C'est un rapport qui fait mal aux yeux. Le dernier état des lieux sur le coût du vieillissement de la population en Belgique laisse songeur.
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C'est un rapport qui fait mal aux yeux. Le dernier état des lieux sur le coût du vieillissement de la population en Belgique laisse songeur.Ces dernières années, le coût des pensions n'a cessé d'augmenter, à une vitesse qui dépasse les prévisions, souligne la Commission chargée d'évaluer le coût des pensions. Certaines décisions politiques n'y sont pas étrangères, notamment le relèvement de la pension minimum et la volonté de rehausser la pension des indépendants au niveau de celle des salariés. Autant d'options tout à fait défendables."Ces choix, nous les assumons car il ont un impact positif sur les citoyens et réduisent le risque de précarité pour nos aînés", soulignait hier encore Karine Lalieux (PS), ministre des Pensions, en relayant une autre étude du Bureau du plan démontrant l'impact positif de ces mesures.Mais dans le même temps, le débat initié par la relèvement de la pension à 67 ans, une des décisions les plus controversées de la majorité suédoise de Charles Michel, n'a pas donné lieu à des évolutions significatives en terme de taux d'emploi des plus de 55 ans. D'ici 2050, souligne le rapport de la commission chargée de monitorer le coût du vieillissement, un tiers de la richesse produite servira à payer le coût des pensions, contre un quart aujourd'hui. En chiffres absolus, pointe le Standaard, cela représente 26 milliards d'euros. La commission estime que le montant plus élevé que l'année passée à raison de 0,9%.Pour y faire face, souligne la commission, le taux d'emploi devrait se situer aux alentours des 80%. Nous étions, au premier trimestre 2021, à 69,9% pour les 20-64 ans.Un autre facteur important joue un rôle, forcément: la croissance économique. Pour maintenir la hausse à un niveau 'soutenable', elle devrait être au moins de 1,4% entre 2020 et 2070, selon les précisions. Si ce n'est pas le cas, la question serait encore davantage préoccupante.Et ce n'est pas tout: la dette publique devrait s'élever à quelque 123% du PIB en 2026, alors qu'un budget sain est une des clés pour faire face à cette montagne annoncée. La crise du Covid est pasée par là.Alors? Pour la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), citée par L'Avenir, "le moment est là pour investir. Investir dans la formation, la recherche, le développement... afin de donner un coup de fouet à l'économie, faire de la "Bidenomics" à la belge." C'est l'un des enjeux du plan de relance belge.La politique du président américain est souvent citée en exemple dans les pays européens. La crise sanitaire a démontré que nos pays pouvaient sortir des clous budgétaires, pour autant que les investissements soient bénéfiques pour l'avenir: transition écologique, numérique etc.Il est, bien sûr, toujours possible de faire des crises des opportunités. En ajoutant à ce choc des pensions celui des effets du changement climatique, on ne peut toutefois s'empêcher de frémir.Or, politiquement, la Vivaldi n'est certes pas revenue sur cette décision controversée de la pension à 67 ans - alors que le PS l'avait promis durant la campagne -, mais elle ne semble pas en position de faire des réformes fortes sur les fins de carrière ou le rehaussement du taux d'emploi. Or, c'est cela l'enjeu majeur.Reste à miser sur la relance et croiser des doigts pour éviter d'autres incidents sanitaires.