Le professeur de philosophie et de citoyenneté qui avait été écarté de l'école de Molenbeek Aux sources du gai savoir, le 26 octobre dernier, a été réintégré dans l'enseignement communal. Le motif de sa mise à pied: avoir montré à des élèves de sa classe de 5e la caricature de Mahomet par Coco, dessinatrice à Charlie Hebdo, dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression réclamé par les enfants après l'assas...

Le professeur de philosophie et de citoyenneté qui avait été écarté de l'école de Molenbeek Aux sources du gai savoir, le 26 octobre dernier, a été réintégré dans l'enseignement communal. Le motif de sa mise à pied: avoir montré à des élèves de sa classe de 5e la caricature de Mahomet par Coco, dessinatrice à Charlie Hebdo, dans le cadre d'un cours sur la liberté d'expression réclamé par les enfants après l'assassinat de Samuel Paty. La procédure suivie par la commune de Molenbeek pour l'écarter au motif d'"obscénité" entachée d'irrégularités. C'est ce qu'a plaidé l'avocat de l'enseignant, Me Bourtembourg, devant le Conseil d'État. Comme le Vif l'avait annoncé, A.D. a été reçu hier par le Collège. Il pourra reprendre ses fonctions avec un accompagnement de la cellule pédagogique de la commune et les équipes mobiles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Le pouvoir organisateur qu'est la commune n'a pas fait de raccourci sur la question de la liberté d'expression, a insisté Catherine Moureaux, bourgmestre de Molenbeek (PS). Ce qu'on a critiqué, c'est la méthode pédagogique utilisée face à des enfants de 5e primaire, le fait de les confronter à des images - ici une caricature - à caractère obscène. C'est cela qui, pour nous, était au coeur de l'audition et du dossier. L'ensemble de cette procédure a permis, d'après nous, de mettre en exergue la protection et l'intérêt supérieur de l'enfant."La communication molenbeekoise affirme que l'enseignant "a reconnu une erreur" lors de son audition. "Il est contraire à la réalité d'affirmer que le professeur écarté de ses fonctions aurait reconnu une erreur, conteste son avocat. Il est faux de prétendre que le recours au Conseil d'Etat contre les "écartements immédiats" ne se fonderait que sur des vices de forme. Il est, notamment, soutenu qu''en aucun cas les faits reprochés ne pouvaient conduire à un écartement. Le collège des bourgmestre et échevins a dû baisser pavillon. Qu'il refuse de le reconnaître, soit. L'important est qu'il ait dû capituler. L'inquiétant est qu'il refuse de reconnaître l'évidence."