Yves Moreau a expliqué aux jurés que la preuve est libre en droit pénal. Autrement dit, les parties au procès peuvent utiliser n'importe quel élément du dossier pour estimer qu'il s'agit d'une preuve, tant que ces éléments ont été obtenus licitement et loyalement.

"A ce propos, je peux déjà vous assurer qu'il n'y a pas eu la moindre tricherie dans cette affaire. Personne n'a traficoté quoi que ce soit, personne n'a rajouté ou retiré des lunettes sur quelque image que ce soit", a-t-il dit, faisant référence au fait que la défense de Mehdi Nemmouche a accusé des enquêteurs d'avoir fait disparaître, sur les portraits tirés des images de vidéo-surveillance du Musée juif, les lunettes de soleil que portait l'auteur des faits.

"Nous avons nous-mêmes écrit que l'analyse de l'ensemble des images permet de penser que l'auteur portait des lunettes de soleil! C'est profondément stupide ce qu'on essaie de nous dire de l'autre côté de la barre! ", s'est exclamé le procureur.

"Ce qui me heurte le plus dans la défense de Mehdi Nemmouche, c'est que la fin justifie les moyens. Pour essayer de faire croire que cet homme est innocent, elle n'hésite pas à piétiner l'honneur des gens, des juges, des enquêteurs... En les traitant de manipulateurs et d'affabulateurs. C'est choquant et scandaleux", a-t-il dit.

"Utilisez vos outils, à savoir votre bon sens, votre esprit critique, votre rigueur intellectuelle" pour "décoder les silences et attitudes de Mehdi Nemmouche, son 'DAS' (droit au silence, NDLR), ses rires, son humour pendant les interrogatoires... Utilisez vos outils et dites-nous ce que vous voyez", a adressé le magistrat aux jurés.