Une véritable bonne prise: les douanes belges ont mis la main sur dix endroits de production de cigarettes contrefaites (atelier de production, hangar de stockage) à travers toute la Belgique. Cela représente, en la matière, la plus grande saisie de l'histoire des douanes : 40 personnes ont été arrêtées, des millions de cigarettes et des dizaines de tonnes de tabac saisis.

L'ampleur de la production de cigarettes en Belgique est difficile à évaluer. "On n'a que les chiffres des saisies qu'on fait, on ne peut pas estimer le reste", explique la porte-parole du SPF Finances, dont dépendent les douanes, Florence Angelici. Mais il est certain que le phénomène est en augmentation. En 2020, les douanes ont saisi 200 millions de cigarettes de contrefaçon, 200 millions de cheap whites (cigarettes produites légalement dans un pays tiers, mais qui n'ont pas d'autorisation de vente en Belgique ou en Europe) et sept millions de cigarettes de marque. Des chiffres qui ont plus que doublé par rapport aux années précédentes.

La Belgique est-elle particulièrement prisée par les contrefaiteurs? Pour Florence Angelici, la réponse est non. En 2020, 18 sites ont été démantelés en Belgique, contre plus de 300 dans toute l'Europe. Mais en Belgique comme en Europe, le phénomène augmente indéniablement. Le nombre de sites démantelés, en Belgique, a doublé de 2018 à 2019, et est encore en augmentation depuis.

Un phénomène qui va de pair avec l'augmentation des taxes

En France, au Royaume-Uni, dans les pays scandinaves, les taxes et accises sur les cigarettes sont très élevées, et les paquets coûtent donc chers. Le recours à des cigarettes de contrefaçon y est particulièrement répandu, selon Florence Angelici. "Au Royaume-Uni, il est le plus important. Les cigarettes contrefaites se retrouvent souvent dans des night-shops." Les cigarettes saisies mercredi matin étaient d'ailleurs destinées à la vente au Royaume-Uni, et imitaient le packaging des marques britanniques.

En Belgique, la circulation de cigarettes contrefaites est moins répandue. Une étude du producteur de cigarettes Philip Morris, réalisée par KPMG, indique qu'environ 6% des cigarettes consommées en Belgique, soit un peu plus que 500 millions, sont des cigarettes illégales (contrefaites ou de importées illégalement). En France, elles représentent près d'un quart de la consommation. 37% de ces cigarettes sont contrefaites, et cette part est en nette augmentation par rapport à 2019.

La production de cigarettes de contrefaçon est très lucrative. Sur un paquet de cigarettes, 80 à 85% du prix vont aux taxes et accises. Pour des cigarettes illégales, zéro. La production est à prix faible : la main d'oeuvre, comme la matière première, est illégale et bon marché. Ici, les personnes arrêtées venainent pour la plupart d'Ukraine, et travaillaient au noir. En plus, ces producteurs ne regardent pas à la qualité du produit ; ces cigarettes sont donc (encore) plus nocives pour la santé.

Comment établir un réseau si bien rôdé, sous le nez des autorités? En voyant les images de la RTBF, l'on peut apercevoir des grandes machines et des systèmes professionnels. "C'est livré de Chine, par Alibaba, pour quelques centaines de milliers d'euros", analyse Florence Angelici. Enuite, il suffit de savoir les installer et les calibrer.

Ne pas confondre contrebande et contrefaçon

Les cigarettes de contrefaçon sont produites de manière illégale, avec des matières qui ne sont pas vérifiées, et ensuite mises dans des emballages qui copient ceux des marques. Les cigarettes de contrebande sont des cigarettes achetées légalement dans un autre pays, où elles sont évidemment moins chères, et importées et revendues illégalement en Belgique.

"Il n'est bien sûr pas illégal d'acheter vos cigarettes à l'étranger, tant que c'est pour votre consommation personnelle", nuance Florence Angelici. La limite théorique est de 800 cigarettes, intra-Europe. "Mais si les douanes voient que vous en avez un peu plus, mais toutes de la même marque, on va se dire que c'est pour votre consommation personnelle. On sait que les grands fumeurs sont fidèles à leur marque", ajoute la porte-parole. Si par contre le coffre de la voiture est rempli de marques différentes, les agents vont vite avoir des doutes.

Une véritable bonne prise: les douanes belges ont mis la main sur dix endroits de production de cigarettes contrefaites (atelier de production, hangar de stockage) à travers toute la Belgique. Cela représente, en la matière, la plus grande saisie de l'histoire des douanes : 40 personnes ont été arrêtées, des millions de cigarettes et des dizaines de tonnes de tabac saisis.L'ampleur de la production de cigarettes en Belgique est difficile à évaluer. "On n'a que les chiffres des saisies qu'on fait, on ne peut pas estimer le reste", explique la porte-parole du SPF Finances, dont dépendent les douanes, Florence Angelici. Mais il est certain que le phénomène est en augmentation. En 2020, les douanes ont saisi 200 millions de cigarettes de contrefaçon, 200 millions de cheap whites (cigarettes produites légalement dans un pays tiers, mais qui n'ont pas d'autorisation de vente en Belgique ou en Europe) et sept millions de cigarettes de marque. Des chiffres qui ont plus que doublé par rapport aux années précédentes. La Belgique est-elle particulièrement prisée par les contrefaiteurs? Pour Florence Angelici, la réponse est non. En 2020, 18 sites ont été démantelés en Belgique, contre plus de 300 dans toute l'Europe. Mais en Belgique comme en Europe, le phénomène augmente indéniablement. Le nombre de sites démantelés, en Belgique, a doublé de 2018 à 2019, et est encore en augmentation depuis.Un phénomène qui va de pair avec l'augmentation des taxesEn France, au Royaume-Uni, dans les pays scandinaves, les taxes et accises sur les cigarettes sont très élevées, et les paquets coûtent donc chers. Le recours à des cigarettes de contrefaçon y est particulièrement répandu, selon Florence Angelici. "Au Royaume-Uni, il est le plus important. Les cigarettes contrefaites se retrouvent souvent dans des night-shops." Les cigarettes saisies mercredi matin étaient d'ailleurs destinées à la vente au Royaume-Uni, et imitaient le packaging des marques britanniques.En Belgique, la circulation de cigarettes contrefaites est moins répandue. Une étude du producteur de cigarettes Philip Morris, réalisée par KPMG, indique qu'environ 6% des cigarettes consommées en Belgique, soit un peu plus que 500 millions, sont des cigarettes illégales (contrefaites ou de importées illégalement). En France, elles représentent près d'un quart de la consommation. 37% de ces cigarettes sont contrefaites, et cette part est en nette augmentation par rapport à 2019.La production de cigarettes de contrefaçon est très lucrative. Sur un paquet de cigarettes, 80 à 85% du prix vont aux taxes et accises. Pour des cigarettes illégales, zéro. La production est à prix faible : la main d'oeuvre, comme la matière première, est illégale et bon marché. Ici, les personnes arrêtées venainent pour la plupart d'Ukraine, et travaillaient au noir. En plus, ces producteurs ne regardent pas à la qualité du produit ; ces cigarettes sont donc (encore) plus nocives pour la santé.Comment établir un réseau si bien rôdé, sous le nez des autorités? En voyant les images de la RTBF, l'on peut apercevoir des grandes machines et des systèmes professionnels. "C'est livré de Chine, par Alibaba, pour quelques centaines de milliers d'euros", analyse Florence Angelici. Enuite, il suffit de savoir les installer et les calibrer.