours de l'année 2019. Elle a permis aux banques centrales des pays émergents, liées à la Fed par le dollar, d'également abaisser leurs taux afin de soutenir l'économie. " Nous surpondérons la dette émergente en privilégiant les obligations souveraines en monnaies locales " signale ainsi Pictet Wealth Management. Selon le gestionnaire suisse, elles affichent un rendement de taux de l'ordre de 5,2 % par an et les perspectives des devises émergentes restent favorables. Candriam plébiscite également les obligations d'entreprises des marchés émergents, essentiellement en devises fortes (dollar, euro...). Elles offrent en moyenne un rendement supérieur à des titres comparables d'entreprises américaines ou européennes alors que le taux de défaut (entreprises qui ne remboursent pas) est historiquement moindre sur les marchés émergents qu'aux Etats-Unis. Dans un contexte de marchés hésitants, la gestion alternative peut apparaître séduisante. Son objectif consiste en effet à déconnecter ses investissements de l'influence des tendances boursières. Le spécialiste de l'analyse de fonds Morningstar distingue ainsi deux types distincts de gestion alternative. Le premier comprend " des actifs tels que l'immobilier physique, les matières premières, les participations dans des entreprises non cotées ou encore des investissements plus atypiques comme l'art ou le vin ". Ce genre d'investissements nécessite toutefois une importante mise de départ et n'est pas immunisé de l'influence des taux ou des crises boursières. Le second " regroupe des façons non conventionnelles d'investir sur des instruments classiques, actions ou obligations ". C'est ce qu'on appelle les fonds de performance absolue dont l'objectif est de dégager un rendement en toutes circonstances. Une des façons de faire est d'utiliser des positions longues et courtes (long/short en anglais), c'est-à-dire à la hausse et à la baisse. Certains gestionnaires visent même une position neutre par rapport au marché. Le rendement dépend donc des choix de titres, s'ils visent juste quand ils pensent que l'action A (position à la hausse) va faire mieux que la B (position à la baisse). Une deuxième stratégie consiste à investir dans des produits dérivés en fonction des tendances sur les marchés. Ces fonds sont généralement gérés par ordinateurs. Si la stratégie repose sur l'analyse fondamentale (croissance, politique monétaire, inflation...), il est question de fonds Global Macro. Si elle s'appuie sur l'analyse technique (évolution des prix), on parle de fonds Managed Futures. L'arbitrage consiste à profiter des incohérences de marchés, comme un léger écart de cours pour une même action cotée sur deux Bourses différentes. Les gains unitaires sont traditionnellement très limités, le rendement dépendant alors du volume. Dans le cadre d'une stratégie événementielle (Event Driven ou Special Situation), le gérant se positionne en fonction des fusions et acquisitions, des restructurations, etc. Enfin, on retrouve les fonds multistratégie combinant plusieurs types de gestion alternative. Malgré cet arsenal de stratégies, les fonds de performance absolue ont régulièrement déçu. En moyenne, ils n'ont pas su éviter les pertes les années de grande volatilité comme en 2008, 2011 et 2015, et ont signé des progressions inférieures aux marchés les bonnes années. Ces moyennes cachent toutefois des réalités bien différentes. Mais le risque, lui, reste bien présent. Le Private Equity ou actions de sociétés non cotées permet aux entreprises en développement de financer leur croissance. " Ce type de placement a le vent en poupe auprès des investisseurs ", selon David Schmidt, directeur de la succursale belge de la Banque de Luxembourg. Ces sociétés présentent souvent un potentiel de croissance élevé qui va de pair avec un risque tout aussi élevé. Dès lors, ce type d'investissement ne s'adressera qu'aux investisseurs avertis. " Les profits engrangés par les investisseurs de la première heure dans Google ou Facebook ne doivent pas faire oublier les nombreux échecs comme la récente déconfiture de WeWork. En outre, un " investissement en Private Equity est illiquide ", prévient David Schmidt. " Dans tous les cas, mieux vaut investir par le biais d'un fonds diversifié. Généralement, le délai de détention tourne alors autour d'une dizaine d'années. Mais attention aux frais élevés, d'autant plus que les performances sont très hétérogènes. A la Banque de Luxembourg, ce type d'investissement, réservé à des personnes disposant d'un patrimoine important et pour une petite partie seulement de leurs investissements, doit rencontrer des critères très stricts. " En Belgique, la pricaf est un véhicule d'investissement spécifiquement destiné aux actions non cotées. Dans un premier temps, les pricafs devaient obligatoirement être elles-mêmes cotées en Bourse, un concept qui n'a pas séduit. Seule la petite société d'investissement Quest for Growth est une pricaf cotée sur Euronext Bruxelles. La création de la pricaf privée, c'est-à-dire non cotée, a rencontré davantage de succès. Les banques les réservent toutefois aux clients disposant d'un patrimoine important et acceptant les risques, l'investissement minimal étant légalement fixé à 25 000 euros par souscription. L'autre solution est de s'intéresser aux holdings cotées investissant dans le Private Equity comme la GIMV, Brederode, Sofina sur Eurnext Bruxelles ou Eurazeo à Paris. Là, on trouve des produits plus accessibles au grand public.