"Je l'appelle à faire preuve de plus de nuance dans sa communication", a fait savoir le chef du gouvernement.

Dans une série d'échange de tweets au picrate mardi, M. Francken (N-VA) a invité l'organisation humanitaire à quitter la mer Méditerranée, l'accusant de contribuer à la traite des êtres humains, d'encourager l'immigration illégale et d'y causer "indirectement plus de morts".

Des commentaires qui n'ont pas échappé au Premier ministre. "J'appelle Theo Francken à respecter le travail humanitaire. Je déplore sans réserve la confusion qui est créée entre trafic d'être humains et les ONG", a-t-il insisté.

Sur le fond du dossier, M. Michel (MR) estime que tout doit être fait pour "lutter contre l'immigration illégale et le trafic d'être humains".

Le Premier ministre invite dans la foulée son secrétaire d'Etat à rencontrer MSF "aussi vite que possible pour avoir un dialogue constructif". L'ONG avait elle-même formulé cette demande plus tôt dans la journée.

Dans un communiqué mardi soir, le secrétaire d'Etat se dit prêt à mener cette rencontre afin de clarifier son point de vue. "En tant que fils de médecin, j'ai beaucoup de respect pour MSF et le travail humanitaire qu'ils réalisent. Je ne combats donc pas l'engagement de MSF, mais bien le modèle de 'route libyenne' tel qu'il existe aujourd'hui", défend-il. "Un modèle qui stimule indirectement l'immigration illégale et le trafic d'êtres humains. Mon point de vue à cet égard n'est pas nouveau. J'évoque cette problématique depuis deux ans déjà auprès de mes collègues européens. Le directeur de Frontex Fabrice Leggeri critique aussi ce modèle".

Pour le secrétaire d'Etat, la pratique actuelle est "paradoxale": "On sauve des gens à proximité des côtes libyennes et on les amène en Italie. Cela crée indirectement un énorme appel d'air et pousse donc encore plus de gens à monter dans ces bateaux de fortune vu qu'ils ont ainsi une grande chance de décrocher un ticket vers l'Europe. Cela stimule le trafic d'être humains, ce qui entraîne indirectement plus de noyades".

Ce modèle pratiqué aujourd'hui par l'Europe, poursuit-il, n'est pas approprié car il ne vient pas en aide aux plus vulnérables. "Les personnes à bord de ces embarcations ne sont pour la plupart nullement vulnérables, ce ne sont pas de véritables réfugiés qui fuient la guerre, mais de jeunes hommes, des migrants économiques qui n'ont aucune chance de reconnaissance et qui devront en conséquence être renvoyés. Ce modèle crée un chaos de l'asile et cela doit cesser", conclut le secrétaire d'Etat qui plaide plutôt pour un plan "anti-noyades" pour toute la Mer Méditerranée.