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La réponse du fondateur du festival et du bourgmestre empêché de Dour est parvenue, le 22 mai dernier, dans la boîte du parlementaire réformateur. Comme les années précédentes et comme prévu, Dour, sa commune, son festival, et ici surtout ses asbl se trouvent en bonne place dans ces quatre-vingt-huit pages de tableaux budgétaires. C'est une fois de plus vers le 100, rue des Canadiens que convergent les flux namuro-dourois. On se rappelle que c'est là que siègent, outre la société anonyme du festival de Dour, dont Carlo Di Antonio est le fondateur et actionnaire, et dont les bénéfices sont plantureux (1 046 012 euros à l'exercice 2016), outre l'asbl Go Go Go, signataire avec la Fédération Wallonie-Bruxelles d'un contrat-programme augmenté à 110 000 euros annuels par la ministre Alda Greoli ( voir Le Vif/L'Express du 1er décembre 2017), outre l'asbl Bien-être animal fondée par des membres du cabinet de Carlo Di Antonio pour organiser un salon animalier sur le territoire de Dour, et subsidée par le ministre à hauteur de 40 000 euros ( voir Le Vif/L'Express du 6 octobre 2017), toute une galaxie de sociétés, commerciales ou non, dont Carlo Di Antonio est le fondateur, le propriétaire ou l'instigateur : la Sogevest, les Galeries, l'Entraide, Dour Locations, les Aulnes, etc. ( voir Le Vif/L'Express du 26 mai 2017). Les bâtiments du 100 rue des Canadiens abritent également deux asbl directement intéressées par le millésime 2017 des libéralités du cabinet du ministre Di Antonio.La première, Action et recherche culturelles Borinage-Hauts Pays (en abrégé ARC), est une association d'éducation permanente liée au CDH de l'arrondissement. Il en a été administrateur jusqu'à 2011, et elle reste dirigée par des proches. Elle a émargé en 2017 à trois subsides attribués à l'initiative du ministre wallon de l'Environnement, pour un total de 22 300 euros. Le premier, au budget de la sécurité routière, comptait 11 000 euros pour mener l'opération Bike to school, qui vise à encourager les écoliers à emprunter plus souvent leur bicyclette. Le deuxième, de 2 000 euros, sur le budget du développement durable, a servi à aider à l'organisation d'un marché " saveurs et terroir ", auparavant tenu dans des hangars de la rue des Canadiens, mais qui, depuis l'an dernier, a déménagé vers le site récréatif du Belvédère, rénové en plusieurs années grâce à des financements wallon et européen. Le troisième, de 9 306 euros, affecté lui aussi au développement durable au titre d'aide à la transition écologique, soutient un projet d'ecodesign.La seconde, Dour développement durable (en abrégé 3D) a été constituée en 2014 pour " sensibiliser les publics au développement durable ", disent ses statuts. Elle concentre ses activités autour du festival, et a été utilisée pour recevoir trois subsides du ministre wallon en 2017, pour un total de 49 000 euros. D'abord 24 000 euros du budget de la gestion des déchets, dans le cadre de l'initiative festival Wallonie demain, lancée par Carlo Di Antonio pour " sensibiliser les publics au développement durable " dans les festivals de musique organisés sur le territoire wallon. Ensuite, et toujours dans le cadre de festival Wallonie demain, et toujours pour 24 000 euros, mais cette fois au budget du développement durable, pour mener " des initiatives en développement durable ", lit-on dans le tableau envoyé par Carlo Di Antonio à Jean-Paul Wahl. Enfin, 1 000 euros ont été déboursés, toujours au développement durable, pour fabriquer des cendriers mobiles écologiques distribués aux festivaliers. La politique, c'est aussi parfois la rencontre d'un homme et de subsides wallons.