Ce qui, pour la majorité d'entre eux, ne les dispense pas d'aller bosser et en fait un jour somme toute très ordinaire à moins qu'il ne tombe un week-end. Ce samedi 11 juillet, la Flandre " jouera " donc à célébrer une fête nationale qui n'en est pas vraiment une, selon l'expression du politologue de la KULeuven Bart Maddens. Pour qu'il en soit autrement, il faudrait faire entrer la date anniversaire de la bataille des Eperons d'or de 1302 dans le cercle très fermé des dix jours fériés légalement reconnus avec, peut-être, le secret espoir d'y déloger l'unique fête nationale, le 21...

Ce qui, pour la majorité d'entre eux, ne les dispense pas d'aller bosser et en fait un jour somme toute très ordinaire à moins qu'il ne tombe un week-end. Ce samedi 11 juillet, la Flandre " jouera " donc à célébrer une fête nationale qui n'en est pas vraiment une, selon l'expression du politologue de la KULeuven Bart Maddens. Pour qu'il en soit autrement, il faudrait faire entrer la date anniversaire de la bataille des Eperons d'or de 1302 dans le cercle très fermé des dix jours fériés légalement reconnus avec, peut-être, le secret espoir d'y déloger l'unique fête nationale, le 21 juillet. Mais pour décrocher le Graal et pouvoir se prendre un peu plus encore pour un Etat en devenir, il faudrait convaincre le pouvoir fédéral et donc passer sur le corps des francophones. Qui est partant ? Le magazine du mouvement flamand Grondvest a sondé les sept présidents de partis néerlandophones sur la perspective de faire de la fête des Flamands un jour férié payé par l'employeur du privé. Entre le " faut voir mais pourquoi pas ? " et le " faut le faire, évidemment ", aucune porte ne s'est catégoriquement fermée. Tom Van Grieken (Vlaams Belang) est bien sûr acquis à la formule, Joachim Coens (CD&V) pense plus subtilement que " le 11 juillet ne sera vraiment la fête de tous les Flamands que lorsque tout le monde sera vraiment libre ce jour-là ". Meyrem Almaci, au nom de Groen, n'y voit aucune objection et aucune incompatibilité avec le maintien de la fête nationale du 21 juillet, Conner Rousseau (SP.A) embraie mais doute que les Flamands en fassent une priorité. Et si Peter Mertens (PVDA) a snobé l'exercice, Egbert Lachaert (Open VLD), échangerait bien le lundi de Pentecôte contre le 11 juillet tandis que Bart De Wever (N-VA), également par souci de ne pas charger la barque des jours fériés, considère qu'" une nation mérite sa propre fête officielle et que celle-ci doit en remplacer une autre ". Rien ne presse, les dirigeants politiques n'ont pas la tête à ça. La Flandre a bien d'autres chats à fouetter. Et de lourdes blessures à panser, comme celles que vient de révéler le rapport accablant consacré par les services de l'ombudsman flamand à ce que fut le quotidien des maisons de repos sous l'empire du coronavirus : un enfer. Raison de plus pour pousser femmes et hommes de Flandre à se changer les idées en reprenant possession de leur rue durant cet été et en particulier lors de ce week-end de pseudo-fête nationale : " Sortez vos chaises pour un apéro entre voisins, écrivez un beau grand poème sur le sol, fermez temporairement la rue pour en faire un espace de jeu ", recommandent les organisateurs d'une campagne " rues d'été ". Il y a même un chèque-fête de 180 euros à décrocher pour tout organisateur d'activités. Aux esprits chagrins qui ont déploré cette dépense publique taxée d'inutile, le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a eu la formule cocooneuse : " Cet été, la Flandre est notre bulle. "