Elles sont trois. Deux Michèle et une Kristel. Deux sexagénaires et une trentenaire. Deux mères et une pas encore. Deux qui viennent de vaincre un cancer du sein et une qui est l'amie de la première et la maman de la seconde. Trois femmes en première ligne sur un même front, durant quinze mois. Elles retracent en mots et en photos cette guerre déclenchée l'été 2019, où s'est greffée la pandémie, comme si ça ne suffisait pas, dans un livre où elles disent, entre autres, détester le terme "courage" et lui préférer mille fois celui d'"espoir".
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Elles sont trois. Deux Michèle et une Kristel. Deux sexagénaires et une trentenaire. Deux mères et une pas encore. Deux qui viennent de vaincre un cancer du sein et une qui est l'amie de la première et la maman de la seconde. Trois femmes en première ligne sur un même front, durant quinze mois. Elles retracent en mots et en photos cette guerre déclenchée l'été 2019, où s'est greffée la pandémie, comme si ça ne suffisait pas, dans un livre où elles disent, entre autres, détester le terme "courage" et lui préférer mille fois celui d'"espoir". Michèle Audrit raconte "l'uppercut violemment cinglant" de l'annonce, "la tendresse" des collègues, les tests de perruques et bandeaux, la chimio dont elle a décidé de faire son alliée, "de ne lui opposer aucune résistance, de lui offrir [s]on corps pour qu'elle [la] débarrasse de cet intrus, de ce violeur", les "fées" qui l'entourent à l'hôpital, le compagnon qui la lâche, l'ablation, "la case hormonothérapie" et "son cortège d'effets secondaires" mais "elle fait échapper à la radiothérapie, quel bonheur, quelle chance", la "déchéance physique horriblement difficile à supporter mais tu finis par renaître", le "trait sur les faux amis", comment "on m'a nettoyée de mon cancer et j'ai nettoyé ma vie", ses "projets à long terme", cette "expérience de vie extraordinaire", "des copines de combat magnifiques, je suis riche d'elles"... Kristel Galloy raconte ce "nouveau monde. IRM, pet-scan, oncologue, port-à-cath...", toutes ces questions ("Pourquoi moi? Ma vie vaut-elle réellement la peine de passer par tout ça? C'est quoi mon apport dans ce monde qui nécessite que je me soigne? Je ne [lui] manquerai pas après tout") "qui n'ont pas trouvé réponse et d'ailleurs peu d'oreilles attentives", son papa qui pleure quand on explique la démarche de congélation des ovocytes", sa colère quand sa maman, "ce roc", s'effondre au diagnostic, les cheveux rasés la veille de ses 30 ans, le "tout premier selfie où je me suis trouvée jolie, je me suis senti pousser des ailes, je l'ai publié sur Instagram", les "pépites humaines autour" d'elle, "le deuil de mon passé, de mes projets, de ce que j'étais", le fait qu'elle a perdu "l'envie, la foi, l'amour, l'intérêt, l'énergie, la spontanéité" mais "jamais l'espoir que, un jour, tout ira bien et c'est ce qui me permet d'avancer... pour vivre à nouveau". Michèle Ledent raconte qu'elle a tenté d'être "présente dans chacune des étapes et dans toutes leurs dimensions", que sa fille "a essayé de [la] protéger, à sa façon, tout en douceur, avec une pudeur infinie", que Kristel et Michèle "lui ont apporté sans qu'elles s'en rendent compte: une leçon magnifique de vie et d'espoir". Devant elles, on ne dit rien. Mais, même en larmes, on se lève et on les applaudit.