Ursula Von der Leyen, présidente de la Commission européenne. © AFP

« C’est l’heure de l’Europe »: Von der Leyen appelle les Européens à soutenir le plan de relance

Le Vif

La Commission européenne propose un plan d’envergure, appelé « Next Generation EU », pour faire face à la crise économique provoquée par le coronavirus. L’Espagne et l’Italie sont les grands bénéficiaires, pas la Belgique.

La Commission européenne propose un fonds de relance de 750 milliards d’euros afin de faire face à la crise économique dans l’UE provoquée par la pandémie de coronavirus, a annoncé sur Twitter le commissaire aux Affaires économiques Paolo Gentiloni. Sur cette somme, 500 milliards seraient redistribués sous forme de subventions – un montant préconisé dans le projet franco-allemand présenté la semaine passée – et le reste en prêts aux Etats membres.

https://twitter.com/PaoloGentiloni/status/1265582344188067845Paolo Gentilonihttps://twitter.com/PaoloGentiloni

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Le plan de relance repose sur un projet révisé du budget à long terme de l’UE, auquel est adossé un nouveau fonds de relance qui serait alimenté par des emprunts à grande échelle de la Commission au nom de l’UE, d’une ampleur sans précédent. La création de ce fonds, ajouté aux autres instruments de relance, est « un tournant européen pour faire face à une crise sans précédent », a commenté le commissaire italien.

« Ceci est le moment de l’Europe », conclut la note de la Commission. « Notre volonté d’agir doit être à la hauteur des défis auxquels nous faisons face. Les efforts nationaux à eux-mêmes ne seront pas suffisant – l’Europe est dans une position unique d’investir dans un rétablissement collectif et un meilleur futur pour les prochaines générations. (…) Nous allons accélérer la transition écologique et la transition digitale et faire en sorte que l’humain soit au coeur de ce rétablissement. »

https://twitter.com/EU_Commission/status/1265609950702821377European Commission 🇪🇺 #UnitedAgainstCoronavirushttps://twitter.com/EU_Commission

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« Il s’agit là d’une véritable révolution dans l’histoire communautaire« , commente Le Monde. Face à l’opposition radicale de l’Europe du nord, jamais la Commission n’avait proposé l’émission d’une dette mutualisée européenne de grande ampleur. »

Sur un total de près de 750 milliards d’euros de subventions et prêts combinés, l’Italie devrait récupérer 172,754 milliards d’euros, l’Espagne 140,446 milliards d’euros. La France ne toucherait que 38,772 milliards d’euros. Selon les informations du média allemand Der Spiegel, la Belgique recevrait quant à elle 5,5 milliards d’euros.

https://twitter.com/F_Rohart/status/1265599576804818945frédéric Roharthttps://twitter.com/F_Rohart

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Si elle est acceptée, cette proposition serait le plus gros plan de relance jamais lancé par l’UE. « Nous voyons potentiellement un changement radical dans la politique macroéconomique européenne (…) Cela crée un précédent important », a commenté mercredi Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts au Parlement européen.

La présidente de la Commission européenne a appelé les Européens à « mettre de côté les vieux préjugés » et à soutenir son plan de relance, qui suscite la réticence de quelques Etats membres –Pays-Bas, Danemark, Autriche, Suède.

Pas un « copier-coller » de la proposition franco-allemande

La semaine passée, l’Allemagne avait surpris en annoncant, avec la France, un changement radical de doctrine: dans une proposition commune, Paris et Berlin soutenaient un plan de 500 milliards d’euros, via un mécanisme de mutualisation de la dette européenne, une option à laquelle Berlin était jusqu’à présent hostile. Mais obtenir l’unanimité des Etats membres, requise sur le budget, sera un exercice difficile.

Déjà avant la pandémie, les 27 avaient échoué en février à se mettre d’accord sur un budget de l’ordre de 1.000 milliards d’euros pour la période 2021-2027. La tempête économique n’a pas resserré les rangs entre pays du Nord et pays du Sud, les plus éprouvés par la crise sanitaire. Les différents camps se sont regroupés autour d’une nouvelle ligne de fracture: ceux, plus rigoristes (Pays-Bas, Autriche, Danemark et Suède), qui veulent un soutien uniquement via des prêts, qui devront donc être remboursés, et ceux qui ne veulent que des subventions.

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Statement by President Ursula von der Leyen

🔴🎥 LIVE | “This is Europe’s moment. Our willingness to act must live up to the challenges we are all facing."
Watch the opening statement by President Ursula von der Leyen on the #NextGenerationEU recovery instrument in the EP Plenary.
#EUbudget #StrongerTogether

Geplaatst door European Commission op Woensdag 27 mei 2020

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Le projet d’Ursula von der Leyen est un panachage entre les deux options, et en cela « ne sera pas un copier-coller » de la proposition franco-allemande avancée la semaine passée par Angela Merkel et Emmanuel Macron, a assuré une source européenne. La somme allouée au fonds de relance ainsi que les conditions pour en bénéficier restent à finaliser et dépend de la capacité d’emprunt de Bruxelles. Ursula von der Leyen veut l’accroître en relevant les recettes théoriquement disponibles dans le budget – des sommes que l’UE peut légalement exiger des Etats membres – à 2% du Revenu National Brut (RNB) de l’UE, contre 1,2% actuellement, selon une source à la Commission.

Un accord au sommet en juin ?

A la veille de la présentation, un des vice-présidents de la Commission Maros Sefcovic a appelé à un accord politique rapide, lors du prochain sommet européen prévu le 18 juin. Par ailleurs, le nouveau budget n’entrera en vigueur qu’en 2021, il faudra donc trouver une solution pour disposer de financements dès l’automne pour soutenir les économies menacées de récession.

Le prochain budget de relance devra aussi répondre aux engagements politiques de la Commission qui a placé le numérique et la transition énergétique au coeur de la croissance du Vieux Continent. Sans oublier de développer « l’autonomie stratégique » de l’UE, afin qu’elle soit plus résistante aux crises et moins dépendante de l’extérieur, notamment de la Chine. L’instrument de relance et le budget viendraient s’ajouter aux 240 milliards d’euros de prêts du Mécanisme européen de stabilité (MES, fonds de secours de la zone euro), aux 200 milliards du fonds de garantie pour les entreprises et aux 100 milliards de l’instrument SURE créé pour soutenir le chômage partiel. La Commission a par ailleurs validé 2.130 milliards d’aides d’Etat depuis le début de la crise, dont près de la moitié débloquée par le gouvernement allemand pour soutenir ses entreprises.

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