Dans un premier temps, le mouvement - déjà en contact avec tous les partis démocratiques représentés au parlement bruxellois - partira à la conquête des signatures nécessaires à la présentation d'une liste. Après le scrutin du mois de mai, les membres actuellement actifs - une cinquantaine en décembre - procéderont à un tirage au sort parmi les résidents bruxellois.

Plusieurs méthodologies sont à l'étude, mais il se pourrait que les habitants de la Région capitale reçoivent la visite d'Agora au cours de l'été. L'objectif est de recenser un maximum de citoyens prêts à se lancer dans l'aventure de l'assemblée, mais non de partir sur une base volontaire. Après application des critères (genre, âge et degré de formation, mais pas linguistique), le mouvement souhaite disposer d'une assemblée de 89 personnes représentative donc de la population des 19 communes de Bruxelles.

Agora espère obtenir un siège au parlement, et y faire siéger un porte-parole de son assemblée. Celle-ci se réunira une fois par mois à compter de septembre. Un grand thème transversal y sera abordé pendant un an, avant le renouvellement du groupe. Un siège permettrait à la fois d'assurer des emplois (assistants, attachés parlementaires, ...) mais aussi le financement de l'assemblée. De la paye de parlementaire, le ou les élus toucheraient le salaire médian bruxellois et le reste serait dédié au fonctionnement, comme le dédommagement des membres et la mise en place d'une garderie qui permettrait à toutes les personnes tirées au sort de participer sans contrainte.

"Cela permettrait aussi d'utiliser l'espace du parlement pour que la population puisse débattre dans les mêmes endroits que les élus", souligne Olivier Vermeulen, membre d'Agora. Au delà de l'objectif de faire entendre la voix des citoyens au coeur du parlement bruxellois, le but du mouvement est également de dégager, dans les cinq ans, "une majorité pour pouvoir modifier la constitution et y inscrire le tirage au sort", afin que celui-ci puisse devenir réalité dans 10 ans. Pour Agora, la Région bruxelloise constitue une première étape. Le mouvement est d'ores et déjà en discussions avec d'autres associations citoyennes en Wallonie et en Flandre.